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27 décembre 2011 2 27 /12 /décembre /2011 19:40

Les petites Inventions domestiques


En premier lieu, disons un mot des instruments se rapportant aux œufs, cet aliment
dont il est fait une si grande consommation partout. On a quelquefois la surprise, plutôt désagréable, de constater, en brisant la coquille d'un œuf, que le contenu est complètement gâté. Pour éviter cet ennui, la précaution qui s'impose avant l'emploi consiste à mirer les œufs, et tout le monde ne sait pas effectuer cette vérification à l'aide d'une lumière, comme le font les marchands d'œufs en gros.

 

Le mire-œufs de ménage permet à la première personne venue de s'assurer du degré de fraîcheur d'un œuf quelconque, que l'on place dans un support analogue à un coquetier ordinaire, mais pourvu d'un petit miroir à la partie inférieure. En regardant dans ce miroir, si l'œuf est également translucide partout, la teinte est uniforme ; si, au contraire, on aperçoit des taches irrégulières, c'est qu'il est douteux, et il est prudent de l'éliminer. L'œuf étant reconnu frais et bon à mettre à la coque, la question de sa cuisson juste au point convenable n'est pas toujours des plus aisées à résoudre, que l'on se serve ou non d'un sablier pour s'assurer du temps exact de l'opération.

 

La coquetière de voyage donne la solution complète de ce petit problème culinaire. Son emploi permet de cuire un œuf avec 1 gramme d'eau et 1 gramme d'alcool en trois minutes. Pour s'en servir, on met l'œuf dans le récipient, on verse le contenu de la mesure d'eau, on trempe une rondelle d'amiante dans de l'alcool à brûler et l'on allume après avoir rabattu le couvercle. Au bout de trois minutes, l'alcool complètement consumé s'éteint, l'eau s'est évaporée et l'œuf est cuit à point. L'œuf une fois prêt et dressé dans le coquetier, il s'agit de l'ouvrir, et c'est là une petite opération qui réclame une certaine dextérité pour être convenablement exécutée.
Le coupe-œufs donne le moyen d'entailler régulièrement la coquille sans risquer d'entamer le jaune de l'œuf, et cela presque instantanément. Il se compose de deux cercles de métal réunis par une charnière et s'adaptant l'un dans l'autre, celui placé à la partie inférieure étant muni de petites griffes sur toute sa périphérie. etc

la cuillère à pot dégraisseuse permet de séparer immédiatement le bouillon, froid ou chaud, dela couche de graisse liquide qui surnage à la surface, grâce à la présence d'un tube faisant corps avec le métal de la cuiller. On ne saurait imaginer rien de plus efficace et de moins coûteux que ce dispositif d'usage si commode.

Parmi les nombreux objets d'usage courant, et que l'on rencontre d'ailleurs fréquemment sur les tables des salles à manger, il faut citer les moulins à sel gris, les moulins à poivre, les pinces coupe-sucre, les tirc-bouchons perfectionnés, a vis, à levier, à écrou, à griffes, etc.
Pour éviter de tacher les nappes par les gouttes de vin s'épanchant, quoi qu'on puisse
faire, du goulot des bouteilles, on coiffe celles-ci de bouchons casse-gouttes s'opposant à cet écoulement et, pour empêcher que Bébé,! dans un mouvement irréfléchi de gaieté ou de colère, ne jette le couvert par terre en tirant tout d'un coup sur la nappe, on fixe cette dernière au rebord de la table par des attache-nappe à ressort, ce qui empêche tout désastre
Ajoutons à cette énumération les couteaux à pain, à lame dentée, pour couper des tranches extrêmement minces de pain, la cuiller à thé qui présente la forme d'un œuf s'ouvrant en deux parties comme une boule à riz, et que termine un manche de cuiller. Les cafetières à circulation remplissent un but analogue pour le café; il
en existe des modèles plus ou moins riches et ornementés, mais le principe est toujours celui de la lessiveuse : l'eau bouillante tombe en pluie sur la poudre de café, par un lube vertical surmonté d'un champignon, et qui traverse centralement la cafetière. La chocolatière à circulation est basée sur un système analogue,

A la cuisine doivent se trouver des ustensiles perfectionnés, réalisant une économie de temps et de travail.

Le gril articulé permet de rôtir de la viande sur toute sa surface, ce qui ne peut s'obtenir avec les grils ordinaires. Il s'ouvre et se ferme à volonté, sans risque de brûler la main qui le gouverne, et cela, simplement par la manœuvre d'un petit déclic manœuvrant ses mâchoires.

La baratte de ménage est un bocal en verre à quatre côtés. Le goulot, assez court, est fermé par un large bouchon de bois sur lequel est monté un système d'engrenage d'angle, que l'on actionne avec une manivelle; le beurre qui se fait ainsi sous les yeux, sans fraude possible. On peut ainsi, avec ce petit appareil, fabriquer chaque jour, en moins de dix minutes de travail, la quantité de beurre nécessaire à la consommation du ménage.

Le nettoyeur de couteaux est une petite machine non moins utile que le moulin à écraser le café ou le hachoir à viande à manivelle.


Le cremomètre contrôleur est un petit instrument qui a sa place indiquée dans tous les ménages, à côté de la baratte mentionnée plus haut. C'est une éprouvette cylindrique en cristal, de contenance déterminée, et portant sur sa surface extérieure une graduation gravée, et allant jusqu'à 15 pour 100. Le lait de bonne qualité devant contenir une proportion de 12 pour 100 de crème environ, un simple coup d'œil permet de se rendre compte si la montée est au-dessus ou au-dessous de ce chiffre. Il suffit de laisser le lait reposer quelques "heures dans celte éprouvette, qui est fermée par un bouchon hermétique, avant de faire la lecture,


Quand on est à la campagne, un grand nombre d‘ustensiles ingénieux peuvent être de la plus grande utilité, comme par exemple les pièges à insectes, au premier rang desquels il faut mettre les pièges à mouches et à moustiques de toute espèce.

 

. Le mouchivore est un piège automatique pouvant capturer des milliers de mouches à l'heure. Le mécanisme, qui fonctionne pendant dix heures, est renfermé dans une boîte et se remonte avec une -clé, comme une pendule.

La trappe à cafards est un autre piège composé d'une boite hémisphérique en métal, possédant en son centre un godet dans lequel se place l'appât devant attirer les répugnants insectes.


La préparation des conserves de fruits à noyau: abricots, prunes, cerises, etc., demande beaucoup de soin et de patience, car il est nécessaire d'extraire les noyaux sans détériorer les fruits. Le chasse-noyau est un petit instrument très pratique et qui fournit une aide précieuse. Le fruit se place dans un petit godet en porcelaine; on fait peser, d'un coup de pouce, un ressort surmontant le godet sur une petite palette, et le noyau tombe immédiatement par l'ouverture du godet.

Nous pourrions encore poursuivre longtemps celle énumération, el parler encore du balai à feuilles d'arbre, à lamelles d'acier flexibles; du goupillon-tulipe, servant à nettoyer extérieurement, sans aucune crainte de rupture, les ampoules de cristal des lampes à incandescence; du dragon vigilant, petit avertisseur sonore des tentatives d'effraction ; des chauffe-lit ; et de bien d'autres ustensiles non moins intéressants et utiles, mais force nous est de limiter cette revue, suffisante d'ailleurs: pour montrer quelle infinie variété existe dans ces petits outils d'usage domestique qui, tout aussi bien que les puissantes machines de l'industrie, montrent l'ingéniosité des inventeurs, la fécondité de ressources de leur génie, et les avantages que peuvent fournir, même, réduites à-des proportions mesquines, les applications de la science.

H. DE GRAFFIGNY.

Titre : Ma revue.
(Paris)Date d'édition :  mai 1907

 

 

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26 décembre 2011 1 26 /12 /décembre /2011 18:49

pub-friteuse-1910.JPG

On peut en trouver encore dans le genre!!

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8 octobre 2011 6 08 /10 /octobre /2011 11:01

LA TÉLÉPHONIE SANS FIL article paru dans les actualités scientifiques de 1908

la « téléphonie sans fil » à grande distance a déjà fait un grand voyage autour d'une
partie du monde sous la forme des appareils Lee de Forest qui étaient à bord de la flotte américaine lors de sa navigation dans le Pacifique en 1908.

L'historique de la téléphonie sans fil est bref et récent. Les premières expériences ayant donné un résultat évident ne datent que de 1894 : elles furent exécutées par le savant
électricien anglais Gavey au travers du lac Ness, en Ecosse, puis en Irlande.

M. Preece fit en 1899 des expériences analogues. Puis, en 1902, MM. Ducretet et Maiche  communiquèrent à près de 7 kilomètres.
D'ailleurs, les inventeurs aiment à s'entourer d'un certain secret, bien que leurs appareils soient brevetés.

Une expérience à Paris même dans les premiers mois de 1908 entre la tour Eiffel et Villejuif.

En juillet 1907, il y avait une course de canots automobiles sur le lac Erié aux États-Unis. M. do Forest eut la bonne idée d'installer son appareil sur une embarcation mise à la disposition des reporters de journaux qui suivaient la course. Pendant toute la journée, le « canot de la Presse » causa téléphoniquement avec un poste établi sur la rive du lac, et cela jusqu'à 9 kilomètres de distance. C'est à la suite de ce succès que l'Amirauté des États-Unis fait installer des appareils du môme genre à bord de sa flotte.
Ainsi donc, grâce à ce système qui va certainement être perfectionné encore, on peut penser que la téléphonie sans fil à distance quelconque doit être une conquête très prochaine. Si, en même temps, les savants parviennent à réaliser un appareil de « vision à distance » et il semble bien qu'ils sont tout près aussi d'y parvenir — on verra et l'on entendra tout à la fois un interlocuteur à des centaines de kilomètres:

il faudra renoncer à l'attristante plainte du poète qui disait : « L'absence est le plus grand des maux; » il n'y aura plus, en effet, d'absence, au sens absolu du mot.

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7 octobre 2011 5 07 /10 /octobre /2011 19:16

et oui!! finalement cela date!! visionnaires, mais déjà existant

texte publié dans les actualités scientifiques de 1902

« Il faut manger pour vivre, et non pas vivre pour manger », disaient nos anciens, et ils avaient soin de pratiquer cette formule en faisant le plus possible de bons et copieux repas. Mais les temps sont venus de réaliser chimiquement le programme. Dans une récente étude scientifique, M. Berthelot, dont la science de chimiste est incontestée, nous prédisait, ou plutôt s'amusait à nous prédire que, dans l'avenir, tous les aliments seraient réduits à leur minimum de volume, tout en conservant le maximum de leur faculté de nutrition.
On aurait ainsi le repas en pilules, le gigot réduit à une petite tablette, le blanc de poulet condensé sous la forme d'une feuille de papier à cigarette dont on ferait une boulette pour l'avaler, et ainsi de suite. De la sorte, les heureux consommateurs des générations futures ne connaîtraient plus les perles de temps qui consistent à faire cuire la nourriture, à la découper, à la mâcher, à la digérer. C'était le vieux jeu  « Time is money! »Passez-moi, je vous prie, ma boîte de pilules et n'en parlons plus

Toute plaisanterie à part, la conception hyper novatrice du savant Berthelot commence à se réaliser.

Le début, modeste et agréable, ce fut le lait comprimé et les extraits de viande. Mettre, dans une boite qui tient dans le creux de la main toute la production en un jour d'une bonne vache laitière, ou, dans un petit pot, les parties essentielles d'une vache enragée des Pampas passée au court-bouillon, ce n'était déjà pas mal; nous avons ainsi les tablettes de bouillon, qui peuvent se croquer, et les poudres de viande que l'on peut transporter dans une tabatière. Mais cela est trop encombrant encore, et l'on fait mieux.

Des spécialistes ont constaté que l'estomac de l'homme et des animaux pouvait être, à la rigueur, considéré comme un préjugé, évidemment atavique et enraciné, mais enfin une inutilité physiologique certaine. La preuve en est que des chiens, sans l'avoir demandé, et des humains, après l'avoir demandé aux chirurgiens, ont été méthodiquement privés de leur estomac réséqué : les uns et les autres ont continué à subsister, mais, bien entendu, à la condition de recevoir une simili-nourriture appropriée, c'est-à-dire l'aliment chimique tout digéré à l'avance, tel que nous le fait espérer, sinon souhaiter, un avenir prochain.

Ce n'est point une plaisanterie : On en raffole, d'ores et déjà, en Allemagne.

Il s'agit principalement de matières albuminoïdes, analogues au blanc d'œuf, que l'on donne, tout d'abord, à digérer à une cornue de laboratoire, sorte d'estomac en verre qui a bien la forme d'un estomac d'animal et qui en prend les fonctions.
Lorsque la cornue a fait son bon repas, on en extrait le résultat ; alors le consommateur bénévole n'a plus qu'à l'introduire par la bouche dans son for intérieur, et la digestion est faite d'avance ; les gens à leur aise pourraient même régler à leur volonté l'importance des indigestions inséparables du luxe des jours de fête, des repas de corps, et des banquets.

Uno considération amusante, c'est que la préparation de ces aliments digérés par procuration s'est créée et développée en Allemagne comme annexe des puissantes usines de matières tinctoriales dont nos voisins inondent le Monde entier. On emploie, en effet, beaucoup d'albumine, ou blanc d'œuf, dans ces usines, et il y a d'importants résidus. Au lieu de jeter ces résidus à l'égout, on en fait des aliments chimiques, l'idée est géniale ! Tout rentre dans la consommation.

Si encore il s'agissait de simples fantaisies, d'exagérations scientifiques imaginatives. Mais non  c'est la réalité, c'est déjà l'alimentation, c'est déjà dans le Commerce! La consolation unique est do penser que les gens nourris d'aliments chimiques n'auront plus de crampes ni de maladies d'estomac : parbleu ! Ils n'auront plus d'estomac du tout. Mais ils auront peut-être d'autres maladies qui feront regretter, ô horreur ! Le bon vieux temps du cancer de l'estomac.

 

 

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30 septembre 2011 5 30 /09 /septembre /2011 17:41

Dans les grandes maisons d'entreprise culinaire, genre Potel et Chabot, qui ne s'occupent que de la
commande proprement dite, le salaire déjà important par lui-même est encore augmenté par les gra-
tifications et les pourboires Le chef de partie, appelé « gros Bonnet » reçoit 200 à 300 francs par
mois plus une centaine de francs de pourboires. Le « garde-manger » qui « fait la ville », reçoit toutes
les marchandises, les prépare et les remet à qui de droit ne gagne que 150 francs par mois de fixe, mais touche de nombreuses gratifications des fournisseurs .

Passons maintenant au personnel des restaurants proprement dits :

 Cercles, hôtels, restaurants :

Le chef qui est nourri reçoit 150 ou 200 francs par mois ; mais ses profits sont considérables. Tels chefs d'hôtels en vue arrivent ainsi-à gagner 10.000 francs par an. Les plongeurs doivent se contenter de, gages très faibles. Les profits (vente de détritus, graisses et « bijoux ») constituent presque entièrement le salaire dont le fixe ne forme à peine parfois que le tiers, Le fourrier qui prépare le café et le thé est plutôt un garçon de restaurant, avec les pourboires il arrive à toucher 80 francs par mois.

Restaurants « grand prix fixe » :

Le personnel de la salle se compose de garçons versant au tronc tous les pourboires qu'ils reçoivent. Ce tronc supporte diverses charges : 1e salaire des « omnibus », au nombre d'un par garçon, qui aident au service, nettoient les tables, apportent les couverts, les verres, serviettes, parfois les desserts (70 ou 80 francs par mois ;  la casse et le matériel : chaque jour le compte des objets est fait et doit se retrouver exact à la fin de la journée.
Ces divers prélèvements opérés, les gardons se partagent entre eux les produits du tronc, et arrivent ainsi à toucher 8 à 10 francs par jour . Le prix des repas est relativement bon marché, et le nombre de couverts servis par jour est assez grand. C'est sur le nombre que le garçon, comme le patron d'ailleurs, se rattrape.
Le chef sommelier vend à son profit les futailles et touche quelques gratifications des fournisseurs. Ces diverses sommes lui procurent un bénéfice annuel de 100 francs environ

Pensions, restaurants à prix moyens  
Les garçons sont payés sur les pourboires qu'ils reçoivent directement Pas de frais ni de tronc commun,


 Restaurants prix fixe bon marché :
Le chef de cuisine touche 200 francs par mois. Mais il paye les achats et en retire de nombreux profits Les garçons de restaurants reçoivent un salaire fixe de 6 francs par jour. Les pourboires sont acquis au patron, à chaque garçon est attaché un omnibus à salaire fixe de 2 francs par jour. Mais certaines gratifications accordées sur les repas de 2 et 3 francs portent leur salaire à 70 ou 75 francs par mois.

Grands restaurants dits de grande carte (genre maison Dorée, Durand, café anglais) :

Le chef, qui est parfois intéressé à l'entreprise, se fait avec les divers profits (étrennes, gratifications des fournisseurs), de 7.000 à, 8.000 francs par an.
Le personnel de la salle comprend un chef sommelier qui double son salaire fixe de 200 francs par mois grâce aux profits ; un certain nombre de garçons soumis au système du tronc pur et simple.
Dans un restaurant à la mode des grands boulevards qui a pour objet des repas à la carte, café,
vins, liqueurs, glaces, nous trouvons :
Le chef de cuisine chargé des achats aux halles
dont la rémunération effective.atteint 12,000 francs par an.  
- Le plongeur et son essuyeur sont payés avec le prix des gros profits de graisse.et « bijoux ». Le
chef sommelier se réserve le produit des ventes de fûts et futailles et partage avec les autres sommeliers les gratifications des marchands.
Les garçons outre les pourboires ont droit à tous, les vins fins laissés par les clients.  Malgré les rete-
nues qu'ils doivent subir pour pertes et casse d'objets il leur reste de 10 à 15 francs par jour.

L'écaillère reçoit des gratifications des fournisseurs ; le chasseur est payé par les pourboires qu'il
reçoit des clients.

Bouillons:

Le service de la salle est ordinairement fait par des femmes Elles paient au patron de l'établissement
un droit de 0 fr. 75 à 3 francs par jour environ sur les pourboires qu'elles reçoivent des clients.

 

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13 septembre 2011 2 13 /09 /septembre /2011 19:10

VINGTIÈME ARRONDISSEMENT début 1900


Le XXe arrondissement est logé presque entier sur le haut plateau de Romainville et de Bagnolet :
Par comparaison avec ses voisins, Saint-Fargeau peut passer pour aisé, ainsi d'ailleurs que cette partie du quartier d'Amérique qui est au nord de la rue des Lilas. Autrefois toute cette région était occupée par des maraîchers et des horticulteurs. On y produisait les légumes, le raisin, et la fleur d'oranger pour mariages. L'industrie devait être bonne ; car, sur les terrains de culture, il y a maintenant de petites villas. Ce ne sont pas des constructions luxueuses, comme à la Muette ; mais de très modestes maisons d'une valeur de quelques milliers de francs qui sont souvent la propriété d'ouvriers d'industrie ou d'anciens petits commerçants du IIIe ou du XIe arrondissement. Ceux delà dernière génération assurent que de leur temps tout le haut Belleville était morcelé de petits domaines bourgeois. C'était le rêve des petits boutiquiers d'avoir là maison et jardin ; et comme il suffisait de peu d'argent pour s'établir, ils ont vite fait de former des groupements importants. D'ailleurs le sol ne se prête pas facilement à la construction de hautes maisons. Le sable et la terre glaise qu'on rencontre partout obligent au creusement de puits profonds pour les fondations et à des travaux d'art qui supposent la mise en oeuvre de gros capitaux, peu en rapport avec le prix des terrains .Peu à peu, le quartier se modifie, la population compte déjà 15.000âmes, les moyens de transport, dans les directions de l'Opéra et du Château-d'Eau s'améliorent tous les jours, les maraîchers s'en vont, ne laissant derrière eux que quelques horticulteurs qui font des fleurs et des arbustes pour les cimetières ; l'aspect champêtre du lieu est évidemment menacé. Mais, la population jouit encore de commodités réelles, elle est tranquille, vit de ses rentes ou de son travail dans Paris ; les mauvais garnis n'ont pas encore paru.

Il a été construit récemment, rue du Télégraphe, trois grandes maisons ouvrières, hautes de .six et sept étages, qui ont été fort bien accueillies. Les loyers n'y sont pas trop élevés et ils présentent cette particularité que les prix s'abaissent en même temps que s'élève le nombre des enfants des locataires.

 Il y a des ombres dont nous n'avons rien dit ; l'impasse du Progrès, l'impasse Haxo, le passage Boudin sont des refuges les malheureux s'entassent en des maisons basses, de un ou deux étages, perdus dans des espaces considérables, absolument dépeuplés, dont quelques-uns mesurent 80.000 mètres carrés. Là, c'est la solitude qui encadre la misère.

Il semble qu'il ne faut pas, pour le reste de l'arrondissement, s'attacher aux divisions administratives, par quartier. Ce qui frappe, ce sont les différences qu'on constate dans l'extérieur des habitants, suivant qu'on s'approche ou qu'on s'éloigne de la ligne des boulevards; et la remarque est la même qu'il s'agisse de Belleville, du Père Lachaise, du quartier du Combat dans le XIXe, ou de Charonne dans la partie qui n'est pas en plaine. Il y a, comme une série d'étages dans la population : en bas, près des boulevards, ce qu'il y a de moins bon. en mélange avec les éléments qui composent la population générale, et dans une région l'on compte, en certains points, 800 habitants à l'hectare  sur les bords du plateau, notamment aux alentours de la mairie, des familles laborieuses les hommes sont ouvriers ou employés et les femmes, surtout les jeunes filles, occupées dans les ateliers ou manufactures ; et, plus loin, jusqu'aux fortifications, les maraîchers et petits rentiers que nous venons de voir dans Saint-Fargeau, isolés au bord de longs terrains vagues.

En parcourant le quartier du Combat, il a fallu formu
1er un regret à la vue de ces misérables garnis qui avoisinent le boulevard de la Villette. dans le bas des deux quartiers, sont remplies de ces affreux immeubles, malpropres, surpeuplés, où logent, à la semaine, souvent à la nuit, plusieurs milliers de créatures, hommes et femmes, qui vivent d'expédients ou de délits. Les souteneurs, les filles, les repris de justice sont là comme à l'affût des occasions qui peuvent s'offrir à leur portée.
Il n'est pas possible de n'être pas frappé du nombre et de l'importance des coopératives ouvrières de consommation qui rayonnent sur le XXe, sur le XIe et sur la partie du XIXe qui se confond avec Belleville. Il est de ces sociétés qui comptent 20.000 membres, d'autres 10.000, ou plusieurs milliers ; et elles sont au moins dix qui font sentir ici leur action. Elles se proposent d'acheter
au meilleur compte et de revendre au prix coûtant les objets d'alimentation, de vêtement, de chauffage qui sont indispensables pour vivre. On espère y joindre des caisses indépendantes de crédit pour venir en aide aux travailleurs dans la gêne ; et par année ou par semestre, on distribue aux adhérents les bénéfices réalisés sur les prix de vente. Cet appât du boni à toucher a fait des prodiges. De suite, il faut dire que cela est heureux à tous points de vue. C'est presque de l'épargne que ce calcul de combiner pour une date précise une rentrée d'argent importante.


Dire quelle est la clientèle de ces institutions, c'est passer en revue tout le meilleur de la population du XXe. Ce sont des ouvriers du fer, du bois, du bâtiment qui descendent chaque jour à leur travail dans le centre de Paris, surtout dans le XIe ; ou bien se rendent par la ligne de ceinture à Montmartre, aux Ternes, même à Javel, pour s'occuper dans les usines. Ce sont de petits employés qui appartiennent à des services publics, octroi, travaux, police, bureaux des préfectures et des ministères, ou à des entreprises privées où ils sont métreurs, comptables, commis de magasins. Ce sont des ouvriers, dont le métier se rapporte à la passementerie, à la confection, aux modes. On peut évaluer à près de 20.000 le nombre des femmes qui, dans Belleville et le Père Lachaise, vivent de ces professions. Tout ce monde est là parce que les ressources sont modestes et qu'il fallait trouver au meilleur compte le logement et la nourriture.

On peut dire qu'il n'y a pas d'industrie spéciale, au XXe arrondissement. Sans doute, on pourrait citer quelques fonderies, quelques fabriques de produits chimiques, tels qu'allume-feux et matières stéariques, quelques associations de peintres et de cochers. De même, l'existence du cimetière explique la présence d'un certain nombre de marbriers et de marchands de couronnes. Mais tout cela ne peut faire vivre qu'une part infime de la population qui réside. Aux premières heures du jour et le soir quand est finie la journée du travail, c’est un mouvement fantastique de tous les adultes, hommes et femmes, qui s'en vont ou reviennent. Dans la journée, les quartiers sont comme frappés de sommeil. Seuls, les marchés et la rue des Pyrénées ont encore un peu d'animation. Les ménagères s'occupent des intérieurs, font les provisions et soignent les enfants. Ici, il y en a presque autant qu'au XIIIe. Beaucoup sont mal portants ; beaucoup aussi ne sont pas nés d'unions régulières. Le monde ouvrier se compose, en effet, d'individus le plus souvent célibataires et dans la force de l'âge : on dépense plusieurs années avant de fonder une famille et l'on obéit cependant à tous les besoins naturels de l'existence. Quant aux denrées alimentaires, elles sont d'un prix extraordinaire de bon marché. On trouve, dans ces régions habitées par les pauvres, des viandes, des légumes et des fruits qu'il serait impossible de découvrir ailleurs. Il paraît qu'ici on peut manger, par exemple, d’excellents plats faits de langues de moutons. Je crois bien qu'un mets de ce genre semblerait à nos Parisiennes du Louvre ou du Luxembourg aussi exotique qu'un nid d'hirondelles.


Il est de vieux immeubles qui sont de véritables casernements de malheureux. Il suffirait pour les découvrir de parcourir les rues de Belleville, de Tourville, du Pressoir, et Piot, dans Belleville ; dans le Père Lachaise, les rues des Amandiers, de Ménilmontant, Orfila, des Partants et Duris ; à Charonne, les rues des Haies, Courat, Saint-Biaise, et, entre tous, l'hôtel du passage Brémant, rue des Orteaux, qui ne contient pas moins de 400 chambres ou petits logements et réveille le triste souvenir de la cité Jeanne-d"Arc. Sur les terrains non construits, notamment aux numéros 341, 319,190 de la rue des Pyrénées, on rencontre, en certaines places, des agglomérations de roulottes et de baraques faites de planches, de toile, de cartons bitumés, parfois de vieilles boites à sardines ; là trouvent refuge des forains, des brossiers, des repasseurs de couteaux, des rétameurs de casseroles, des fabricants de paniers, des éleveurs de pigeons, des brocanteurs et des chiffonniers. Le prix des loyers varie de 3 francs par semaine à 5 francs par mois, pour un terrain où une famille peu exigeante parvient à camper, avec son cheval, son âne, ou ses grands chiens.

Le brocantage semble être une occupation très répandue. Il s'applique surtout aux effets d'habillement qu'on restaure du mieux qu'on peut, pour les offrir aux amateurs sur le « marché aux puces », près la porte de Montreuil. En vérité, il y a là des occasions superbes pour qui ne craint pas les incertitudes et les souillures du passé. Les chiffonnières du XIIIe arrondissement viennent y vendre leur travail ; elles s'y rencontrent avec les biffins et chineurs de Belleville, delà rue des Amandiers et de la place de la Réunion. Toute la banlieue d'alentour, Montreuil, Bagnolet, les Lilas, concourt à la foule des acheteurs. C'est le pendant du « marché aux ferrailles », de la porte d'Ivry.

Ce « marché aux puces » est à l'une des extrémités du territoire de Charonne dont nous n'avons encore rien dit. Comme le sol s'est abaissé, l'industrie a reparu. Voici des fabriques de coton, des brasseries, des chocolateries, des entreprises de transport, l'usine à gaz, le métropolitain ;

 les abords de boulevard Davout sont occupés par une armée de chiffonniers dont beaucoup entassent des peaux de lapins. Ils trouvent à écouler leurs provisions chez les coupeurs de poils qui travaillent en grand nombre à préparer les chapeaux de soie. Comme on voit, l'ouvrier peut en cet endroit trouver sur place un salaire, et la région se distingue tout à fait à ce point de vue du reste de l'arrondissement.


 

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11 septembre 2011 7 11 /09 /septembre /2011 08:56

type-maison-1903.JPG

 

Notre petite maison dont nous donnons aujourd'hui les plans cl l'élévation de la façade principale se compose :
I" d'un sous-sol,
2" d'un rez-de-chaussée,
3" d'un premier étage.
Le sous-sol comprend la cave, la fosse, un atelier et une buanderie.

Le rez-de-chaussée se compose d'un vestibule d'une cuisine et d'une salle à manger, on accède au rez-de-chaussée par un perron, le sous-sol correspond avec le vestibule par un petit escalier
intérieur, l'escalier desservant le premier étage est avec un palier de repos sur lequel se trouve les parties d'une chambre et d'un cabinet de toilette à 1/2 étage et au premier étage un palier, un Water-Closet et deux chambres.

CONSTRUCTION
Les terres de la fouille restent sur le terrain pour être utilisées à la confection des plates-bandes du jardin. Les gros murs en fondation sont en meulière hourdée au mortier de chaux et
sable de rivière. Les murs de moins de 0,40 d'épaisseur sont en briques façon Vaugirard.
Tous les murs en élévation sont en briques (dito) ravalés el mouchetis Tyrolien avec bandeau, chaînes d'angles, sommiers et clefs en plâtre teinté imitant la pierre, avec application de briques apparentes à joints blancs en creux.
Les appuis des croisées, les seuils, les marches du perron el de l'escalier du sous-sol sont en pierre reconstituée de Cuel Gilbert de Billancourt. Au rez-de-chaussée el au premier étage, toutes les faces des murs et les plafonds sont enduits en plâtre.

Dans la cuisine une hotte en maçonnerie et un évier en grès vernissé.
Dans la buanderie, un bac a laver à deux compartiments; le sol sera dallé en ciment et un conduit de fumée pour la lessiveuse. Les conduits sont incorporés dans l'épaisseur des murs.
Carrelages. Le Vestibule, la cuisine et le Waler-Closet sont carrelés en carreaux de mosaïque française eu ciment comprimé et posés sur ciment.
Canalisation. Les eaux pluviales el ménagères sont conduites à la rue par des tuyaux ; cette canalisation est établie avec tous les regards et siphons nécessaires pour permettre le nettoyage el intercepter les mauvaises odeurs.
Escalier.
Les marches sont en chêne et les contre marches en sapin.

La salle à manger est avec parquet de chêne par frises à l'anglaise posées sur lambourdes.

Dans les chambres le parquet est en pitchpin sur lambourdes,
La couverture est en tuiles à emboitement de Fresnes, avec laitières à recouvrement et rives en terre cuite.
L'eau-de la compagnie est distribuée à la cuisine, au cabinet de toilette et à la buanderie par une canalisation en tuyaux de plomb

Peinture et vitrerie.
Toutes les boiseries sont peintes à l'huile trois couches.
les murs de la cuisine, du vestibule, de l'escalier et du Water-Closet sont enduits au mastic cl peints à l'huile deux couches.
Les papiers de tentures sont de 0,50 à I franc le rouleau avec bordure en
rapport.
La vitrerie est faite en verre 1/2 double pour les grands carreaux et en simple
pour les petits.
Les parquets sont mis à l'encaustique à l'essence et frottés.

Dans la cuisine, un fourneau de cuisine à charbon de terre et deux trous à charbons de bois, avec charbonnier, bain-marie, etc. Au-dessus du fourneau el de l'évier des carreaux de faïence
avec un rang de bordure.

Dans la salle à manger une cheminée en marbre rouge à modillon, avec intérieur en briques, châssis à rideaux et rétrécissements en faïence blanche.

Pour les chambres des cheminées en marbre noir

 

 

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10 septembre 2011 6 10 /09 /septembre /2011 18:11

article qui date de 1909, nos serres en somme! sans la culture hors sol....

Apparement le gout était à hauteur

C'est du Midi, croyez-vous, que nous viennent ces Raisins magnifiques et ces Pêches superbes que nous pouvons manger au mois de février. Détrompez-vous : ces primeurs sont obtenues dans le Nord de la France.
Des ingénieux industriels se sont offerts la fantaisie de supprimer le froid, et, narguant la mauvaise humeur boréale du soleil, de créer la chaleur nécessaire pour faire
venir à maturité ces fruits. Ces établissements ont été fondés, depuis quelques années, pour la production hivernale des fruits; il en existe en Bretagne, dans l'Aisne et même dans le dé-
partement de la Seine
le plus ancien établi en France, puisque ses premiers essais datent de 1869. C'est
d'ailleurs cet établissement qui a servi de modèle à tous ceux qui se sont créés depuis. Les Grapperies du Nord aux environs de Lille occupent, aujourd'hui 28,000 m2 de superficie vitrée; leur construction, leur installation toute spéciale en font une véritable usine de production fruitière, pêches, raisin, cerises, etc.

forceries-de-fruits-1900.JPG 

 chien-transportant-le-charbon-des-forceries.JPG                                                              chiens transportant du charbon pour le chauffage de la forcerie

ceuillette de la forcerie

 

 ET LE RAISIN!!!!!

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2 septembre 2011 5 02 /09 /septembre /2011 19:51

Photographie sur peau.

Sait-on quelle est la grande mode en ce moment à Bucharest? Non, sans doute, car il
s'agit d'une mode encore toute récente, si nous en croyons les journaux mondains viennois.

Cela s'appelle le tatouage photographique, et cela consiste à se faire imprimer sur les
bras, sur la poitrine, voire aussi dans le dos, le portrait de sa femme, de ses enfants ou le
sien propre, au moyen d'un procédé chimique.
L'opération est assez longue. Il faut d'abord épiler soigneusement la partie du corps sur
laquelle oh veut imprimer le portrait. Puis cette partie est enduite d'une couche très lé-
gère d'un produit spécial qui est aussi sensible que du papier photographique. On obtient,
grâce à cette composition, un tatouage inaltérable et d'une extrême netteté, aussi bien pour
le portrait que pour le paysage « sur peau ».
Beaucoup de grandes dames et quelques messieurs très snobs se sont déjà soumis à l'opération, qui dure de trois à quatre heures et coûte de 250 à 300 francs... Une bagatelle!

Article tiré du petit photographe 1902

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28 août 2011 7 28 /08 /août /2011 16:56

Il nous a semblé que, pour avoir une impression précise du X" arrondissement, il était sage de connaître d'abord les deux arrondissements voisins dont il n'est guère que le prolongement. D'un côté du canal, dans le quartier de l'hôpital Saint-Louis, on se croirait encore dans le XIe ; ce sont les mêmes industries, les mêmes cités ouvrières, aussi les mêmes hôtels dont quelques-uns sont disposés pour coucher à la nuit, notamment dans la rue du faubourg du Temple. Sur l'autre rive, le quartier Saint-Vincent de Paul ressemble au quartier Rochechouart ; on y voit un nombre considérable de commissionnaires, d'emballeurs et de voyageurs de commerce qui ont pris pension dans les hôtels des environs des gares. Quant aux quartiers de la porte Saint-Denis et de la porte Saint-Martin ils gardent l'aspect général du faubourg Montmartre, avec plus de commerce dans la porte Saint-Denis, spécialement dans les rues de Paradis et des Petites-Ecuries, qui sont comme l'entrepôt des objets de verre, de porcelaine et de plumes et, plus d'ouvriers dans la porte Saint-Martin, aux abords de la
Bourse du travail.
Les seules particularités de l'arrondissement lui viennent de la ligne du canal qui le traverse dans une grande étendue, et des deux gares terminus des chemins de fer de l'Est et du Nord. Toutefois, ce n'est pas là que réside la grande masse de coltineurs et des employés de chemins de fer. Quelques-uns se sont fixés à l'hôpital Saint-Louis et dans l'espace compris entre les chemins de fer, le canal et l'hôpital Saint-Martin ; mais, on peut dire que tout le reste, c'est-à-dire la très grande majorité, a cherché logis dans les XVIIIe et XIXe arrondissements, comme la plupart des ouvriers occupés aux dépôts des omnibus, des petites voitures, aux équipements militaires et à la raffinerie Lebaudy.

Ainsi, la population de l'arrondissement est extrêmement variée. Beaucoup d'hommes et de femmes ont leur travail ailleurs ; tels, les apprentis des deux sexes, les garçons de course, couturières, lingères, fleuristes, plumassières, modistes, mécaniciennes dont l'ensemble
peut bien représenter 20.000 personnes. A ce point de vue, l'arrondissement peut déjà se comparer à ceux de la périphérie, puisqu'il comprend une part importante de travailleurs modestes dont le salaire assure la subsistance, sans cependant leur donner l'abondance
et les expose à des besoins d'argent.

On peut évaluer à 2.200 le nombre des inscrits au bureau de bienfaisance et à 5.000 celui des nécessiteux. Plus de la moitié de ces nombres est fournie par le quartier de l'hôpital Saint-Louis qui est très malheureux dans certaines de ses parties. Les cours des Bretons, de la Grâce-de-Dieu, Saint-Maur sont des immeubles considérables comprenant une dizaine d'escaliers qui desservent une quantité de logements ouvriers. Avec la rue Bichat et le passage Corbeau, ce sont les lieux où il y a le plus de malheureux.
Le reste de l'arrondissement est assez aisé. Cependant, il convient de signaler dans la Porte Saint-Martin, autour du marché, dans la rue Bouchardon et la cité Riverin, quelques hommes de peine qui logent dans de mauvais hôtels ; impasse Lancry, quelques bonnes sans place ; et, dans la Porte Saint-Denis, le long de la prison, dans la cour de la Ferme Saint-Lazare, un
groupe assez nombreux de chiffonniers et de marchands de bric-à-brac.

 

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