Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
8 août 2012 3 08 /08 /août /2012 17:53

radar-1903.JPG

Et oui, la vitesse était déjà une source d’accidents!!

 

Comment contrôler la Vitesse des Automobiles en 1903?

L'évaluation de la vitesse d'une voiture automobile ne peut donc être faite par simple déduction Connaissant la distance qui sépare ces deux points, il suffit de chercher en combien de temps elle sera franchie pour trouver, par un calcul très simple, la vitesse de déplacement du véhicule. Malheureusement la fixité des bases d'évaluation fait le plus souvent défaut et c'est pourquoi les contraventions pour excès de vitesse dressées
contre les motoristes contiennent de si extravagantes erreurs.

Étant donné que ces contraventions sont sévèrement réprimées, on ne saurait tolérer
plus longtemps la fantaisie avec laquelle les agents chargés de ce service s'acquittent de leur mission. C'est à la photographie qu'on a, une fois de plus, demandé de fournir des indications qui ne soient pas entachées d'erreurs.
C'est par une simple modification de sa jumelle photographique Spido que M. Gaumont a obtenu l'appareil contrôleur de la vitesse de déplacement d'un mobile et en particulier des automobiles. Le principe sur lequel est basé cet appareil est des plus simples. Il consiste obtenir en un temps donné deux images du véhicule, images superposées qui serviront, par les positions homologues d'un point quelconque de la voiture, à connaître avec une très grande approximation le chemin parcouru pendant la durée de fonctionnement de l'obturateur. Il est indispensable, par exemple, que l'obturateur soit réglé pour une seule vitesse et qu'il soit établi de manière à donner toujours la même rapidité 
Appareil contrôleur de vitesse.

L'appareil est du format 8 X 16 employé en stéréoscopie; une moitié des clichés donne une image de 8 X 8 réservée à la voiture, sur l'autre moitié s'inscrivent les vibrations du diapason.
De nombreuses expériences ont été effectuées avec l'appareil de M. Gaumont, elles ont donné des résultats satisfaisants. Il faut donc souhaiter dans l'intérêt des chauffeurs et dans celui des piétons que la brigade policière chargée de constater les excès de vitesse soit promptement pourvue d' un instrument qui assurera la sécurité de nos promenades tout en soustrayant les conducteurs d'automobile aux vexations dont ils sont trop fréquemment l'objet.

l'histoire ne dit pas si ce "radar" a bien fonctionner, mais l'idée était là, déjà 

,

Page 500

 

 

Repost 0
Published by ancetres-metiers-conditions.over-blog.com - dans 1900-1910
commenter cet article
8 juin 2012 5 08 /06 /juin /2012 08:36
embarras-parisiens-1900.JPG
En vingt-quatre heures il passe en moyenne : de 8000 à 43000 voitures et 9000 à 54000 chevaux dans Paris en 1902 (la rue de Rivoli arrivant en tête)

3 blessés par jour en moyenne et une personne tuée tous les 2 jours
 
le service des secours publics opère, surtout aux carrefours du Printemps, de Châ-
teaudun, du faubourg Montmartre, des Halles, de la rue Saint-Denis, près le Châtelet, de la gare de l'Est, etc. Le Parisien s'est vengé de ces quartiers maudits en leur décernant le sobriquet de « carrefours des écrasés » et ils persistent à justifier l'appellation.
Une administration prévoyante a dû s'inquiéter de cette nervosité périlleuse de la rue et tenter de canaliser « l'écrasoir ». Voici longtemps que des projets de ponts aériens et de passages souterrains ont été présentés à la Ville de Paris, mais combattus par les Parisiens, jaloux de l'esthétique de la rue, qui se contentent de rejeter toute la responsabilité des embarras incessants sur la Préfecture de police. Celle-ci, mise en demeure d'agir, est allée se documenter à l'étranger, et de chez nos voisins d'outre-Manche elle a rapporté l'institution de la brigade d'agents au bâton blanc. C'est alors aux carrefours dangereux toute une stratégie savamment protectrice, compliquée de coups de sifflet, de mouvements aspirants et refoulant du bâton blanc, accompagnés du débarquement de piétons par paquets ahuris
charette à vin 1900
 
Le gros souci: ce sont les encombrements des trottoirs par le marchand de faïences, le marchand de vins, l'emballeur, le drapier, l'épicier, le fruitier, le parfumeur, le gargotier; ce sont les kiosques à journaux et à fleurs, les colonnes Morris,
les limonadiers et autres commerçants de plein air les bascules ou distributeurs automatiques, les motifs lumineux, les boîtes-bornes postales, les chalets de nécessité
Le camelot, l'homme du boniment à jet continu, qui écoule aux terrasses des cafés les rossignols littéraires d'un nombre infini de pages pour o fr. 50, le jouet du jour pour o fr. 10, le résultat complet des courses, le journal du soir, le plan de Paris, des cartes postales illustrées; celui qui, après avoir tracé à la craie sur le trottoir des signes cabalistiques pour assembler la foule, après avoir annoncé un tour de prestidigitation extraordinaire qu'il ne réalisera jamais, débite un petit article, véritable cadeau, vendu partout 25 francs, et qu'il cède, lui, non pas pour 5 francs, pas pour4, pas pour3, pas pour 2

Mais on n'est pas seulement bousculé dans les rues de Paris, on y est assourdi. Le vacarme se déchaîne sans trêve, depuis les premières lueurs du jour jusque bien avant dans la nuit.

l'évolution économique a tué le plus grand nombre de ces pittoresques, mais gênants et bruyants marchands d'encre, rémouleurs, marchands de coco, de casquettes, de plaisirs, d'oeufs, de billets de loterie, de chiffons, de poissons et de carottes, d'huîtres à l'écaillé, d'images et de balais, d'oranges etc D'ailleurs ces cris se perdraient dans le tohu-bohu des voitures, des tramways, des charrettes et des automobiles.

Les cyclistes, qui se contentaient jusque-là de petits grelots ou de timbres menus, jugèrent plaisant d'adopter la trompe retentissante et de lui faire rendre des sons étourdissants, voire même d'emprunter le rythme traditionnel du matériel des sapeurs-pompiers. Les tramways à leur tour ayant adopté la traction mécanique furent dotés de timbres, de cloches, d'instruments divers et assourdissants. Les fiacres caoutchoutés eux-mêmes, espoir de nos velléités de repos, reçurent l'ordre de porter des sonnettes aiguës obéissant aux moindres mouvements du noble coursier qui les arbore à son harnais.

Et voilà comment le formidable charivari de la rue ajoute un nouveau danger pour tout Parisien qui se hasarde à faire à pied quelque course, dans les rues nous n'osons dire à se promener, il faudrait être aliéné pour y songer.

Texte de G-R Vèze

 

La marchande de 4 saisons
marchandes des 4 saisons 1900
Repost 0
Published by ancetres-metiers-conditions.over-blog.com - dans 1900-1910
commenter cet article
2 juin 2012 6 02 /06 /juin /2012 18:09

paris-bordeaux-train-1908.JPG

Le rapide de Paris-Bordeaux annonça au monde émerveillé qu'il ne mettait plus que
six heures quarante pour accomplir son trajet.
Le voyage de Bayonne en neuf heures vingt-sept minutes par tous les temps, alors qu’avec un coche, on continuerait à mettre seize jours en été, dix-huit jours en
hiver pour parcourir la même distance, à condition de pousser la voiture aux mauvais endroits.

Repost 0
Published by ancetres-metiers-conditions.over-blog.com - dans 1900-1910
commenter cet article
19 mai 2012 6 19 /05 /mai /2012 12:48

distributeur-de-timbres-1907.JPG

On a installé, dans le péristyle de l'Hôtel des Postes, rue du Louvre, un distributeur automatique de , timbre-poste de 10 cent., qui a un certain succès dé curiosité.

On met un décime dans une fente ad hoc et une vignette tombe dans un petit espace vitré. L'appareil contient un rouleau dé 500 timbres, quand il est épuisé, une sonnerie prévient l'employé chargé dé pourvoir au ravitaillement de l'appareil.
Ce système, employé avec succès en Amérique et en Allemagne, aura-t-il la faveur du public ? On ne le sait encore. C'est une Société allemande qui a installé l'appareil qui fonctionne actuellement rue du Louvre. Si les résultats étaient satisfaisants, on prêle à M. Simyan l'intention d'en installer dans tous les bureaux de poste pour les séries courantes de timbres et les cartes postales.

Bien entendu, on serait obligea l'atelier des timbres, boulevard Brune, de changer le dispositif d'impression des timbres, destinés à ces appareils, mais ce n'est pas là une grosse difficulté, c'est une simple affaire de clichage.



M.Symian était sous secrétaire d'état à cette époque

Repost 0
Published by ancetres-metiers-conditions.over-blog.com - dans 1900-1910
commenter cet article
8 avril 2012 7 08 /04 /avril /2012 09:05
marché des enfants rouges 1900
 
  
Un peu d’histoire
Marguerite de Valois qui naquit en 1492.était pieuse el d'une charité sans bornes.. Elle éprouvait une immense pitié eu voyant de pauvres orphelins de père et de mère, qui, sortis de l'hôtel-Dieu de Paris, étaient exposés à ne trouver aucun refuge et à être livrés à la mendicité dégradante. Elle décida de fonder, rue Portefoin, une maison destinée à les recevoir. Comptant sur l'affection de François Premier, elle s'adressa à son frère bien-aimé pour celle fondation el elle obtint avec la plus grande facilité son adhésion. Cela devint l’Hôpital des Enfants-Bouges ,du nom de leur habit rouge identique.
En 1628, à cause du grand nombre d'habitants qui peuplaient le quartier du Marais, un marché fui reconnu nécessaire el fut établi sous la dénomination de Petit marché du Marais, qui ne tarda pas à prendre le nom de Marché des Enfants-Rouges à cause du voisinage de l'hôpital des Enfants-Rouges. Situé à l'angle de la rue de Bretagne ce marché, avec sa grande place, était un des coins les plus pittoresques de Paris ; à certaines heures de la journée surtout, les crieurs ordinaires ne cessaient pas pour cela leurs petits commerces : c'étaient les porteurs d'eau, les vendeurs de vieux chapeaux et vieux galons, de peaux de lapins, de ferraille et de centaine d'autres objets tordus, vermoulus, rouilles.
Ce marché est toujours présent début 1900
Il y a quelques mois à peine, les passants s'amusaient fort d'un tableau des plus curieux. Par les grilles d'une des boutiques du marché des vaches laitières passaient leurs museaux frais et montraient leurs grands yeux de bons ruminants, qui n'avaient pas l'air de trop regretter leurs pâturages champêtres, car elles recevaient en abondance les restes des marchandes de légumes du grand marché. Le lait était fameux dans le quartier, el bien des personnes nous ont affirmé avoir été nourries au biberon avec le lait de ces bonnes bêtes, auxquelles on venait donner en passant une lape familière et reconnaissante. Ce coin du vieux Paris n'était point banal et avait gardé, choses et gens, une portion de cette originalité que nous chérissons tant, nous, les amoureux de la vieille cité.
Que d'anecdotes historiques, que de curiosités archéologiques on pourrait glaner çà et là depuis l'ouverture de ce marché! Contentons-nous de rappeler qu'il a appartenu à Jacques Cassini, le fils de Dominique Cassini, que Colbert, pour sa grande renommée dans la science astronomique, avait fait venir de Bologne et qui devint le premier Directeur de notre Observatoire.
Tout cela va disparaître en 1913 sous la pioche du démolisseur et nous allons voir s'élever des immeubles très hauts, d'une banalité très grande, qui font le désespoir des artistes.

Texte de GÉRARD DEVÈZE en 1913.
Repost 0
Published by ancetres-metiers-conditions.over-blog.com - dans 1900-1910
commenter cet article
4 avril 2012 3 04 /04 /avril /2012 19:37

femme-antillaise-1908.JPG

Repost 0
Published by ancetres-metiers-conditions.over-blog.com - dans 1900-1910
commenter cet article
25 février 2012 6 25 /02 /février /2012 18:25

panneaux-routiers-1909.JPG

 

Cyclistes et Automobilistes, lisez !

Nous avons pu voir,; dans les campagnes, des: poteaux indicateurs portant des tableaux hiéroglyphiques, entre ' autres ceux dont nous donnons ici la reproduction. Pour lès profanes qui ne sont pas au courant des choses du sport, nous' dirons que ces poteaux indicateurs furent placés sur nos routes: par les soins du Touring-Club dé France, le T. C. F., comme disent les initiés, et qu'ils ont pour but de signaler les obstacles prochains aux automobilistes et. Cyclistes.

Les véhiculés d'aujourd'hui/sont rapides; le chauffeur n'aurait plus le temps de déchiffrer une inscription, si nette fût-elle; de plus, les touristes étrangers ne pourraient souvent en comprendre lé sens. Ces signaux de lecture instantanée, qui frappent l'œil, ont remédié à cela. Ils sont visibles de loin et imposent forcément à la vue du chauffeur ou du cycliste la représentation aussi exacte, que possible de l'obstacle à prévoir. Ces sortes de rébus parlent aux yeux par la figuration simplifiée de l'obstacle qu'ils indiquent. Ce sont, on résumé, des signes conventionnels : « montée », « descente », « route mal pavée », etc.

Leur couleur blanche éclatante tranche violemment sur le fond bleu foncé de la plaque qui les porte. Ces plaques indicatrices sont placées à distance utile, c’est-à-dire trois ou quatre cents mètres avant l'obstacle- :ainsi, chauffeurs et cyclistes, prévenus à temps, ralentiront leur allure pour éviter le choc d'un passage à niveau, ou accéléreront afin de mieux gravir une montée. Ces signaux, dont nous donnons les quinze principaux, rendent de grands services aux touristes et beaucoup d'entre-eux ont pu sûrement éviter des accidents, grâce à la bienfaisante initiative du T. C. F.

 

 

 

 

 

 

Repost 0
Published by ancetres-metiers-conditions.over-blog.com - dans 1900-1910
commenter cet article
14 février 2012 2 14 /02 /février /2012 19:13

On parle le réchauffement des eaux de mer et des boites de conserves de homard à base d'autres choses!! comme quoi rien ne change!!!

 

LE KRACH DES HOMARDS 1904

C'est à désoler les gourmets et les gourmands. Mais il faut voir les choses telles qu'elles sont ; le homard et aussi la langouste, ces délicieux crustacés, sont menacés d'un véritable krach. Il y a pour cela plusieurs raisons à donner. D'abord parce que la consommation du homard est devenue très considérable. Ensuite, parce que ce crustacé lutte difficilement contre divers ennemis marins qui se multiplient à ses dépens. L'un de ses ennemis, le principal peut-être, est la pieuvre. Dans ces dernières an- nées, sur les côtes de la Manche et de Bretagne, où se pratique la pêche du homard, les pêcheurs ont rencontré de véritables bancs de ces horribles animaux, aux tentacules élastiques, aux yeux inquiétants.

Lorsque les filets sont remontés à bord, ils sont remplis de pieuvres ; c'en est un écroulement gluant et horrible à voir. Pas de poisson, bien entendu, dans le filet, les pieuvres ont tout d'abord dévoré tout ce qu'elles en rencontraient, ou plutôt, elles l'ont bu, La pullulation de ces hideuses bêtes parait devoir être attribuée au réchauffement des eaux de la mer sur nos côtes. On constate qu'elles sont détruites par les durs hivers ; alors, le flux en amène les cadavres, sur la grève et les « terriens » s'en servent, pour leurs cultures, comme d'un assez bon engrais, insuffisante compensation

Les rochers de Bretagne, qui en fourmillaient littéralement à une époque récente , en contiennent de moins en moins. Depuis trois ans, les pêcheurs de Paimpol et du Conquet vont s'installer do mai à septembre à Belle-Ile en-Mer et de là, poussant plus loin et au large, ils poursuivent la langouste de Brest jusqu'aux Sables-d'Olonne.
Les pêcheurs portugais sont venus à la rescousse. Une grande partie des langoustes vendues vivantes comme langoustes françaises proviennent de Portugal et d'Espagne. Amenées en Bretagne par des bateaux-viviers à faux fond percé, on les conserve dans de grands réservoirs en attendant la vente.

Les savants spéciaux n'ont pas manqué de tenter le repeuplement scientifique et de pratiquer, dans des homarderies, ce que l'on a appelé « le homard artificiel », c'est- à-dire l'éclosion et l'élevage des petits homardelets. Aux États-Unis notamment, cela a, paraît-il, donné des résultats. En France ils ont été, jusqu'à présent, peu encou-
rageants. Le petit homard, jusqu'à l'époque où il atteint une taille respectable et surtout dans sa prime jeunesse, change en effet de carapace, dans une série dé « mues» fort dangereuses pour son hygiène et sa santé. Si donc le homard disparaît sur les côtes françaises, on aura vraisemblablement beaucoup de peine,
En ce qui concerne le homard, on a proposé de la protéger en confectionnant avec son horrible ennemi, la pieuvre, des conserves de simili-homard. les conserves de pieuvres. …

Texte de Max de Nansouty 1904 Actualités scientifiquesTitre : Actualités scientifiques (Paris. 1904)

 

Repost 0
Published by ancetres-metiers-conditions.over-blog.com - dans 1900-1910
commenter cet article
31 janvier 2012 2 31 /01 /janvier /2012 20:10

Restaurateur a la carte ou portant en ville — Cette catégorie comprend les grands restaurants,

Restaurateur a la carte et à prix fixe — Etablissements d'ordre moyen n'ayant pas de salons particuliers comme les grands restaurants. Les prix sont aussi moins élevés. Exemple: les bouillons Duval, Chartier, etc.

Restaurateur a prix fixe seulement Le repas est tarifé d'avance pour un nombre déterminé de plats à choisir par le client.

Gargotier — Donne à manger à bas prix pour une clientèle d'ouvriers.

Restaurateur sur wagon ou sur bateau a vapeur — Le droit fixe (pour les impôts)varie en raison du nombre de personnes employées au service.

Marchand de bouillon et bœuf cuit

 

 

Repost 0
Published by ancetres-metiers-conditions.over-blog.com - dans 1900-1910
commenter cet article
13 janvier 2012 5 13 /01 /janvier /2012 19:07

porteur-fort-des-halles-1902.JPG

 

 

 

LES FORTS DE LA HALLE. LES PORTEURS.

Tout le service intérieur des Halles, en ce qui concerne les ventes en gros et le carreau, est fait par la corporation des forts, placée sous la jurisprudence de la préfecture de police. Cette corporation compte aujourd'hui six cent cinquante forts, divisés en autant de sections qu'il y a de ventes en gros. Chacune est commandée par un syndic-chef qui relève

L'insigne distinctif des forts est une médaille portant, gravées, les armes de la Ville de Paris. Cette médaille est en cuivre pour les forts et en argent pour leurs syndics.Ces derniers sont assez nombreux, car les forts ne travaillent jamais isolément, mais par escouades, sous la surveillance d'un syndic-adjoint. Les forts se recrutent au fur et à mesure des besoins du service. On exige d'eux des qualités toutes particulières au point de vue de la force et des garanties complètes au sujet de l'honnêteté.

Les équipes des forts font bourse commune pour chaque vente en gros; leurs services, obligatoires dans l'enceinte des pavillons, sont tarifés, mais, en échange du privilège indispensable dont ils jouissent, ils ont la responsabilité de toutes les marchandises confiées à leurs soins ou placées sous leur surveillance. Après avoir débuté à mille cinq cents francs,

GROUPE DE PORTEURS

les simples forts passent successivement de pavillon en pavillon. Quand ils arrivent à être attachés au pavillon de la vente en gros des beurres, œufs et fromages, ils ont conquis leur bâton de maréchal, à moins qu'ils aient l'espoir de devenir syndics. Le salaire des forts de ce dernier pavillon monte environ à quatre mille francs. Celui des forts du carreau, les forts des hauts fruits, comme on les appelle, dépasse même ce chiffre, mais le travail est plus rude, car il leur faut passer la nuit entière dans la rue, exposés à toutes les intempéries des saisons.

Les forts se montrent très fiers de leur profession ; rien ne leur est plus sensible que d'être confondus avec les porteurs, car, pour être porteur aux Halles, il suffit d'en faire la demande en produisant un certificat de domicile délivré par le commissaire de police.

Le porteur, une fois inscrit, reçoit une médaille qui lui donne le droit de faire des corvées aux alentours des Halles. Cette médaille change de forme tous les ans, afin d'obliger leurs titulaires à se présenter au moins une fois chaque année pour faire connaître leur nouvelle adresse. Ce sont autant de points de repère que la préfecture de  police prend dans l'existence de ces individus. C'est pourquoi elle se montre si prodigue d'autorisations, sachant bien qu'elle ne fera pas travailler ceux qui n'en ont pas envie. Sur quinze mille inscrits, il y a environ trois mille porteurs qui travaillent consciencieusement; d'aucuns se sont Fremarquer par une telle probité, depuis de longues années, que les marchands n ' hésitent pas à leur confier de grosses sommes pour aller solder leurs achats. On ne s'étonnera donc point d'apprendre qu'une Chambre syndicale existe pour aider au relèvement de la corporation.

Avec ces honnêtes gens, on remarque sur le registre d'inscription des noms qui ont figuré trop souvent sur les livres d'écrou des maisons pénitentiaires.

Dans une rafle de vagabonds, huit fois sur dix, quand le commissaire demande à l'individu quelle profession il exerce, celui-ci répond : — Je suis porteur aux Halles!

Le commissaire de police sait à quoi s'en tenir, mais quand il n'y a pas de charge sérieuse, il feint de se contenter de cette réponse, trouvant bien inutile d'envoyer au dépôt un vagabond qui sera relâché quelques heures 

Aux Halles, les véritables porteurs rendent d'utiles services aux restaurateurs, aux cuisiniers, aux fruitiers, venant chaque jour faire leurs emplettes.

Chaque acheteur peut payer comptant et emporter sa marchandise si elle se trouve sur le carreau, ou bien la faire sortir du pavillon en acquittant la redevance aux forts, s'il s'agit d'une vente en gros faite à l'intérieur des Halles.

Tout autour des pavillons et du carreau se trouvent, à postes fixes, des femmes dont le nom de gardeuses indique bien les fonctions. Quand un acheteur vient de faire une acquisition, il jette sur le lot vendu une pièce de o fr. 10, montant du salaire du fort et un jeton de cuivre portant son nom et celui de 1 gardeuse. C'est à celle-ci que le fort va porter la marchandise, c'est elle qui centralise les achats successifs de ses clients; ceux-ci n'ont plus qu'à enlever eux-mêmes ou à faire enlever par des porteurs.

Le salaire des gardeuses est très minime, mais il est grossi chaque jour par un pourboire leurs patrons, lorsque ceux-ci viennent acquitter les taxes dues à l'entrepreneur adjudicataire de ce service de garde. Les bons offices des porteurs et des gardeuses sont facultatifs; ceux des forts, au contraire, sont obligatoires, de façon à régler

Titre : Le Mois littéraire et pittoresque

Date d'édition :

1899-1917

Année janvier à juin 1902

Repost 0
Published by ancetres-metiers-conditions.over-blog.com - dans 1900-1910
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog de ancetres-metiers-conditions.over-blog.com
  • : Métiers ignorés, oubliés. Conditions de vie début 1900. A force de me documenter pour la généalogie , j'ai eu envie de partager mes découvertes sur la vie de nos ancêtres
  • Contact

Compteur

Recherche

Catégories