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26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 07:58

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26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 07:50

 

 

 

 

ADMINISTRATION DES POSTES.1855

La Poste aux lettres est située rue J.-J.-Rousseau ; Cette institution remonte au roi Louis XI, et, comme dans cent autres occasions, on a voulu faire d'un but mesquin le point de départ d'un établissement utile ; on prétend qu'il ne créa la poste aux lettres que comme moyen de surprendre plus facilement les secrets des particuliers ; nous donnons cette conjecture pour ce qu'elle vaut.

Depuis 1848, le tarif des lettres a été fixé d'une manière uniforme, abstraction faite de la distance. Ce nouveau tarif a subi lui-même depuis son établissement plusieurs modifications, le voici tel qu'il est aujourd'hui en 1855:

Pour Paris, le prix d'un port de lettres est fixé à 15 centimes; mais l'expéditeur, s'il veut envoyer franc de port, ne paye que 40 centimes le timbre d'affranchissement. Pour la banlieue et les départements, le prix des lettres est de 30 centimes, non
affranchies, et de 20 centimes avec affranchissement. Il n'est plus besoin, comme autrefois, pour affranchir une lettre d'aller verser le montant du port et de la faire timbrer soit à l'administration générale, soit dans un des bureaux d'arrondissement ; on trouve, non-seulement dans tous ces bureaux mais encore chez tous les débitants (la plupart épiciers ou marchands de tabac) qui ont des boîtes dans les différents quartiers, des timbres d'affranchissements tout gommés, qu'il suffit de mouiller légèrement et de coller dans un coin de l'enveloppe,Puis on jette la lettre dans la première boîte venue. Il est vrai que lorsque l'on est en retard on fera bien, si cela est possible, de chercher un bureau d'arrondissement, on peut ainsi, pour quelques minutes d'avance, être compris dans une levée antérieure.

Les étrangers devront se munir de ces timbres d'affranchissements, qui sont vendus même par les facteurs ; car, depuis cette création, il n'est presque plus d'usage, dans l'intérieur de Paris surtout, d'envoyer une lettré non affranchie.

Les bureaux d'arrondissements reçoivent, de neuf à trois heures, les lettres recommandées et les envois d'argent à raison de 5 centimes par franc ; la lettre recommandée doit être présentée au bureau fermée de cinq cachets en cire pareils ;
c'est une précaution indispensable lorsque l'on expédie des papiers importants. Ces bureaux reçoivent aussi, au prix de 5 centimes (affranchies), les lettres circulaires, imprimées ou lithographiées, lettres de faire part de mort, de mariage, de baptême, circulaires commerciales, etc... L'expéditeur doit justifier au bureau de leur contenu, qui ne doit rien avoir de manuscrit.

Pour l'affranchissement des feuilles périodiques et des prospectus imprimés ou autres, les tarifs sont fixés suivant la nature de ces imprimés et selon la grandeur de la feuille. Il y a pour cela un bureau spécial à l'administration centrale, rue J.-J.-Rousseau. C'est là aussi qu'il faut s'adresser pour réclamer les lettres expédiées bureau restant et les lettres égarées.

Les dimanches et fêtes la dernière levée est à 2 heures au lieu de 5 heures.

 

 
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12 novembre 2011 6 12 /11 /novembre /2011 18:22

Le déjeuner de l'ouvrière, à Paris 1893
Midi ; la sortie de l'atelier.

Des grandes maisons de couture qui s'échelonnent à deux pas de la place Vendôme, rue Daunou:, rue des Petits-Champs, rue de la Paix, un flot de petites femmes a jailli. Les cheveux embroussaillés, le verbe haut, serrées dans leur éternelle petite. robe de mérinos. noir en hiver, d'indienne imprimée en été, mouchetée çà et là de bouts de fil, elles vont, trottinant deux par deux, trois par trois, prendre au restaurant voisin la becquée.

Toutes sont jeunes : les plus âgées, mariées pour la plupart, sont restées. Dans une salle, qui dépend de l'atelier, sur des fourneaux à gaz, des réchauds, que les patrons, d'habitude, mettent à leur disposition gratuitement, elles font chauffer les restes de la veille, apportés dans un petit panier. Déjeuner frugal, peu coûteux, dont le dîner du soir, en famille, compensera la froide maussaderie. Mais il y a mieux que ça. des personnes charitables ont imaginé de fonder, sous le nom quelque peu étrange de déjeuner-bibliothèque, un établissement où, seules, les femmes sont reçues et peuvent pour quelques sous avoir une nourriture saine et variée.

C'est une œuvre de bonne et très réelle charité. Ses débuts ont été modestes une étroite boutique, place du Marché-Saint-honoré, puis la clientèle s'est augmentée et l'installation est devenue plus complète.

Les murailles sont nues, mais proprettes, uniformément peintes en vert d'eau. Au long des tables en bois blanc que recouvre une toile cirée, sur des chaises de paille, les petites couturières sont assises, et d'une table à l'autre circulent, empressées, d'accortes petites bonnes. En échange du plat qu'elles apportent, elles reçoivent des mains de la cliente des jetons de couleurs différentes, que celle-ci a pris à la caisse en entrant, et qui représentent des prix différents. Les blancs valent un franc, les verts vingt centimes, les rouges cinq centimes. Li comptabilité se trouve ainsi simplifiée en même temps que toute erreur est rendue impossible.

Le menu est affiché dans la salle : il est varié au possible et les plats sont
d'un bon marché qui s'explique par cette unique raison que le restaurant, pour
tout bénéfice, demande à rentrer dans ses frais.

J'ai copié ce menu; le voici :

Gâteau de viande sauce tomates 30 c.

Bœuf jardinière 40

Bifteck. . . . 40

Aubergines, tomates 20

Pommes à l'huile 20

Riz au caramel 15

Cœur à la crème 15

Raisin, confitures de fraises 15

Camembert 10

Pain et vin 20

Café . . ; 15

Qu'une ouvrière tienne à ne dépenser pour son déjeuner que douze sous, elle y arrivera aisément. Les apprenties, qui gagnent de vingt à trente sous par journée, se contentent d'un plat de trente .centimes, ce qui leur coûte, avec le pain et le vin, cinquante centimes : il leur restera-dix centimes/avec lesquels elles s'offriront un dessert ou, mieux encore, un café. L'ouvrière en effet, à Paris, se passera de viande plutôt que de rie pas absorber son un petit noir ».

En moyenne, le déjeuner leur, revient à quinze sous. On en voit quelques-unes, des «. premières de table », sans doute des femmes qui ont de cinq ou six francs par journée, aller jusqu'à vingt sous. Elles sont rares. Le déjeuner achevé, l'ouvrière se lève et, s'approchant delà bibliothèque, en feuillette le catalogue. Elle prend celui dont le titre l'a plus alléchée, l'inscrit elle-même au registre des prêts, met son nom en regard et s'éloigne, emportant le livre précieux qu'elle rapportera dans quelques jours.

C'est ainsi que l'ouvrière parisienne nourrit à la fois, et pour bien peu d'argent, son intelligence et son estomac.

tiré du  Journal du dimanche

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12 novembre 2011 6 12 /11 /novembre /2011 18:10

 

Le déjeuner de l'ouvrière, à Paris 1893
Midi ; la sortie de l'atelier.

Des grandes maisons de couture qui s'échelonnent à deux pas de la place Vendôme, rue Daunou:, rue des Petits-Champs, rue de la Paix, un flot de petites
femmes a jailli. Les cheveux embroussaillés, le verbe haut, serrées dans leur
éternelle petite. robe de mérinos. noir en hiver, d'indienne imprimée en été,

mouchetée çà et là de bouts de fil, elles vont, trottinant deux par deux, trois
par trois, prendre au restaurant voisin la becquée.

Toutes sont jeunes : les plus âgées, mariées pour la plupart, sont restées.
Dans une salle, qui dépend de l'atelier, sur des fourneaux à gaz, des réchauds,
que les patrons, d'habitude, mettent à leur disposition gratuitement, elles font
chauffer les restes de la veille, apportés dans un petit panier. Déjeuner frugal,
peu coûteux, dont le dîner du soir, en famille, compensera la froide maussaderie.

Mais il y a mieux que ça. des personnes charitables ont imaginé de fonder,
sous le nom quelque peu étrange de déjeuner-bibliothèque, un établissement où,
seules, les femmes sont reçues et peuvent pour quelques sous avoir une nour-
riture saine et variée.

C'est une oeuvre de bonne et très réelle charité. Ses débuts ont été modestes :
une étroite boutique, place du Marché-Saint-Honoré, puis la clientèle s'est aug-
mentée et l'installation est devenue plus complète.

Les murailles sont nues, mais proprettes, uniformément peintes en vert
d'eau. Au long des tables en bois blanc que recouvre une toile cirée, sur des
chaises de paille, les petites couturières sont assises, et d'une table à l'autre
circulent, empressées, d'accortes petites bonnes. En échange du plat qu'elles
apportent, elles reçoivent des mains de la cliente des jetons de couleurs diffé-
rentes, que celle-ci a pris à la caisse en entrant, et qui représentent des prix
différents. Les blancs valent un franc, les verts vingt centimes, les rouges cinq
centimes. Li comptabilité se trouve ainsi simplifiée en même temps que toute
erreur est rendue impossible.

Le menu est affiché dans la salle : il est varié au possible et les plats sont
d'un bon marché qui s'explique par cette unique raison que le restaurant, pour
tout bénéfice, demande à rentrer dans ses frais.

J'ai copié ce menu; le voici :

Gâteau de viande sauce tomates 30 c.

Bœuf jardinière 40

Bifteck. . . . 40

Aubergines, tomates 20

Pommes à l'huile 20

Riz au caramel 15

Cœur à la crème 15

Raisin, confitures de fraises 15

Camembert 10

Pain et vin 20

Café . . ; 15

Qu'une ouvrière tienne à ne dépenser pour son déjeuner que douze sous, elle
y arrivera aisément. Les apprenties, qui gagnent de vingt à trente sous par
journée, se contentent d'un plat de trente .centimes, ce qui leur coûte, avec le
pain et le vin, cinquante centimes : il leur restera-dix centimes/avec lesquels
elles s'offriront un dessert ou, mieux encore, un café. L'ouvrière en effet, à
Paris, se passera de viande plutôt que de rie pas absorber son c petit noir ».

En moyenne, le déjeuner leur, revient à quinze sous. On en voit quelques-
unes, des «. premières de table », sans doute des femmes qui ont de cinq ou six
francs par journée, aller jusqu'à vingt sous. Elles sont rares.

Le déjeuner achevé, l'ouvrière se lève et, s'approchant delà bibliothèque, en
feuillette le catalogue. Elle prend celui dont le titre l'a plus alléchée, l'inscrit
elle-même au registre des prêts, met son nom en regard et s'éloigne, emportant
le livre précieux qu'elle rapportera dans quelques jours.

C'est ainsi que l'ouvrière parisienne nourrit à la fois, et pour bien peu d'ar-
gent, son intelligence et son estomac. C.
 

Source: Galiica

Date d'édition :

1855-1901Calmann-Lévy (Paris)Aux bureaux du journal (Paris)Journal du dimanche : littérature, histoire, voyages, musiqueJournal du dimanche (1855)

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8 novembre 2011 2 08 /11 /novembre /2011 19:55

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29 octobre 2011 6 29 /10 /octobre /2011 19:08

Chaussons à semelles.

Le chausson est fabriqué en province, mais c'est à Paris que les ouvrières dites « chaussonnières » cousent la semelle de cuir. A cet effet, elles mouillent la semelle pour en assouplir le cuir, et retournent le chausson pour faire la couture à l'envers.

Apprentissage. Rien nétant fait en atelier, il faut nécessairement, pour apprendre ce travail, connaître une ouvrière au courant et s'initier auprès d'elle, ce qui n'est d'ailleurs ni long ni difficile. Huit jours, dont le produit est abandonné à l'ouvrière obligeante, suffisent
généralement.

Salaire. Une journée de 14 heures do travail assidu peut rapporter 3 fr. à l'ouvrière faite. Ce chausson (lisière ou drap semelle) se vend aujourd'hui 1 fr. 45 la paire. La douzaine de paires de semelles cousues est payée 2 fr. 60 de façon.

Chômage. Il n'y en a pour ainsi dire pas.


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29 octobre 2011 6 29 /10 /octobre /2011 19:06

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26 octobre 2011 3 26 /10 /octobre /2011 15:24

LA MODE 1885

C'est une fugue générale pour la campagne et les bains de mer; car on ira cette année  1885, plus tôt
que de coutume, sur les plages ensoleillées de Normandie et de Bretagne.

Il faut donc déjà songer au départ et faire ses préparatifs.
Voici quelques bons conseils pour les familles simples et économes : un costume de bure ou de serge, très simple de forme, et deux ou trois robes de percale ou toile de Vichy suffisent amplement pour la saison. Une toilette habillée, en prévision de quelque invitation à dîner, est aussi de rigueur, quoique souvent sans emploi. On prendra la robe qui aura servi aux soirées de l'hiver passé, et, au besoin, on la rajeunira avec quelques bouts de dentelles. 

Pour les enfants, il faut moins-encore : un costume de serge pour les jours douteux où la menace d'une averse.ne doit pas les priver de sortir, et deux autres en toile; des bas de laine pour le soir ou pour les jours de pluie, une pèlerine en drap avec un capuchon, et les voilà entièrement équipés et capables de braver aussi bien le soleil que le mauvais temps.

Les costumes de serge sont très faciles à faire soi-même :1a jupe ne supporte guère d'autre ornement que quelques plis en ourlet ou un très large lacet blanc. Le corsage est ordinairement large, orné de trois plis dans le dos et deux sur le devant; on le serre à la taille avec une ceinture de cuir ou d'étoffe pareille. On peut encore mettre un corsage en tricot jersey de couleur bien assortie à la jupe, ou, au contraire, tout à fait différente : le rouge, le blanc, le gris clair vont avec toutes les robes. On fera, en outre, une veste en serge, afin de compléter le costume, un chapeau en Yokohama orné d'une écharpe japonaise est tout ce qu'on peut trouver de plus solide et de meilleur marché.

Les enfants auront  le corsage blouse ou le tricot jersey, les jambes nues avec des sandales de toile. Comme coiffure, la mode est d'adopter le béret, qui leur sied merveilleusement. Toutefois, cette fantaisie n'empêchera pas d'emporter les grands chapeaux de paille, qui, Seuls, garantissent du soleil, et sont, par conséquent, de toute nécessité.

Mais tout le monde ne va pas à la campagne et celles de nous que leur position force à rester en ville se rejetteront sur les étoffes légères. On en fait de très séduisantes et je ne saurais trop revenir sur ce sujet.

La grande faveur sera pour les créponés de Sumatra. Comme ils sont frais et souples ! Les teintes et les dispositions sont des plus originales et des plus jolies. Sur un fond bleu lazuli, on voit grimper de jolis branchages blancs ou rouges, très finement dessinés; puis ce sont des pois brodés dé plusieurs couleurs, des emblèmes de sport ou des petits bonshommes. Les prix en sont peu élevés, et, parmi toutes les nouveautés en étoffe de coton et de fil, ces créponnés tiennent certainement la corde.
Citons les étamines de coton semées de grandes feuilles de fougère sur fond écru; les batistes brodées, transparentes comme une gaze avec beaucoup de soutien; les satinettes rouges avec un semis de pois blancs, le grand succès pour robes de plage. Puis les mousselines de l'Inde, fines et souples, mais qui ne nous paraissent pas d'un usage bien pratique.
A côté de toutes ces jolies nouveautés, il y a les tissus déjà connus : satinettes, zéphyrs, percales, etc., etc.; avec grandes fleurs ou petits semis, pois de toutes dimensions et dessins de tous genres. Les jeunes filles porteront beaucoup de batistes bises brodées de pois de couleur, soit bleus, soit rouges ou mousse, ou même de deux teintes mélangées. A notre avis, ce qu'il y a de plus distingué dans ce genre, c'est la batiste bise brodée de pois blancs. C'est distingué au possible, et jeune, et frais.

La nouveauté à succès de la saison, pour les costumes de plage et villas, c'est la robe brodée au point russe et au point hongrois. On sait que le premier est le tout simple point de marque, et le second un mélange de plumetis, points lancé et sablé, avec la broderie russe ordinaire. On en a tiré un charmant parti en brodant à même les robes de surah, de toile, de batiste; cet ornement se dispose en roue au bas du jupon et des tuniques, plus étroit sur le corsage et les parements. L'originalité consiste surtout dans l'opposition des couleurs : broderie en blanc, rouge, gros bleu, noir, sur des fonds différents ; on l'exécute en soie d'Alger, en coton, en fil à repriser ou rond, préparé exprès; comme elle se fait rapidement, on peut la faire soi- même en faisant imprimer le dessin choisi sur son étoffe.

 

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26 octobre 2011 3 26 /10 /octobre /2011 15:22

L'halloween est la nuit qui précède la Toussaint (all-Hallows). Cette nuit-là il y a une espèce de trêve entre les esprits et l'homme ; cette nuit-là, l'intelligence la plus vulgaire peut, à l'aide de certains charmes, connaître l'avenir. Les jeunes filles se prennent par la main et vont, deux par deux, les yeux fermés, arracher le premier chou qu'elles rencontrent dans le potager. Tant mieux pour celle dont la main tombe sur un beau chou : c'est signe que son futur sera beau. Si, le chou est petit et laid, le futur sera maigre, chétif ou bossu. S'il est resté beaucoup de terre. à la racine, le futur sera riche; si la tige du chou est douce au goût, le futur aura un bon caractère; si elle est aigre, c'est un détestable signe. Deux jeunes fiancés attachent aussi le présage de leur bonheur ou de leur malheur à deux noix que l'on fait brûler ensemble dans le feu, et qui tantôt se- consument tranquillement côte à côte, tantôt s'écartent et éclatent en pétillant, selon que le ménage doit être paisible ou troublé par les querelles et les brouilles. Une jeune fille qui n'a pas encore d'amoureux, s'approche d'un miroir, et ferme les yeux en mangeant une pomme; puis, quand elle les rouvre, elle voit dans la glace se pencher sur son épaule le visage de celui qui l'aime ou qui doit l'aimer un jour. Elle obtiendra la même apparition en semant des graines de chanvre, pourvu qu'elle n'oublie pas de répéter en même temps certaines paroles consacrées.

 

Cela change des citrouilles et des bonbons…..

Moins vendeur les choux !!!

 

Tiré de : L'Angleterre, l'Écosse et l'Irlande : relation d'un voyage récent dans les trois royaumes  -1838

 

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16 octobre 2011 7 16 /10 /octobre /2011 11:10

19 ème siècle

 

Il n'y a pas d’aubergistes, que des maîtres d'hôtel à Paris. Le maître d'hôtel parisien se tiendrait pour gravement insulté si quelque provincial malavisé s'oubliait jusqu'au point de l'appeler aubergiste

Pour rencontrer l'aubergiste, il faut donc, s'il vous plaît, grimper en diligence et sortir des barrières de Paris


Laissez-vous emporter au petit trot par les lourdes gondoles des messageries, allez toujours de relais en relais ne craignez pas de pousser trop loin il faut que le grand bruit de Paris meure à l'horizon, C'est dans une petite ville qu'il faut s'arrêter, une toute petite ville du Languedoc ou de la Normandie, sans prétention aucune, et qui aspire tout au plus aux honneurs administratifs de la justice de paix et du chef-lieu de canton.
Tantôt l'auberge hospitalière se tient aux limites extrêmes du bourg, afin d'accueillir plus tôt le voyageur fatigué, le roulier poudreux et son attelage, le colporteur et sa valise. le commis voyageur qui trotte sur son bidet en fredonnant une ariette d'opéra-eomique, le pâtre qui gagne la montagne avec son troupeau bêlant. C'est la vieille auberge qui a de vastes hangars, de profondes écuries, une cour ample et remplie de poules qui caquettent et de canards qui barbotent, de larges et chaudes étables, une immense cuisine pour salon, et de grandes chambres avec de grands lits.

Parfois, aussi, l'auberge est assise sur la grand’ place, tout à côté de la mairie, en face de l'église paroissiale. Cette auberge ne va pas au-devant des voyageurs ; elle attend, et on vient la chercher. Le préfet en tournée départementale et le conseil de révision la visitent les gros marchands qui battent le pays pour faire provision de foin, de blé, de bestiaux, de vin, de cidre,  la fréquentent volontiers. On y voit arriver aussi les Anglais dont la berline se brise sur la route comme au troisième acte d'une foule de mélodrames. Pour s'y trouver à l'aise, il suffit de se contenter de peu, et de payer ce peu assez cher.
Petit tour dans une auberge de campagne, on retrouve la profonde et haute cheminée où brûle un chêne, où toute la population du logis, pêle-mêle, bêtes et gens, se chauffe de compagnie. Le roulier avance ses larges mains à l'encontre du feu le chasseur laisse fumer ses guêtres humides sur les chenets de fer; le colporteur raconte quelque plaisante histoire d'amourette, et le petit commis voyageur en mercerie, rétribué à raison de 5 francs par jour, ne dédaigne pas de se livrer à quelque
réjouissante charge empruntée au répertoire d'un de ses illustres confrères de Paris. Un tournebroche gigantesque, tout chargé de volailles et de pièces de viande, fonctionne devant le feu les chiens clignent les yeux et dressent leurs pattes à côté de gros chats qui se pelotonnent et ronflent aux angles du foyer. Tout ce monde qui se rencontre là par hasard, et qui se séparera le lendemain, cause, rit, fume dans la bonne camaraderie du coin du feu. De gros jambons, d'épaisses tranches de lard pendent au plafond, jalonné de touffes de bruyère les murs, simplement recrépis
à la chaux, sont ornés de gravures coloriées Napoléon sur son cheval blanc

Le fusil de l'aubergiste, accroché au râtelier voisin, brille entre des carnassières, des fouets et des casseroles. La servante d'auberge, grande et forte fille aux bras rouges, aux joues rebondies, va et vient par la maison, agaçant celui-ci, souriant à celui-là, boudant cet autre, et pourchassée par le conducteur des messageries locales, lequel, en sa qualité d'habitué, jouit de toutes sortes de privilèges. Les palefreniers chantent dans l'écurie, les garçons courent et ravaudent, et dérangent tout sous prétexte, de mettre le logis en ordre. Le diner, les chambres, le service; se font au hasard personne ne s'en occupe et tout le monde s'en mêle; cependant, quand vient la nuit, il se trouve
que tout est fait sans que le garçon ait perdu un pourboire et la servante un baiser.
Au milieu de tout ce bruit, l'aubergiste se multiplie; il touche dans la main du voisin qui passe, apporte la provende au cheval du postillon, allume sa pipe au cigare du commis voyageur, verse un petit verre au garde-chasse, salue le gendarme qui entre, stimule sa femme qui gouverne la cuisine, gourmande la fille qui batifole dans la cour, jette une bûche au feu, découpe un jambon, monte de la cave au grenier, crie, appelle, répond, gronde, et se trouve encore le premier à la porte de
l'auberge lorsque le bruit du fouet retentit sur la route.

On ne saurait s'imaginer, à moins de l'avoir vu, quel homme c'est qu'un aubergiste dans les bourgs, les villages, les hameaux c'est le premier de l'endroit, la tête, le chef de la localité, la clef de voûte du pays s'il n'est pas maire, il passe avant le maire; il éclipse l'adjoint, marche de pair avec le brigadier de la gendarmerie et rivalise d'importance avec le juge de paix du canton. Les petits enfants le connaissent, les jeunes filles le considèrent, voire même le courtisent s'il est encore célibataire;
il est l'ami de tous les hommes, le camarade de tous les passants, la providence de tous les voyageurs. C’est bien plus a l'auberge qu'à l'hôtel de ville que se traitent les affaires de la commune; le greffier de la mairie enregistre les décisions prises par le conseil municipal, réuni en séance autour de quelques pots de vin, chez l'aubergiste. L'aubergiste n'est rien, mais il délibère et vote mieux que personne, il sait ce qui se passe au chef-lieu monsieur le préfet a mangé de sa cuisine les conducteurs de diligences, les gendarmes en mission, les routiers de passage lui racontent ce qui se fait hors des frontières du village.
L'aubergiste est le parrain-né des enfants du pays, le témoin de tous les époux, comme il a été le
prétendant de toutes les filles. Demandez plutôt à la mariée qui rougit sous son
voile blanc. Si les corporations veulent s'égayer et prendre du bon temps, la grande salle de l'auberge apprête ses chaises et ses bancs, et la basse-cour se dépeuple en même temps que la cave se vide. Quand vient le dimanche, les ménétriers avec leurs violons, leurs hautbois, leurs tambourins, grimpent sur l'échafaudage de tonneaux qui leur sert d'orchestre, et appellent à grand bruit la population villageoise au bal champêtre de l'auberge.


Tout le village passe devant sa porte le matin le berger qui vend le lait de son troupeau, la fermière qui accourt comme Perrette avec son panier d'œufs frais sous le bras, le braconnier qui, pendant la nuit, a maraudé le gibier du parc voisin, le jardinier qui cueille tout exprès ses plus beaux fruits pour lui, le maraîcher avec son âne chargé de légumes verts. Et puis, que deviendrait la population ouvrière des charrons, des taillandiers, des forgerons, s'il ne lui donnait la pratique des rouliers
et des voituriers qui fréquentent le pays? N'est-ce pas chez lui qu'arrive le seul journal qu'on lise dans l'endroit?
L'auberge est, avec l'église, le seul bâtiment qui donne de la physionomie au village.
L'auberge est le club du village; On questionne le voyageur qui s'arrête pour dîner, et il dit volontiers où il va et d'où il vient. On est indiscret comme on est confiant. Tandis qu'on parle, on fume et on boit, en attendant l'heure du dîner; à mesure que les voyageurs arrivent, on ajoute quelques couverts à la table, un gigot à la broche, on élargit le cercle qui s'arrondit autour de l'âtre lumineux, et il se forme là d'étranges relations entre les gens qui passent et les gens qui restent.

L’aubergiste mène bonne et joyeuse vie, et amasse une fortune assez ronde. Fortune, dans ce cas, ne veut pas dire million, elle n'est pas dans les campagnes ce qu'elle est à Paris. Mais, petit à petit, il arrondit le champ paternel il achète un troupeau dans la montagne, une métairie dans la plaine, il
établit ses garçons, dote ses filles et prend du bon temps sur ses vieux jours.

L'aubergiste est un personnage historique dont l'origine se perd dans la nuit des temps. Remontez aussi haut que vous le voudrez dans les annales du monde, et vous trouverez des aubergistes. Lorsque Esaü vendait à son frère Jacob son droit d'aînesse pour un plat de lentilles, Jacob faisait le métier d'aubergiste; il donnait à manger à celui qui avait faim et en exigeait un salaire. Cependant, voici que l'industrie vient de déclarer la guerre aux aubergistes les chemins de fer sont les ennemis-nés des auberges, et, partant, des aubergistes; avec les chemins de fer, ainsi que l'a dit un
spirituel écrivain on ne voyage plus, on marche, et les aubergistes ne vivent pas de ceux qui marchent, mais bien de ceux qui s'arrêtent. Il y aura toujours des hôtels, mais des auberges?
Amédée ACHARD

Texte 1840

 

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