Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
2 mai 2012 3 02 /05 /mai /2012 13:00
On nomme groisil les débris de verre ramassés par les chiffonniers. Le groisil n'entre pas seulement dans la composition du verre de bouteille, il est encore employé dans la fabrication du verre à vitres et du verre à gobeleterie.
À Paris, les chiffonniers ramassent tous les jours 15 000 kilogrammes de verre blanc, qui, vendus à raison de 5 francs les 100 kilogrammes, Quant au verre à bouteilles, on en ramasse des quantités beaucoup plus considérables. Le verre à bouteille ne se vend que 1 franc les 100 kilogrammes.

Ce verre est trié et nettoyé avant d'être envoyé à la verrerie. Le triage est opéré par des femmes qui prennent successivement avec leurs doigts, chaque morceau de verre et les placent dans des sacs différents suivant leur qualité ou leur volume. On procède ensuite au lavage d'une façon très simple. Notre dessin représente l'opération du lavage du verre clans les ateliers de M. Verdier, chez lequel, le jour où j'ai visité sa maison, il y avait une montagne de 1600 mètres cubes de vieux verre cassé. (voir image)

Quant au verre à bouteilles, on ne le lave pas, on se contente de le trier, afin d'en séparer la terre et les pierres. Le chineur, avant d'apporter le contenu de sa charrette au maître chiffonnier, faisait un classement. Ce classement a spécialement pour but de mettre de côté deux produits qu'il revendra à deux industries différentes. Ces deux produits sont les bouteilles entières non brisées, et les culots de bouteilles. Les bouteilles entières, celles qui sont intactes donnent lieu aune industrie particulière, celle des laveurs de bouteilles.

Le laveur de bouteilles achète toutes les bouteilles, tous les pots, tous les verres qu'on lui apporte quelles que soient leur forme, leur taille ou leur état de saleté. Il n'exige qu'une, chose, c'est que l'objet ne soit ni brisé ni ébréché. Le laveur plonge ces. Bouteilles et ces vases. dans de l'eau chaude, dans laquelle il a préalablement versé une certaine quantité d'acide sulfurique, puis il les rince dans de l'eau propre, les fait égoutter et enfin les classe.

Ce classement est une vraie merveille. Toutes les bouteilles sur lesquelles est gravé le nom d'un industriel ou la marque d'une fabrique sont soigneusement empilées clans un coin de la boutique, qui toujours est affecté aux flacons du même industriel ou aux pots qui portent la même marque de fabrique. L'alcool de menthe de Ricqlès, le dentifrice du docteur Pierre, la moutarde Bornibus, le vinaigre de Bully, l'eau de Botot, le vin de Bugeaud, le fluide printanier de Gellé, la veloutine Fay, le sirop Desessart, l'huile de ricin de n'importe quelle pharmacie, chaque flacon, chaque pot, chaque bouteille a sa case spéciale, qui est plus ou moins grande suivant que le produit a plus ou moins de vogue. Voulez-vous savoir d'une façon certaine si telle pommade ou tel vinaigre pour lequel on fait beaucoup de publicité a su conquérir une réelle popularité allez chez le laveur de bouteilles et demandez le vinaigre ou la pommade en question, c'est-à-dire le pot ou la bouteille ayant contenu ce produit. Si le laveur de bouteilles hésite, si semblable au bibliothécaire auquel on demande un livre inconnu, 'il se gratte l'oreille avant de vous répondre, il est inutile de poursuivre plus loin votre enquête, le vinaigre ou la pommade dont on vante les qualités à la quatrième page des journaux est un produit qui n'a pas réussi, qui ne se vend pas.

Si au contraire, à votre question : « Avez-vous tel flacon? » le laveur de bouteilles, sans même quitter la cuve est certain de votre affaire. Tous les jours le laveur de bouteilles charge une charrette de sa marchandise et fait sa tournée, c'est-à-dire qu'il va successivement chez tous les industriels dont les bouteilles portent le nom et leur revend leurs flacons ou leurs pots.

Souvent ces pots et ces flacons sont achetés au domicile même du laveur de bouteilles par des industriels qui font la contrefaçon. Vous passez dans la rue devant un de ces bazars provisoires qui s'installent pour un jour dans une boutique en location, une grande affiche imprimée sur calicot attire vos regards : «. Vente après faillite, 70 pour 100 de rabais ». Vous vous approchez et dans un étalage à treize sous vous apercevez des flacons d'eau de Cologne, de Jean-Marie Farina et de la poudre dentifrice du docteur Evans. Treize sous, c'est pour rien, il faut savoir saisir une si belle occasion et profiter d'une pareille aubaine, vous faites provision de dentifrice et d'eau de Cologne et ce n'est qu'en rentrant chez vous que vous vous apercevez de la ruse. Vous pensiez avoir acheté un flacon de bonne eau de Cologne et l'on vous a vendu une bouteille portant bien une marque connue, mais ne contenant qu'un peu d'eau et quelques gouttes d'alcool. Quant à votre dentifrice, ce que, vous avez de mieux à faire c'est de le jeter dans la rue, car c'est un mélange de farine et de pierre ponce pulvérisée.
Nous venons de voir que le chineur mettait de côté les culots de bouteilles et les tessons de gros verre. Ces débris sont vendus au fabricant de papier de verre triage-du-verre-1885.JPG
 
 
 
 
Repost 0
Published by ancetres-metiers-conditions.over-blog.com - dans métiers
commenter cet article
26 avril 2012 4 26 /04 /avril /2012 20:46

Un peu d’histoire de la broderie

L'une des premières villes de France où l'on se soit occupé de la broderie est Saint-Quentin. La situation de la broderie à la main y était très prospère au commencement du xix" siècle et jusqu'en 1848 : le commerce de la broderie pouvait s'estimera 8 millions de vente annuelle, et occupait 10,000 ouvrières brodeuses. A ce moment, par suite de causes complexes, survient une crise terrible. C'est, tout d'abord, l'entrée en France des broderies exécutées en Suisse, à l'aide de machines dites « métiers suisses », machines à broder à bras, inventées par Heilmann, — puis c'est la guerre de sécession qui amène la stagnation forcée des affaires aux Etats-Unis, et, par suite, la fermeture du marché américain ; c'est enfin le sénatus-consulte de 1866 qui inaugure eh France le régime du libre-échange et ouvre nos portes à la Suisse. 'L'industrie de la broderie à Saint-Quentin était à peu près ruinée. C'est alors qu'un industriel Saint - Quentinois, Hector Basquin, résolut d'introduire en France les métiers suisses et de concurrencer ainsi les étrangers ; la première machine commença à-fonctionner le 2 janvier 1868 : il y a actuellement en 1909 4 à 5,000 métiers à broder, faisant vivre une population ouvrière de 15,000 âmes.

 

Les 2 genres de broderie mécanique en France au début 1900

 

La broderie blanche.

Le genre de broderie que l'on fabrique, surtout dans le rayon de Saint-Quentin, c'est la broderie pour linge, dite « broderie blanche ». Le travail est exécuté en « bandes » ou en « laizes » destinées à être appliquées sur le vêtement qu'on veut orner pantalons, cheminées, etc.

 

La broderie chimique.

Tout autre est le mode d'exécution de la broderie chimique, qui se fait surtout à Caudry et dans les environs. Les motifs de cette broderie sont exécutés en coton sur fond de laine ou de soie ; en plongeant le tissu brodé dans un bain alcalin de composition chimique, celui-ci ronge et détruit les fibres animales du fond (laine et soie) sans altérer les motifs de coton, qui paraissent ainsi sans fonds (on peut ainsi Introduire la broderie dans un four : le fond est brûlé, tandis que la broderie est respectée.

LES TRAVAILLEURS DANS L'INDUSTRIE DE LA BRODERIE MÉCANIQUE.

Différents ouvriers et ouvrières sont employés dans la broderie mécanique depuis le moment où le tissu uni est donné à l'ouvrier jusqu'à celui ou il le remet aux mains du patron.

C'est tout d'abord le brodeur, qui guide d'une main le pantographe en suivant les indications du dessin et qui, de l'autre main, fait tourner la manivelle qui commande les chariots porteurs d'aiguilles.

Enfileuse d'aiguilles, (maintenant remplacée par une machine spéciale) qui surveille la marche régulière du métier. Dans la broderie chimique, le navetteur, qui remplace les bobines dont le fil est épuisé.

La découpeuse, chargée de couper les fils qui se trouvent entre chaque motif de broderie, à l'envers du tissu brodé.

La raccommodeuse, chargée de réparer les fautes commises par le brodeur pendant son travail.

 

Salaires.

Dans la. broderie mécanique, de nombreuses dépenses sont mises à la charge des ouvriers : les travailleurs à domicile (et c'est, pour la broderie blanche, la grande majorité) sont propriétaires de leur métier dont le prix varie de 2,000 à 4,000 francs, (dans la broderie chimique le prix du métier varie de 4,400 à 8,000 francs) et de l'enfileuse mécanique (de 500 à 800 francs). L'ouvrier paie ces métiers au moyen d'échéances mensuelles par des retenues sur son salaire, C'est ensuite, à la charge de l'ouvrier, les frais d'entretien du métier, et dans la broderie chimique, les frais de la force motrice nécessaire à la marche du métier. L'ouvrier doit aussi supporter l'achat du coton, l'entretien des enfileuses (1 à 2 francs par jour], et des raccommodeuses (1 fr. 50 à 2 fr. 50 par jour)> l'ouvrier supporte enfin des amendes pour malfaçons ou retards de livraison. Tous ces frais mis à la charge des ouvriers étant déduits, il n'en reste pas moins que, dans l'industrie de la broderie mécanique, en broderie blanche comme en broderie chimique, le taux des salaires moyens des brodeurs est généralement supérieur à celui des ouvriers des autres industries. Le façonnier à domicile qui travaille à des articles de blanc arrive facilement à un salaire brut moyen de 8 à 9 francs par jour, et son salaire net oscille entre 5 et 6 francs ; quant au façonnier de nouveautés, il pourra arriver à un salaire net d'au moins 7 francs. Et les salaires payés en ville présentent sur les salaires ruraux une augmentation de 1 fr. 50 à 2 francs.

 

Travail à domicile.

En dehors de ces salaires assez rémunérateurs, l'industrie de la broderie mécanique présente cet avantage, gros de conséquences sociales, de permettre à l'ouvrier le travail à domicile. Le brodeur qui dirige le pantographe et actionne les charriots porteur d'aiguilles, est le père de famille : il est aidé dans sa tâche par sa femme et ses enfants. Ainsi chez là plupart dés brodeurs dans l'arrondissement de Saint-Quentin, on ne constate aucune inconduite, tous passent pour d'excellents ouvriers, au point de vue professionnel et au point de vue familial.

Repost 0
Published by ancetres-metiers-conditions.over-blog.com - dans métiers
commenter cet article
21 avril 2012 6 21 /04 /avril /2012 14:51

demande-d-emploi-1919.JPG

Repost 0
Published by ancetres-metiers-conditions.over-blog.com - dans métiers
commenter cet article
10 avril 2012 2 10 /04 /avril /2012 12:42
Ce qui est interessant c'est qu'il cherchait aussi à économiser l'énergie (voir en fin d'article)
Quoiqu'il en soit, l'ère industrielle ne s'ouvrira pour la lampe à incandescence qu'en 1881. Effectivement, à l'Exposition internationale d'électricité qui se tint cette année-là à l'Observatoire de Paris, Edison envoya un modèle possédant la forme bien connue de tous aujourd'hui. Les types de lampes à incandescence en usage se composent d'un filament de charbon recourbé, très mince, mais néanmoins très solide, placé à l'intérieur d'une ampoule de verre privée d'air aussi parfaitement que possible. D'autre part, le montage varie dans certains de ses détails, selon les fabricants.
La Compagnie générale d'électricité de Paris en 1903 fabrique journellement 15 à 20 kilomètres de ces fils à son usine d'Ivry-sur-Seine, dans laquelle ont été prises quelques-unes des photographies ci- dessous:
Les filaments fabriqués ne possèdent alors ni la souplesse requise pour les phases ultérieures de la fabrication, ni un diamètre uniforme. Aussi les ouvriers ou les ouvrières (car cette industrie, demandant beaucoup de finesse de doigté, la
main-d’œuvre y est souvent féminine) doivent trier et classer les fournées selon la
grosseur de section des fils.
Fabrication des ampoules.ampoules-fabrication-1903-A.JPG
L'ouvrier prend, avec une canne île verrier, la quantité de cristal de Bohême nécessaire, souffle en tournant de façon à obtenir une épaisseur uniforme se détache ensuite l'ampoule de la canne.
ampoules-fabrication-sous-vide-1903-B.JPG
Préparation des ampoules dans lesquelles on doit faire le vide
On soude à la calotte de chaque ampoule un tube de cristal qui permettra de faire le vide â l'intérieur
ampoules-essayage-1903-A.JPG
Essayage des lampes terminées
On allume simultanément les lampes par groupe et on met au rebut celles qui présentent quelques imperfections.
ampoules mesure 1903 A
Mesure de l'intensité des lampes
L'ouvrière opère dans une chambre noire qui renferme divers appareils photométriques permettant de comparer chaque lampe à un étalon de lumière.
Dernière toilette des lampes
L'ouvrière fait disparaître les petites imperfections et appose la marque de fabrique.
Enfin, on trie les lampes par catégories et on les emballe soigneusement dans des cartons mis eux-mêmes dans des caisses d'expédition en bois ou bien disposés sur des rayons en attendant le client.

Quant aux formes des ampoules, les conditions imposées au producteur soit par leur destination, soit par la fantaisie du client, les ont rendues innombrables. Parmi les modèles les plus courants, citons les lampes sphérique, cylindrique (pour haut voltage), à verre cloisonné, à flamme torse, en pommes de pin, etc. On fabrique aussi des lampes dont le cristal est coloré en différents tons, depuis le bleu clair ou le bleu marine jusqu'au jaune topaze, en passant par le rose clair et le vert opale.
D'une façon générale, une lampe à incandescence peut brûler un millier d'heures environ.
Enfin, l'ingénieur Solignac a récemment imaginé une disposition originale qui augmente singulièrement le pouvoir éclairant. Dans les lampes à incandescence ordinaires, les charbons sont disposés suivant le prolongement du culot, c'est-à-dire verticalement, tandis que dans le nouvel appareil, dont l'ampoule est à peu près sphérique, le filament se trouve placé horizontalement. Il présente donc dans le cône d'éclairage une surface lumineuse maxima.
Une lampe à incandescence courante de 16 bougies, marchant sur le voltage des secteurs parisiens, consomme de 48 à 50 watts. Or, une lampe correspondante Solignac donnerait une intensité de 40 bougies en exigeant seulement 25 watts, c'est-à-dire qu'elle fournirait un éclairage presque triple pour une dépense de courant moitié moindre.
Texte de JACQUES BOYER. 1903
 
 
Repost 0
Published by ancetres-metiers-conditions.over-blog.com - dans métiers
commenter cet article
8 avril 2012 7 08 /04 /avril /2012 19:29
dentier-18eme-siecle.JPG
c'est à la fin du XVII siècle que remontent les premières dents artificielles : celles de . Les dents, fabriquées avec des os ou de l'ivoire, étaient en quelque sorte sculptées d'après les mesures prises sur le patient, on la liait aux dents voisines par des fils d'or. Plus lard, Fauchard réussit à obtenir des dénis émaillées. ajustées sur des dentiers en dents d'hippopotame.

En 1808, le dentiste parisien Fonri imagina de cuire la pâte de porcelaine après y avoir Incorporé des crampons en platine qui servaient à fixer les dents sur les bases en ivoire d'hippopotame.







La dent minérale est une invention française ; c'est pourquoi, suivant une fâcheuse
règle bien connue, elle était jusqu'à ces dernières années fabriquée à l'étranger. 11 n'en esl plus de même aujourd'hui, grâce à la « Société pour la fabrication des dents artificielles », qui a établi à Versailles une usine des plus intéressantes, produisant un million de dents par an,
 
Beaucoup d’ouvriers et ouvrières mouleurs et graveurs y travaillent

Les dentistes peuvent alors faire leur choix.et persuader à leur clientèle qu'une extraction totale et sans douleur pour de nouvelles dents ou dentier il faut bien utiliser ces 10 000 dents, toutes neuves et éclatantes, qui sortent chaque soir de la coquette usine nichée à l'ombre du château des rois de France dent moulage 1913
 
dent-presse-1913.JPG
 
Repost 0
Published by ancetres-metiers-conditions.over-blog.com - dans métiers
commenter cet article
25 mars 2012 7 25 /03 /mars /2012 12:26
bercy-courtier-gourmet-1900.JPG 
Le personnel d'un chai comprend, d'une manière générale, un premier garçon ou maitre de chai, qui dirige l'établissement, secondé par des ouvriers dont le nombre varie selon l'importance de l'entrepôt, et qui travaillent aux soutirages des vins,
au gerbage des fûts, etc., etc.. On trouve encore, dans chaque chai, un maître tonnelier ,des linceuls de futailles, enfin des ouvrières plus spécialement employées aux divers travaux de l'embouteillage.

Napoléon institua: " Les courtiers- gourmets-piqueurs de fûts ". Au nombre de 50,
ils devaient servir d'intermédiaire- entre les vendeurs et les acheteurs, et: ils étaient appelés comme experts en cas de contestation

Le courtier-gourmet fait partie dune chambre syndicale qui a remplacé la corporation d'autan ; il ne porte plus la médaille d'argent; on ne le voit plus courir sur les quais, ni piquer les fûts, en vins. C'est une profession extrêmement subtile et qui nécessite un sérieux apprentissage. une étude approfondie de tous les vins du monde et une délicatesse du palais constamment tenue en éveil. Bien que le courtage soit devenu libre, nos courtiers-gourmets parisiens jouissent encore de leur ancien privilège. C'est  à eux que s'adressent les administrations; il conseillent les négociants sur le choix de leur- marchandises; enfin, ils servent d'intermédiaires dans toutes les importantes transactions vinicoles
Texte de RAOUL MOKTEL 1909.
Les vins arrivent à Bercy par la voie fluviale ; cependant, les négociants en reçoivent une partie dans des wagons-citernes que le chemin de fer s! amène en gare de la Rapée-Bercy.
bercy-blog.JPG
Repost 0
Published by ancetres-metiers-conditions.over-blog.com - dans métiers
commenter cet article
26 février 2012 7 26 /02 /février /2012 11:57

Main d’œuvre dans les fermes de L'Ile-de-France. 1909

Les grandes fermes à culture intensive occupent un personnel nombreux. Dans une ferme de 223 hectares, par exemple, ayant 60 hectares en betteraves, 80 hectares en blé, 40 en avoine, 25 en luzerne, et travaillant ses betteraves dans la petite distillerie annexée à la ferme, l'on compte comme personnel :

1 commis, 1 chauffeur-mécanicien, 1 charron-forgeron, 1 berger, 2 charretiers, 6 à 8 bouviers, 2 garçons de ferme, 6 hommes employés au battage. Enfin de mai à novembre, une équipe de 20 à 25 Belges pour le binage des betteraves, la moisson, l'arrachage des betteraves. La main-d’œuvre dans une telle exploitation représente de 50 à 60.000 francs de dépenses par an.

Bouviers et charretiers sont payés 100 francs par mois ; ils ont, en outre, un certain nombre de gratifications qui augmentent leurs salaires d'environ 100 francs par an. Ils reçoivent la soupe à midi, c'est-à-dire qu'ils trouvent à la ferme un bouillon préparé avec de la graisse et des légumes frais.
Le berger reçoit 120 francs par mois, il est logé dans une maison particulière, reçoit des gratifications de diverses sortes par agneau amené au sevrage, par mouton vendu, etc.
Mais le plus grand nombre des ouvriers de ces fermes font les travaux à la tâche, et sont payés en conséquence. Ils travaillent du reste, en général, beaucoup dans ces conditions. Voici des salaires de travaux à la tâche que je prends dans la comptabilité d'un des fermiers le plus justement connu et apprécié de la Brie, M. A. Brandin, de Galande.

Des Belges occupés aux travaux des binages de la betterave ont pu se faire des journées de 7 francs pour ce genre de travail; Des journées de 13 fr. 75 pendant la moisson; Des journées de 5 fr. 30 pendant l'arrachage des betteraves; Des journées de 3 fr. 50 à 4 fr. 50 pendant les battages (hiver, été).

Le salaire journalier des plus faibles, par contre, ne serait que de 3 francs par jour.

Rares sont les ouvriers agricoles du pays même ; en Brie, par exemple, les villages sont occupés par de petits commerçants par des jardiniers, des fleuristes, des ouvriers d'art ; mais des hommes-du pays s'en allant travailler dans les fermes sont l'exception : les charretiers et les bouviers, on les recrutait et on les recrute encore parmi les habitants du Morvan. De là le nom de Morvandiaux donné souvent aux bouviers.

Quant aux ouvriers qui font les travaux des betteraves, ou moissons, ce sont des Bretons ou des Belges. .

Voici ce que dit de l'ouvrier flamand, émigrant en France pour les travaux de la culture, M. Blanchard : « Le Frenchman, comme l'appellent ses compatriotes, part au printemps. Son bagage est simple : un bissac bleu en toile à matelas, contenant les vêtements de travail, le linge; à la main, il tient la faucille piquée dans un bouchon de liège ; sur la tête une casquette plate. Il y en a de tous les âges entre quinze et soixante ans. Les premiers s'en vont au milieu de mars : ils montaient à 27.200 dans la première quinzaine de mai. Pour les betteraves ,Il atteignait le maximum de 40.176 à l'époque de la moisson, dans les -quinze derniers jours de juillet. C'est vers le 15 novembre que la plupart reparaissent chez eux après six mois d'absence. Ils apportent de 300 à 500 francs, férocement économisés sur leur gain.

Repost 0
Published by ancetres-metiers-conditions.over-blog.com - dans métiers
commenter cet article
25 février 2012 6 25 /02 /février /2012 14:55

Bien avant la création des chemins de fer, voire de la Grand-route — connue aujourd'hui comme Route Nationale N° 15, Paris était amplement et principalement approvisionné en poisson frais par Dieppe, son port de mer le plus proche.

le souvenir des « Chasse-marée » est resté vivace parmi les anciens usagers de la pêche. C'étaient les voituriers, les rouliers, qui partaient de Dieppe au coucher du soleil, pour livrer à l'aube, au carreau des Halles de Paris, le poisson qui avait été péché la nuit précédente. Monté en postillon, sur l'un des quatre vigoureux « boulonnais » attelés par paire« le chasse-marée » pilotait une sorte de long haquet, bien équilibré, sur de hautes roues et parcourait en moins d'un tour de cadran d'horloge les quarante lieues qui le séparaient de la capitale Sous le Premier Empire, quand la route directe de Dieppe à Paris fut ouverte à la circulation, la tâche de nos poissonniers se trouva sensiblement facilitée par la qualité
et la largeur de sa plate-forme, de ses longs alignements Au temps du bon roi Henri, le réseau routier était assez peu développé. Il comportait principalement des voies cavalières, véritables sentiers ou pistes, dont on retrouve, de nos jours encore, la trace à travers champs.

Quant aux chemins charretiers, ils étaient rares et c'étaient, pour la plupart, d'anciennes voies antiques sommairement entretenues. Les véritables cartes routières n'apparaissent guère qu'avec les relevés de Cassini, au commencement du XVIIIe siècle et, pour reconstituer l'itinéraire suivi par les poissonniers, antérieurement à cette époque, la première qui reliait Dieppe à Rouen, remonte au règne de Louis XIV. Les Routes d'Eu et du Havre furent ouvertes en 1775.

C'est du « Haut-Pavé » aujourd'hui les Arcades et Quai Duquesne que les chasse-marée procédaient au chargement de leurs voitures Le poisson était placé dans des corbeilles ou « bourriches », dont la confection se continue parmi les vanniers de Freulleville et de Meulers (dans la vallée voisine de la Béthune)

Franchissant l'enceinte de Dieppe, par la Porte de la Barre (on Porte de Paris), les chasseurs de marée escaladaient, par le « Château-Trompette » corps de garde du Fort Montigny la rude pente de la Cavée du Mont-de-Caux (ancien chemin de Paris, aujourd'hui rue Montigny). Ils gagnaient le plateau par le chemin intérieur de Janval, les abords des Vertus, ou plus exactement du lieu dit alors « le Jardin sur-Dieppe », puis ils traversaient successivement les paroisses de Rouxmesnil, Gruchet, Tourville,Aubermesnil où ils empruntaient « la Gauchie » ou le Chemin des Fées » qui, par la Chaussée, le Bois-Hulin, Sainte-Foy et Pelletot était la seule route carrossable desservant, à la fois, Rouen et Paris.

A Pelletot, l'itinéraire reste quelque peu indécis. Nos routiers continuaient-ils leur randonnée par la plaine ,passaient-ils par Saint-Hellier et Bellencombre ? ... Les marécages qui s'étendaient encore au XVIIIe siècle entre cette dernière agglomération et le bourg de Saint-Saens laissent un doute d'autant plus grand qu'on ne relève aucun raccordement entre ces deux points. Ce court tronçon mis à part, il n'en demeure pas moins que l'existence, à Fréval, d'une vieille Maison de Poste, constitue un jalon sérieux qu'ils abordaient.

Par l'une ou l'autre piste, ils joignaient ensuite le relais de la Boissière, situé à l'intersection des vieux chernins de Rouen à Neufchâtel et de Dieppe à Gournay (sur l'ancienne paroisse d'Omonville-sur-Varenne, maintenant commune de Saint-Martin-Omonville).les divers recoupements permettent de fixer, avec une quasi certitude, les trois premières étapes :Dieppe à la Chaussée, la Chaussée à Fréval, Fréval à la Boissière. (Elles varient de 12 à 16 kilomètres, ce qui porterait à onze étapes l'ensemble du parcours, chacune étant franchie à la moyenne d'un peu plus d'une heure, y compris le changement de chevaux.

Dès lors, nous suivons facilement leur piste. Par Buchy, Sigy, Argueil et Fry, ils atteignaient Gournay, qui marquait la moitié du parcours. Un peu avant Gisors, les grelots sonores des montures saluaient au passage, De Gisors, nos mareyeurs gagnaient Magny, où ils s'engageaient sur l'antique voie romaine, encore visible et toujours connue sous le nom de « Chaussée de Jules-César ». Celle-ci, dont il est intéressant de préciser le jalonnement, traversait tout le plateau du Vexin et menait directement à Saint-Denis. Entre Magny et Pontoise, elle s'inscrit, à peu près à égale distance de la grande route de Rouen et de la vallée de la Viosne. Sans se soucier de réveiller la petite cité endormie, les braves chasse-marée entraient dans Pontoise, au bruyant fracas des roues martelant le pavé. A trois postes de de Paris, pour parler le langage du temps, ils. franchissaient l'Oise, traversaient Saint-Ouen-1'Aumône (ou plus exactement à l'époque : Saint-Ouen-de-1'Aumône), continuant leur cheminement sur la « Chaussée de Jules-César ». C'est ainsi qu'ils traversaient Pierrelaye, longeaient légèrement au sud : Beauchamp et le Plessis-Bouchard, coupant à travers Ermont et Enghien. Faisant suite à cette ancienne voie détruite, entre la Seine et la ligne du Nord, à la hauteur de la gare de Saint-Denis, s'ouvre « la Rue des Poissonniers », appellation qui se renouvellera, sans cesse, jusqu'au cœur même de Paris. Celle-ci se poursuivait, en effet, par la section du Boulevard Ornano jusqu'au Boulevard Anatole-Erance (plus connu sous le nom de « Route de la Révolte ».

Par la rue Pleyel, qu'on appelle encore « Chemin des Poissonniers », quittons Saint-Denis pour pénétrer sur le territoire de l'actuelle commune de Saint-Ouen, nous retrouverons le « Chemin des Poissonniers », qui contourne le cimetière parisien aux abords de la station ferroviaire . L’itinéraire franchit les fortifications, en cours de démolition, le Chemin de fer de Petite-Ceinture et pénètre dans le Paris moderne par la « Porte des Poissonniers ». I,a barrière passée, c'est encore, dans le Bas-Montmartre, « la Rue des Poissonniers », dont l'extrémité absorbée par les Boulevards Barbes et Magenta, menait directement à la « Rue du Faubourg Poissonnière ».

Continuant leur course, les Dieppois s'engageaient dans la « Rue Poissonnière » et, par les Rues des Petits-Carreaux et Montorgueil, débouchaient aux Halles au petit jour.

 
Auteur : Association normande pour les progrès de l'agriculture, de l'industrie, des sciences et des arts

Texte de M. Miellot 1933 cité dans

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Repost 0
Published by ancetres-metiers-conditions.over-blog.com - dans métiers
commenter cet article
12 février 2012 7 12 /02 /février /2012 19:09

Avant d'aborder ce qui constitue l'art du cartonnier proprement dit, c'est-à-dire la transformation du carton en feuilles, en objets aux formes les plus diverses et les plus variées dans leurs destinations, La matière première de la fabrication du carton
est aujourd'hui excessivement variée, aussi devons nous dire les matières premières et, pour les résumer en peu de mots, nous dirons. qu'elles sortent surtout de la hotte du chiffonnier. Le carton, en effet, ne comporte pas de matières premières au
sens technique du mot, et il n'utilise que des matières déjà fabriquées en les traitant spécialement. et en les mélangeant plus ou moins intimement.

Dans les grands centres où tes résidus dé la vie ménagère deviennent ~volumineux, le chiffonnier est en vérité le premier ouvrier de la cartonnerie.

 

 

si le métier de cartonnier vous interesse, ce titre est sur Gallica

 

Titre :

Date d'édition :

1903Nouveau manuel complet du cartonnier, fabricant de carte, de cartonnages et de cartes à jouer / par Georges Petit,...
Repost 0
Published by ancetres-metiers-conditions.over-blog.com - dans métiers
commenter cet article
5 février 2012 7 05 /02 /février /2012 15:29

 

marchande de frite 18971878

La marchande de friture

Elle se tient modestement sur le pavé. Marchande des rues, elle n'a d'autre cri que le frémissement de sa poêle, d'autre enseigne que le nuage de vapeur épaisse qui lui tient lieu d'auréole. Ses cheveux gris, dont un mouchoir trop étroit laisse échapper les mèches roides et inégales, ses mains osseuses et noires, son jupon, assemblage d'étoffes et de couleurs discordantes, ses larges pieds chaussés de sabots ou de souliers découpés dans une vieille paire de bottes... Elle porte un éventail sur lequel, d'un côté, s'élève une pyramide de morceaux de pain, de l'autre, figure un réchaud surmonté d'une poêle où le feu grésille un pêle-mêle de saucisses, de boudins, de côtelettes de porc, et de tranches de lard. Alléchés par le fumet de ce ragoût ,on voit s'approcher tour à tour le maçon, le manœuvre, le terrassier, qui n'ont pu trouver
à louer leur journée,,, . Chacun de ces consommateurs, en échange des deux ou trois gros sous qui se prélassent à l'aise dans ses vastes poches, se saisit d'un morceau de pain sur lequel il étale avec complaisance soit le boudin, soit la côtelette, et va s'asseoir sur la borne ou sur le parapet, pour se livrer à l'importante opération
de la mastication, avec autant de recueillement que le ferait un gastronome assis aux
tables de Véfour ou de Lemardelay.

Vous rencontrerez quelquefois de ces marchandes de friture qui sont établies à poste fixe dans les marchés ou aux barrières : celles-ci, outre la poêle classique, ont un gril sur lequel noircissent quatre où cinq petits poissons d'une odeur plus que douteuse.

Vous les verrez encore aux Champs-Elysées, quand vient l'anniversaire des journées de Juillet. Mais alors elles sont, comme elles disent, requinquées ; elles ont, sous une tente de toile, trois ou quatre tables longues, entourées de bancs ; le soufflet communique au feu de leurs fourneaux une activité vraiment extraordinaire ; leur poêle, presque aussitôt vidée que remplie, suffit à peine à l'avidité des convives dont elles essayent de tromper l'impatience, au moyen d'un petit vin aigrelet qui a le triple avantage de rendre l’attente plus facile, de constituer une seconde source de bénéfices et d'augmenter la consommation en aiguisant l'appétit.

 
Marchande de pommes de terre frites
Il en est une autre que l'on trouve partout et dont la clientèle est infiniment plus nombreuse ; je veux parler de la marchande de pommes de terre frites. Celle-ci est établie, elle a boutique ; mais quelle boutique ! Un recoin de porte quelquefois, le plus souvent une petite échoppe, trois pieds carrés enfin, dans lesquels il faut trouver la place du fourneau, du bois, du pot de graisse, des pommes de terre et de la marchande. Je dois dire aussi que, comparée à la débitante de boudins et de saucisses, la marchande de pommes de terre frites est en progrès ; il y a dans son modeste costume quelque chose de moins déguenillé ; sa physionomie est plus avenante ; sa voix a des inflexions moins rauques. Cela tient à ce que ses clients n'appartiennent pas uniquement à la classe malheureuse ; la petite bourgeoisie a recours à son ministère, dans plus d'une occasion, pour compléter un dîner écourté, ou se procurer l'hiver, au coin du feu, la jouissance d'une frugale collation.
Accroupie plutôt qu'assise sur son escabeau, pour elle tous les instants de la journée se passent dans une suite invariable de mouvements alternatifs. Elle prend l'une après l'autre toutes les pommes de terre qui composent sa provision du jour, en enlève la peau avec toute l'économie possible, les découpe en capricieuses losanges, les verse-dans la graisse qui frémit, les tourne et retourne en tous sens à l'aide d'une large écumoire, et les retire enfin lorsqu'elles se sont empreintes de cette couleur dorée qui les rend si appétissantes. C'est alors que, de la poêle, elles passent dans la feuille de papier de l'ouvrier, dans l'assiette de la ménagère, dans la casquette du petit friand dont les ardentes sollicitations viennent d'arracher un sou . D'ordinaire, le soir, aussitôt que l'ombre de la nuit s'est abaissée sur Paris, on voit se glisser jusqu'à elle, comme des ombres, le jeune homme à l'habit noir râpé, qui s'est imaginé qu'il suffisait d'habiter Paris pour devenir poète ou diplomate, et le vieillard ruiné, dont la misère n'ose se produire au grand jour, heureux, après avoir compté lentement dans la souffrance les longues heures de la journée, de trouver là, pour l'obole douloureusement prélevée sur le produit de quelques hardes, de quoi calmer sans trop de dégoût les tortures de la faim.

 
Marchande de beignets
Alerte, sémillante et coquette, la marchande de beignets n'a de commun avec les deux marchandes déjà décrites que le fourneau, la poêle et le saindoux. Elle va jusqu'à se permettre d'être jeune et jolie; elle affectionne les passages les plus fréquentés : le pont Neuf et la porte Saint-Denis sont ses résidences favorites; il y a même dans ce dernier endroit un établissement dont la vogue rappelle les beaux jours
de la galette du boulevard Saint-Denis. La marchande de beignets tient, pour ainsi dire, à honneur de fonctionner en présence des passants ; son fourneau, placé sur le trottoir, le plus en vue possible, semble être disposé pour attirer les regards, et il faut dire, du reste, qu'elle fonctionne avec une dextérité merveilleuse. Ses beignets sortent, comme par enchantement, dorés et splendides de l'appareil créateur, et, par leur odeur et leur apparence, sollicitent à la fois les deux sens les plus avides et les plus faibles. Son débit est incalculable, car elle s'adresse à la sensualité, qui s'accroît à mesure qu'on lui cède, et il faut bien que ses bénéfices aient une certaine importance, puisque son loyer, sur le pont Neuf, par exemple, s'élève jusqu'à une somme annuelle
de mille francs.

JOSEPH MAINZER. 

 

 

 

 

 

 

Repost 0
Published by ancetres-metiers-conditions.over-blog.com - dans métiers
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog de ancetres-metiers-conditions.over-blog.com
  • : Métiers ignorés, oubliés. Conditions de vie début 1900. A force de me documenter pour la généalogie , j'ai eu envie de partager mes découvertes sur la vie de nos ancêtres
  • Contact

Compteur

Recherche

Catégories