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25 avril 2011 1 25 /04 /avril /2011 17:57

L’expansion coloniale, sous Louis XIII et Louis XIV, sous Richelieu et sous Colbert, sous Louis XV et Louis XVI, sous l'Empire et la République.

Ainsi, pendant que l'Espagne donnait 3 millions d'hommes à ses colonies d'Amérique pendant le XVIe siècle ,pendant que l'Angleterre envoyait dans l'Amérique du Nord une population si nombreuse que la Barbade, cependant si petite, comptait 70 000 blancs, vingt-cinq ans à peine après son occupation ; le Maryland, 12 000, vingt ans après le premier établissement, et que, vingt ans également après la fondation du Massachusets, les colons déjà au nombre
de 40 000 devaient se déverser dans le New-Hampshire

c'est à peine si la France parvenait à envoyer de 1606 à 1700,6 000 émigrants au Canada, dont seulement 40 pendant les sept premières années et 2 000 de 1675 à 1759 3. En 1750,pendant que l'Angleterre avait 1500 000 colons de race
saxonne dans ses 13 colonies américaines, c'est à peine si la France avait 80 000 Canadiens français.

Les Antilles, à cause de leur climat meilleur, et surtout par suite du succès rapide qu'y obtint la colonisation, furent plus heureuses : 7 000 émigrants s'y rendirent de 1625 à 1642. Plus tard, Choiseul, honteux de nous avoir fait perdre le Canada, envoya dans la Guyane 15 000 malheureux si mal choisis et si mal gouvernés qu'il en mourut plus de 12 000 4. Mais c'est à peine si quelques centaines de Français allèrent pendant près de quarante ans s'établir à Madagascar

Ce n'est cependant pas que les encouragements manquassent aux nouveaux colons. Au contraire, dans toutes les chartes de concession accordées aux Compagnies de colonisation — car on sait que rien alors ne fut tenté en dehors de ces Compagnies — apparaît le souci constant du Pouvoir de peupler nos colonies de citoyens français.

Ainsi, d'après l'article premier de la charte de 1628 pour la Nouvelle-France, c'est-à-dire le Canada : La Compagnie devra faire « passer audit pays de la Nou-
velle-France 200 à 300 hommes de tous métiers, dès la première année 1628 ; pendant les années suivantes en augmenter le nombre jusqu'à 4 000 de l'un et l'autre sexe, dans quinze ans prochainement et qui finiront en décembre que l'on comptera en 1643 ; les y loger, nourrir et entretenir de toutes choses généralement quelconques nécessaires à la vie pendant trois ans seulement, lesquels expirés, lesdits associés seront déchargés, si bon leur.semble, de ladite nourriture et entretien en leur assignant la quantité de terres défrichées suffisantes pour leur subvenir, avec le bled nécessaire pour les ensemencer la première fois et pour vivre jusqu'à la récolte lors prochaine, ou autrement leur pourvoir en telle sorte qu'ils puissent de leur industrie ou de leur travail subsister audit pays et s'y entretenir par eux-mêmes ; sans toutefois qu'il soit loisible auxdits associés et autres de faire passer aucun estranger dès dits lieux, mais peupler ladite colonie de naturels français.
De même dans la charte accordée en 1635 à la Compagnie des Isles de l'Amérique, c'est-à-dire Saint-Christophe et quelques-unes des îles voisines
« Lesdits associés feront passer auxdites îles, dans vingt ans du jour de la ratification qu'il plaira à Sa Majesté de faire desdits articles, le nombre de 4 000 personnes au moins de tout sexe, ou feront en sorte que pareil ou plus
grand nombre y passe dans ledit temps ; et pour savoir le nombre de ceux qu'on y fera passer, les maistres de navires qui iront à l'advenir des dites isles apporteront un acte certifié du gouverneur de l'isle où la descente aura été faite, du nombre des personnes qui auront passé à la charge desdits associés, qui sera enregistré au greffe de l'amirauté. »

De même aussi, d'après l'article IV de la charte octroyée en 1698 à la Compagnie royale de Saint-Domingue, cette Compagnie devait peupler l'île d'au moins 1 500 blancs, tirés d'Europe dans le délai de cinq ans, et, après cinq ans, y faire passer annuellement 100 colons blancs.

Ce n'était pas assez, et une ordonnance du 16 novembre 1716 oblige tous les capitaines des vaisseaux marchands allant aux îles françaises ou au Canada, sauf ceux qui faisaient la traite, d'y transporter trois engagés, si leur vaisseau ne calait pas plus de 60 tonneaux ; quatre engagés, s'il calait de 60 à 100 tonneaux, et six, s'il dépassait 100 tonneaux.

SI INTERESSE,

Titre : La France hors de France. Notre émigration, sa nécessité, ses conditions , par J.-B. Piolet,...

Auteur :

Éditeur :

Date d'édition :

1900F. Alcan (Paris)Piolet, J.-B. (Le P.)

 

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commentaires

Marie Christine 26/04/2011 19:59


le français n'était pas très voyageur, à moins d'y être obligé !!


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  • : Métiers ignorés, oubliés. Conditions de vie début 1900. A force de me documenter pour la généalogie , j'ai eu envie de partager mes découvertes sur la vie de nos ancêtres
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