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16 mars 2012 5 16 /03 /mars /2012 17:47

sac-a-nourrisson-AJPG.JPGmaintien-d-enfant-A.JPG

.

L'exposition d'hygiène infantile, avec sa curieuse collection d'appareils en usage dans le passé et dans le présent pour l'éducation des enfants en bas âge, a vivement intéressé le public.
En effet, aussi loin que l'on remonte par la tradition, on voit le nouveau-né, non point seulement garanti contre les intempéries du monde extérieur, mais presque garrotté, comme un petit malfaiteur dans des vêtements qui l'immobilisent. Nos pères pensaient que faute de maintenir solidement les jambes dans l'extension par des liens serrés et les bras allongés le long du corps, l'enfant deviendrait contrefait. C'est ce qui a donné naissance à l'emmaillotage avec bandes, que l'on rencontre encore dans beaucoup de pays.

Cette nécessité a donné naissance dans quelques-unes de nos provinces à des pratiques regrettables. Les gravures qui accompagnent ces lignes sont destinées à montrer la composition quelquefois élémentaire des appareils qui les permettaient. C'est ainsi que, dans le pays basque, l'enfant était souvent placé dans un sac de toile
qu'on accrochait au mur comme un paquet. Dans la Vienne même, on se contentait d'une ceinture passée sous les bras du nourrisson. Dans la Gironde, le procède était plus barbare encore. Apres avoir creusé le tronc d'un arbre et en avoir garni le fond de paille ou de chinons, on y laissait l'enfant. Le poids du corps pesait alors sur les jambes et sur les bras, faisant ainsi remonter les épaules et amenant la déformation de la poitrine.' En Normandie, le tronc d'arbre était remplacé par une gaine d'osier tressé; en avançant davantage dans l'ouest on eût pu découvrir des sortes de clayonnages en boudins de paille ourlés avec des écorces de ronces. Dans la Touraine régnait un autre instrument de torture, un chevalet sur lequel l'enfant étendu et rangé de manière à ne pouvoir remuer le tronc, était astreint à une immobilité qui portait le plus grand préjudice à sa croissance.

Ainsi les nourrices de la campagne, obligées quelquefois de veiller sur d'antres enfants, de faire leur ménage, de laver ou de raccommoder les hardes de la famille, L'enfant criait d'abord, puis, sans force, épuisé 'par les efforts qu'il avait faits pour se délivrer et par ses cris, il s'endormait. Bien que peu a peu ces coutumes coupables s'éteignent, elles subsistent encore sur certaines parties de la France. Beaucoup de ceux qui les pratiquent font ainsi le mal sans y songer, par ignorance. D'autres s'y abandonnent par pauvreté.

Les premiers mois sont maintenant passés. L'enfant se développe. et devient assez vigoureux pour marcher. Si l'on ne peut s'attacher a ses pas, que fera-t-on pour le guider dans ses efforts?
Parmi les engins imaginés pour suppléer à de tels soins, les glissières et les tourniquets sont assez généralement en usage.

On emploie encore beaucoup les glissières dans le Languedoc, l'Yonne, le nord de la France. C'est sans doute dans ces appareils que le petit chariot à roulettes, aujourd'hui connu de tout le monde, a trouvé son origine. Le tourniquet est plus simple et tout différent. l'enfant joue le rôle d'un cheval de manège. Il lui suffit du moindre effort pour faire pivoter l'engin qui d'ailleurs est très mobile.


Article de Jean Guérin en 1890

 

 

 



 

 

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3 mars 2012 6 03 /03 /mars /2012 17:07

Ce type de recrutement est valable en 1897. Intéressant si vous cherchez dans les listes de recrutement


Le remplacement a été supprimé par la. loi du 27 juillet 1872. Tout Français doit le service militaire personnel Tout Français, à moins qu'il ne soit déclaré impropre à tout service militaire, peut être appelé sous les drapeaux depuis l'âge de vingt ans jusqu'à l'âge de quarante ans.

Il fait. Partie dé l'armée active pendant cinq: ans; de la réserve de l'armée active pendant 4 ans;. De l'armée territoriale pendant 5ans, de la réserve de l'armée territoriale pendant 6 ans (loi du27 juillet 1S78).

Mais les Français, peuvent seuls être admis; dans l'armée française, en principe. Il n'est fait exception, à cette règle que pour la composition de la légion étrangère et des corps, indigènes, tels que les régiments tonkinois ou sénégalais. Certains Français ne. peuvent à, aucun titre servir dans l'armée. Ce. Sont : 1° les individus condamnés à une peine afflictive et infamante; 2° ceux qui ont été condamnés, à deux ans de prison (ou à une peine plus élevée) et qui en. outre ont été placés sous, la surveillance de la haute police ou frappés de l'interdiction de domicile et interdits de droits, civiques, 

 
RECRUTEMENT DES JEUNES SOLDATS


TABLEAUX DE RECENSEMENT

Tous les ans, les maires de chaque canton dressent des listes comprenant tous les jeunes gens qui ont atteint l'âge de vingt ans révolus dans l'année précédente et qui sont domiciliés dans le canton. Ces listes sont établies d'après les registres de l'état civil, d'après la déclaration à laquelle sont tenus les jeunes gens, leurs parents et leurs tuteurs, et d'après tous autres documents et renseignements; elles constituent ce qu'on appelle les. tableaux de recensement.

Les tableaux de recensement sont publiés et affichés dans chaque commune deux dimanches de suite ; la dernière publication doit avoir lieu au plus tard le 15 janvier.
Sont considérés comme domiciliés dans le canton, et sont par suite inscrits sur le tableau de recensement cantonal :
1* Les jeunes gens célibataires dont le père, la mère ou le tuteur a son domicile dans une des communes du canton, — alors même que ces jeunes gens se seraient expatriés, engagés, établis au dehors, ou bien seraient émancipés ou auraient disparu sans qu'on sache s'ils sont vivants ou décédés ;

2° Les Jeunes gens mariés dont le père ou la mère, à défaut de père est domicilié dans le canton, à moins qu'ils ne soient eux-mêmes^ domiciliés dans un autre canton (auquel cas ils sont inscrits dans ce dernier canton) ;

3° Les jeunes gens nés et résidant dans le canton, qui n'ont ni père, ni mère, ni tuteur ;

4" Enfin les jeunes gens -résidant dans le canton et qui ne justifient pas de leur inscription sur les tableaux de recensement d'un autre canton
Lorsque des jeunes gens ont été omis dans les tableaux de recensement ou dans les tirages des années précédentes, ils sont inscrits sur les tableaux de recensement de la classe qui est appelée après la découverte de l'omission — à moins qu'ils n'aient trente ans accomplis à la clôture des tableaux. S'ils ont plus de trente ans ils ne sont soumis qu'aux obligations de la classe à laquelle ils appartiennent

 

La classe, en matière de recrutement, c'est l'ensemble des jeunes gens nés la même année; on est de la classe 1880,1881, 1882, etc., suivant qu'on a eu vingt ans accomplis dans le courant de l'année 1880, 1881, 1882, etc, car la majorité militaire précède la majorité civile : elle est fixée à 20 ans et non point à 21 ans.

LE TIRAGE AU SORT

: Le tirage au sort a lieu au chef-lieu de canton, publiquement, devant le sous-préfet assisté des maires du canton devant le préfet, dans l'arrondissement du chef-lieu du département). Dans les communes qui forment un ou plusieurs cantons (villes), le sous-préfet est assisté du maire de la commune et de ses adjoints. Dans les grandes villes divisées en plusieurs arrondissements (à Paris ,par exemple), le préfet ou son délégué (le secrétaire général de la préfecture), est assisté d'un officier municipal de chaque arrondissement.

Le tableau de recensement est lu à haute voix. S'il contient des inexactitudes, les jeunes gens intéressés, leurs parents, tuteur ou mandataire présentent leurs observations, et le sous-préfet statue immédiatement sur la question, après avoir pris l'avis des- maires ; s'il y a lieu, il fait rectifier le tableau.

Après l'examen du tableau de recensement il est procédé an tirage au sort. Et d'abord l'ordre dans lequel sont appelés les jeunes gens de chaque commune est réglé par le sort. Ainsi, les jeunes gens de telle commune, seront appelés en premier lieu, puis viendront ceux de telle autre commune, et ainsi de suite.

Avant l'opération du tirage, le sous-préfet inscrit en tète de la liste des noms des jeunes gens omis sur les tableaux de recensement, ou sur les listes de tirage, à la suite de manœuvres frauduleuses ainsi que les noms de ceux qui, à l'aide de manœuvres du même genre, se sont fait exempter ou dispenser du service militaire par un conseil de révision :. les premiers numéros leur sont attribués de droit. Cette inscription faite, le sous-préfet compte publiquement les numéros et les dépose dans l'urne, après s'être assuré que leur nombre est égal à celui des jeunes gens appelés à tirer, au sort, et que les premiers numéros attribués aux individus dont il vient d'être question ont été retirés. Les jeunes gens sont ensuite appelés dans l'ordre du tableau de recensement. Les jeunes gens qui ne se trouveraient pas pourvus de numéros sont inscrits à la suite avec des numéros supplémentaires ; ils tirent entre eux, mais seulement pour déterminer l'ordre suivant lequel ils doivent être inscrits.

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8 février 2012 3 08 /02 /février /2012 19:49

Un peu plus sur les restaurants par rapport à l'article des restaurants parisiens 1900

les bouillons existaient déjà.

 

 

Restaurants. — Choix immense. Les uns sont à la carte; les autres (généralement moins chers) sont « prix fixe.

Aux gourmets nous signalerons les maisons ci-après, réputées pour leur excellente cuisine et leur cave de choix, mais que nous ne recommanderons pas précisément aux bourses modestes.
Restaurant du Grand-Hôtel. — Véfour. — Les Frères Provençaux. — Maison Dorée, — Café Anglais.— Pétcrs. —Philippe, etc.

Quant aux établissements répondant aux besoins journaliers de la grande majorité du public c'est-à-dire les restaurants a prix fixe (dîners à 1 fr. 10, 1 fr. 40, t fr. 60, 2 fr. et au-dessus; déjeuners de 80 c. à 1 fr. 50) ou bien encore les restaurants à la carte affichant ù la porte le prix de chaque plat, on en trouve à peu près partout, mais principalement aux abord» du Palais-Royal, de la place du Châtelet, des boulevards de Sébastopol, Saint-Michel, etc.

DÉJEUNERS, 1 fr. 75 à 2 fr.
DÎNERS, 3 à 4 fr.

 

Les établissements de bouillon (maisons Duval et autres), installés aujourd'hui dans presque tous les quartiers, se recommandent surtout aux personnes désireuses de trouver au restaurant la cuisine de famille, tout en dépensant peu (potage, 20 c.
rosbif, gigot, poisson, etc., de 35 à 50 c. — Pour 1 fr. 50 c. on peut y faire un repas simple, mais sain). — Une carte qu'on reçoit à rentrée fait d'ailleurs connaître le prix de chaque consommation. On peut ne prendre qu'un bouillon, qu'un seul plat.

 


Les crémeries

, où l'on trouve, outre des potages (surtout au lait), quelques plats très-simples comme: oeufs, côtelettes, etc., sont une ressource pour les petites bourses; le plat : de 15 à 50 c. *

Les cafés, dont le nombre dépasse aujourd'hui 1,500, donnent généralement à déjeuner et à souper, mais pas à dîner. Le prix de ces repas est souvent plus élevé que dans les restaurants. Le service y est bien fait.

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28 décembre 2011 3 28 /12 /décembre /2011 19:45

SEINE-INFÉRIEURE .
5 ARRONDISSEMENTS. — 51 CANTONS.:.~- 759 'COMMUNES.


Journaux présents en 1884 à Rouen

L’Abeille rouennaise Bonapartiste.
L’AMI DES CAMPAGNES Non politique.
• l’ANNONCE NORMANDE moniteur de la propriété et du commerce.
La BATAILLE ÉLECTORALE .
La CHRONIQUE DE ROUEN . Journal des petites affiches de la ville.
La CLOCHE D'AUGENT . Politique, littéraire, commercial et artistique.

La FLÈCHE Illustré, humoristique et théâtral.
GAZETTE DE NORMANDIE. Royaliste.
GUIDE DE L'INDUSTRIEL (LE).

HYGIÈNE DE L'ENFANCE (L').
JOURNAL AGRICOLE ET HORTICOLE DE LA SEINE-INFERIEURE.
JOURNAL DE ROUEN. — Nuance gauche républicaine
JOURNAL DE SAINT-SEVER. . Organe de la rive gauche de Rouen.
LORGNETTE (LA).

 

MASQUE (LE), Théâtral, musical, fantaisiste
NOUVELLISTE De ROUEN (LE).
Fondé en 1830 par M. Rivoire dont le gendre, Ch. Lapierre, est directeur de ce
journal dans lequel ont été successivement absorbés le Courrier de Rouen, 1'Impérial, le Messager et la Normandie. Conservateur libéral, ce qui lui donne la grande influence dont il jouit dans le département; centre droit. Protectionniste. Donne une large part aux questions économiques. Ses lettres parisiennes et anglaises sont remarquées.
,PATRIOTE DE NORMANDIE (LE).
Conservateur monarchiste. Cherche, avant tout, à grouper tous les partis conservateurs sur le terrain du patriotisme. Fondé en 1882 par un groupe de personnalités
PETIT ROUENNAIS (LE). Républicain anticlérical. .' .

RABELAIS (LE).

• ROUEN ARTISTE. photographies des artistes du théâtre.

RÉPUBLICAIN DE ROUEN (LE). Organe radical socialiste.

■ SEMAINE RELIGIEUSE, (LA).Organe de l'archevêché.

UNION MÉDICALE de la Seine-Inférieure. .Journal de la Société de médecine de Rouen.

 

 

 

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28 décembre 2011 3 28 /12 /décembre /2011 19:03

fabrication des dragées fin 19 ème siècle

Préparation des dragées

La confiserie est répandue dans toutes grandes villes. Paris se place en premier lieu, puis Marseille, Bordeaux, Lyon, Rouen, Montpellier etc.…

Quelques villes avec des spécialités; Verdun et ses dragées, Bar-le-Duc pour ses confitures à la groseilles, Orléans pour sa gelée de coings, Clermont pour ses pâtes d’abricots, Montélimar pour ses nougats etc.….

Mais que trouve-t-on principalement comme gourmandises industrielles fin 19 ème siècle???

Des dragées

Des petites dragées appelées perles

Les sucres cuits

Pâtes et pastilles de gomme

sous forme de drops, tablettes, boules etc…, les noyaux sont formés par des fragment d’anis, de vermicelle etc.… et arrosé de sirop de sucre ou de liqueur.formées d’un noyau de sucre, soit des amandes,avelines, amis etc.., soit un fondant ou de la liqueur.

Pastilles à l’emporte pièce composées de sucre, de gomme adragante , des essences de menthes, orange, citron etc.

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26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 17:49

Le premier arrondissement est un quartier de luxe.

 

Il contient plus d'hôtels particuliers que de maisons de commerce. Cependant les carrossiers distingués, les marchands de chevaux occupent presque les alentours des Champs-Elysées.
C'est sur la place de la Concorde que se célèbrent les fêtes publiques; là sont toujours tirés de splendides feux d'artifice qui attirent une foule innombrable. Du reste, ce quartier, le plus beau de Paris et le plus riche en monuments remarquables, avec ses voies larges et nombreuses, se prête, admirablement à cette destination. Dans les Champs-Elysées s'élève le palais de l'Industrie, où va s'ouvrir l'Exposition universelle.

 

le deuxieme arrondissement

 

Dans la partie sud de cet arrondissement se trouve le Palais-Royal, autour duquel sont groupés les tailleurs qui vendent des effets tout confectionnés; puis la rue de Richelieu, où se trouvent les magasins de plumes et de fleurs de luxe; puis, en appuyant vers l'est, remontant la rue Louis-le-Grand, traversant le boulevard, on trouve tout le quartier de la Chaussée-d'Antin, séjour des grandes maisons de banque. Plus haut est un quartier encore neuf, bâti à la moderne, où résident les riches employés, et surtout cette population féminine à laquelle la rue Notre-Dame-de-Lorette a laissé un nom qui restera dans la langue française, toujours avide, dans son extrême délicatesse, d'expressions détournées ou allégoriques.


Sur le boulevard des Italiens, depuis le célèbre café Tortoni jusqu'au passage de l'Opéra, on rencontre avant midi et après trois heures et demie une foule de personnes qui se livrent à des transactions de Bourse, ou plutôt à des jeux sur la hausse et la baisse de la rente et des valeurs industrielles.. C'est ce qu'on appelle la Petite Bourse ou la Coulisse. Ces spéculateurs, jouant la plupart du temps sur des opérations fictives, se passent du ministère des agents de change. Ils ne sont plus, du reste, tolérés que dans la mesure du possible, il leur faut se cacher pour inscrire leurs marchés.

 


Le troisième arrondissement,

 

Dans la partie de cet arrondissement située sur le côté droit du boulevard Bonne-Nouvelle se trouvent les rues les plus commerçantes de Paris, surtout par rapport aux marchands en gros. La placé des Victoires et ses environs est habitée surtout par les marchands de châles ; dans les rues des Fossés-Montmartre et Neuve-Saint-Eustache sont les marchands de Soierie, de foulards et de broderies; dans la rue du Caire, les
fabricants de chapeaux de paille. C'est sur la place du Caire que l'on va chercher les cardeuses de matelas que l'on occupe à la journée. Quelques industries de tissus ou de petits châles, destinés surtout à l'exportation, se sont reléguées dans les rues étroites qui bordent ce quartier du côté du midi. Les marchands de cuirs occupent la rue Mauconseil et ses environs. Dans la rue du Sentier, dans la rue des Jeuneurs sont les grandes maisons de blanc de coton, calicots, percales, etc., les fabricants de tissus imprimés. Il faut citer la rue Montorgueil, centre du commerce d'huîtres, qui a pris à Paris un développement considérable depuis plusieurs années. Dans cette même rue, les dimanches et jours de fêtes, se tiennent les musiciens que l'on vient y engager pour aller les soirs jouer des contre-danses dans les bals publics. De l'autre côté du boulevard, on trouve, dans les rues du faubourg Poissonnière, du faubourg Saint-Denis, des Petites-Écuries, Martel, etc..., les faïenciers en gros et en détail.

 

Le quatrième arrondissement,

 

Il renferme toutes les halles
Nous avons peu de choses à dire des Halles, dont le nom seul parle et décrit mieux que nous ne saurions le faire. Elles ont été dernièrement reconstruites, et cet immense et magnifique travail n'est point encore achevé. Autour de la Halle aux blés sont les marchands grainetiers qui vendent en gros les légumes secs; la rue de la Poterie est presque tout entière consacrée à l'herboristerie. Ce quartier vient d'être transformé par le passage du prolongement de la rue de Rivoli. La partie nommée quartier des Bourdonnais, comprise entre la Seine et la rue Saint-honoré, est le centre du commerce en gros des toiles, coutils, étoffes pour habillements d'hommes, draperies, etc., etc. Sur la place Saint-Germain-L’auxerrois, sont les librairies d'occasion. Ces marchands sont vulgairement nommés bouquinistes ; du reste, leur commerce s'étend tout le long du cours de la Seine où l'on peut voir leurs livres étalés sur les parapets.


Le cinquième arrondissement, 


Sont réunis depuis un temps immémorial, les merciers en gros, les passementiers, les fabricants de plumes et de fleurs artificielles. Dans toute la partie, beaucoup plus considérable comme espace, située au-delà du boulevard, nous n'avons pas à signaler d'industrie particulière qui s'y soit fixée. Cependant, un assez grand nombre de forgerons, mécaniciens, constructeurs de machines, etc., ont leurs ateliers dans le haut du faubourg Saint-Martin. On pourrait signaler aussi les bords du canal comme habités par les mouleurs en plâtre, industrie devenue fort importante, et qui a choisi ce quartier pour être à proximité des fabricants de bronze dont ils reproduisent les modèles.


Le sixième arrondissement,

 

Dans cet arrondissement, depuis la Seine jusqu'aux boulevards, on trouve les fabricants de chapellerie, les doreurs, les ciseleurs et les cartonniers ; la tabletterie et le maroquinage se font sur un côté de la rue Saint-Martin et dans la rue aux Ours. Du reste, plus nous avançons de ce côté de Paris, plus la population s'entasse. Aux grandes fabriques succèdent des milliers d'ateliers particuliers pour mille articles divers. L'ouvrier travaille chez lui, et ses premiers apprentis sont ses enfants. La rue Saint-Martin est principalement le siège du commerce de rouennerie, c'est-à-dire les indiennes de Rouen , les cotonnades, etc., etc. Le boulevard du Temple est spécialement consacré aux théâtres, qui y sont au nombre de huit. Le faubourg du Temple, quoique très-populeux et habité en grande partie par des ouvriers, n'a point d'industrie qui lui soit particulière. C'est le chemin par lequel on monte à cette fameuse barrière de la Courtille. Nous avons réservé à dessein le marché du Temple (on dit vulgairement le Temple) pour le dernier, car, outre son importance comme mouvement commercial, il donne naissance à une foule d'établissements particuliers aux environs de son enceinte. Le marché du Temple était autrefois exclusivement consacré au trafic du vieux linge et des vieux habits. C'est là surtout que se rendait le consommateur peu aisé pour y trouver des marchandises d'occasion. Peu à peu les marchands du Temple se sont étudiés à réparer les articles qu'ils revendent pour leur donner de l'apparence, puis ils ont eu des marchandises neuves achetées par eux dans les ventes forcées, puis enfin des marchandises qu'ils se procurent en fabrique comme tous les autres marchands. Il faut bien dire que le marché du Temple n'est plus du tout ce qu'il était autrefois, à de très-rares exceptions près; il attire les consommateurs par sa vieille réputation, et ceux-ci sont le plus souvent étonnés de payer aussi cher et même plus cher dans ce bazar que chez les marchands ordinaires ; le Temple ne vit plus que de sa vieille réputation. Les plus modestes revendeurs négligent leur spécialité d'occasion et ne veulent plus vendre que du neuf ; ils y trouvent cet avantage que si l'acheteur est peu expérimenté, tout en croyant faire une économie il paye aussi cher qu'autre part des marchandises de qualité inférieure. Les modistes font aujourd'hui le principal commerce du Temple, et chez aucune d'elles on ne trouverait un chapeau qui ne. fût pas neuf. Cependant l'endroit dit la Rotonde, qui n'est qu'une
faible partie de ce marché , a conservé ses vieilles coutumes. Là se sont réfugiés les vêtements usés et hors de mode; les galons flétris, les uniformes anciens et surtout les morceaux d'étoffes diverses, telles que draps, mérinos, etc. ; c'est là ce qu'on appelle la spécialité du rassortiment. Ce commerce de hasard se faisait autrefois sous les piliers des halles, mais depuis les dernières démolitions, il s'est tout à fait réfugié dans le Temple.

Le septième arrondissement,

Entre les rues Saint-Martin et du Temple, sont les rues Chapon, Beaubourg et quelques autres dont toutes les maisons, de la cave au grenier, sont pleines de meubles et de boiseries d'occasion. C'est le Temple du mobilier et de la menuiserie. Il est vrai que là, comme au Temple, les revendeurs ont la prétention de s'élever jusqu'à la qualité d'ébénistes; ils commencent à vendre du neuf. Ce serait une singulière revue que celle de tous ces meubles vermoulus, de ces châssis vitrés, de ces cloisons entières entassés dans ce quartier. Un terrible incendie, qui a pris le nom d'incendie de la rue Beaubourg, a éclaté dans ce quartier, il y a environ un an, et dévoré quatre maisons en moins d'une nuit; sans l'énergie et le dévouement des pompiers et des citoyens, tout ce quartier pouvait disparaître dans cette catastrophe. Les batteurs d'or sont dans la rue Aumaire. Les fabricants de jouets d'enfants à 5 et 10 centimes, article que l'on désigne sous le nom de camelot, et qui est vendu au détail dans les rues par des marchands ambulants, logent dans ce quartier. Les cartonniers de luxe sont rue Molay et rue du Grand-Chantier. Enfin, des ateliers des produits désignés sous les noms d'article de Paris, de pacotille ou article d'exportation, sont répandus en quantité innombrable dans cet arrondissement ; la coutellerie, les nécessaires, les bijoux faux,etc., etc. Les fabricants de bronze occupent la rue Vieille-du-Temple

 

Le huitième arrondissement est un des plus vastes.

 

Sur le boulevard des Filles-du-Calvaire et le boulevard Beaumarchais sont établis les fabricants de chaises, de fauteuils et de meubles sculptés qui sont fort en usage aujourd'hui. La spécialité des marbres d'appartement se trouve aussi dans cette même voie. Il serait trop long de désigner les usines de tout genre que l'on trouve dans cet arrondissement. Cependant, les fabricants de meubles occupent tout le bas du faubourg Saint-Antoine; la chaudronnerie, la rue Louis-Philippe (ancienne rue de Lappe) ; les brasseries, le haut du faubourg; et, dans la rue de Reuilly et la rue de Charenton, sont les fabricants de papiers peints. La rue de la Roquette, qui conduit au cimetière du Père-Lachaise, est presqu'exclusivement occupée par des marbriers qui ont la spécialité des tombes et monuments funéraires. Sur le boulevard Bourdon se tient la foire aux jambons, et la foire aux pains d'épice, une fois par an se tient au rond-point de la barrière du Trône.

Le neuvième arrondissement,

 

Cet arrondissement ne renferme aucune industrie particulière. L'île Saint-Louis seule contient quelques vastes ateliers d'impression sur étoffes.

Le dixième arrondissement,


Dans cet arrondissement, il y a peu de commerce et d'industrie ; ce sont de vastes et riches hôtels habités par la haute noblesse ; le quai seul est le centre du commerce de la librairie classique.


Le onzième arrondissement,


Les fabricants d'instruments de chirurgie se sont naturellement groupés aux environs de l'École de Médecine. Les librairies spéciales et scientifiques, les cabinets de lecture et d'étude abondent dans ce quartier qui commence le pays latin.


Le douzième arrondissement,


C'est le pays latin par excellence ; les principaux lycées, les écoles préparatoires, l'École polytechnique, les institutions particulières y ont depuis longtemps leur place. Les étudiants abondent dans ce quartier; puis, par une bizarre anomalie, l'extrémité de ce quartier renferme la population la plus misérable de Paris ; dans la rue Mouffetard et aux environs de la rivière de Bièvre, sont des raffineries de sucres, des fabriques de
noir-animal, des ateliers de teinture, des tanneries et surtout des marchands de chiffons. Dans de vastes et horribles magasins viennent chaque soir et matin s'engouffrer les produits des laborieuses recherches des chiffonniers. Ces malheureux
occupent, dans ce pauvre quartier, des mansardes, des greniers, des caves, des soupentes, et vivent avec insouciance au milieu d'une épouvantable misère.

La banlieue de Paris. On désigne ainsi de véritables faubourgs qui, se fondant aux portes de la ville en dehors du premier mur d'enceinte, Sont devenus peu à peu de véritables villes dont quelques-unes renferment jusqu'à quarante mille âmes, et finissent par atteindre presque l'enceinte continue des fortifications de Paris : tels sont Batignolles, Montmartre, La Chapelle-Saint-Denis, La Villette, Belleville, etc..

 

Tiré de  : Véritable guide parisien pour les étrangers / par M. T. Faucon

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26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 07:50

 

 

 

 

ADMINISTRATION DES POSTES.1855

La Poste aux lettres est située rue J.-J.-Rousseau ; Cette institution remonte au roi Louis XI, et, comme dans cent autres occasions, on a voulu faire d'un but mesquin le point de départ d'un établissement utile ; on prétend qu'il ne créa la poste aux lettres que comme moyen de surprendre plus facilement les secrets des particuliers ; nous donnons cette conjecture pour ce qu'elle vaut.

Depuis 1848, le tarif des lettres a été fixé d'une manière uniforme, abstraction faite de la distance. Ce nouveau tarif a subi lui-même depuis son établissement plusieurs modifications, le voici tel qu'il est aujourd'hui en 1855:

Pour Paris, le prix d'un port de lettres est fixé à 15 centimes; mais l'expéditeur, s'il veut envoyer franc de port, ne paye que 40 centimes le timbre d'affranchissement. Pour la banlieue et les départements, le prix des lettres est de 30 centimes, non
affranchies, et de 20 centimes avec affranchissement. Il n'est plus besoin, comme autrefois, pour affranchir une lettre d'aller verser le montant du port et de la faire timbrer soit à l'administration générale, soit dans un des bureaux d'arrondissement ; on trouve, non-seulement dans tous ces bureaux mais encore chez tous les débitants (la plupart épiciers ou marchands de tabac) qui ont des boîtes dans les différents quartiers, des timbres d'affranchissements tout gommés, qu'il suffit de mouiller légèrement et de coller dans un coin de l'enveloppe,Puis on jette la lettre dans la première boîte venue. Il est vrai que lorsque l'on est en retard on fera bien, si cela est possible, de chercher un bureau d'arrondissement, on peut ainsi, pour quelques minutes d'avance, être compris dans une levée antérieure.

Les étrangers devront se munir de ces timbres d'affranchissements, qui sont vendus même par les facteurs ; car, depuis cette création, il n'est presque plus d'usage, dans l'intérieur de Paris surtout, d'envoyer une lettré non affranchie.

Les bureaux d'arrondissements reçoivent, de neuf à trois heures, les lettres recommandées et les envois d'argent à raison de 5 centimes par franc ; la lettre recommandée doit être présentée au bureau fermée de cinq cachets en cire pareils ;
c'est une précaution indispensable lorsque l'on expédie des papiers importants. Ces bureaux reçoivent aussi, au prix de 5 centimes (affranchies), les lettres circulaires, imprimées ou lithographiées, lettres de faire part de mort, de mariage, de baptême, circulaires commerciales, etc... L'expéditeur doit justifier au bureau de leur contenu, qui ne doit rien avoir de manuscrit.

Pour l'affranchissement des feuilles périodiques et des prospectus imprimés ou autres, les tarifs sont fixés suivant la nature de ces imprimés et selon la grandeur de la feuille. Il y a pour cela un bureau spécial à l'administration centrale, rue J.-J.-Rousseau. C'est là aussi qu'il faut s'adresser pour réclamer les lettres expédiées bureau restant et les lettres égarées.

Les dimanches et fêtes la dernière levée est à 2 heures au lieu de 5 heures.

 

 
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16 octobre 2011 7 16 /10 /octobre /2011 11:10

19 ème siècle

 

Il n'y a pas d’aubergistes, que des maîtres d'hôtel à Paris. Le maître d'hôtel parisien se tiendrait pour gravement insulté si quelque provincial malavisé s'oubliait jusqu'au point de l'appeler aubergiste

Pour rencontrer l'aubergiste, il faut donc, s'il vous plaît, grimper en diligence et sortir des barrières de Paris


Laissez-vous emporter au petit trot par les lourdes gondoles des messageries, allez toujours de relais en relais ne craignez pas de pousser trop loin il faut que le grand bruit de Paris meure à l'horizon, C'est dans une petite ville qu'il faut s'arrêter, une toute petite ville du Languedoc ou de la Normandie, sans prétention aucune, et qui aspire tout au plus aux honneurs administratifs de la justice de paix et du chef-lieu de canton.
Tantôt l'auberge hospitalière se tient aux limites extrêmes du bourg, afin d'accueillir plus tôt le voyageur fatigué, le roulier poudreux et son attelage, le colporteur et sa valise. le commis voyageur qui trotte sur son bidet en fredonnant une ariette d'opéra-eomique, le pâtre qui gagne la montagne avec son troupeau bêlant. C'est la vieille auberge qui a de vastes hangars, de profondes écuries, une cour ample et remplie de poules qui caquettent et de canards qui barbotent, de larges et chaudes étables, une immense cuisine pour salon, et de grandes chambres avec de grands lits.

Parfois, aussi, l'auberge est assise sur la grand’ place, tout à côté de la mairie, en face de l'église paroissiale. Cette auberge ne va pas au-devant des voyageurs ; elle attend, et on vient la chercher. Le préfet en tournée départementale et le conseil de révision la visitent les gros marchands qui battent le pays pour faire provision de foin, de blé, de bestiaux, de vin, de cidre,  la fréquentent volontiers. On y voit arriver aussi les Anglais dont la berline se brise sur la route comme au troisième acte d'une foule de mélodrames. Pour s'y trouver à l'aise, il suffit de se contenter de peu, et de payer ce peu assez cher.
Petit tour dans une auberge de campagne, on retrouve la profonde et haute cheminée où brûle un chêne, où toute la population du logis, pêle-mêle, bêtes et gens, se chauffe de compagnie. Le roulier avance ses larges mains à l'encontre du feu le chasseur laisse fumer ses guêtres humides sur les chenets de fer; le colporteur raconte quelque plaisante histoire d'amourette, et le petit commis voyageur en mercerie, rétribué à raison de 5 francs par jour, ne dédaigne pas de se livrer à quelque
réjouissante charge empruntée au répertoire d'un de ses illustres confrères de Paris. Un tournebroche gigantesque, tout chargé de volailles et de pièces de viande, fonctionne devant le feu les chiens clignent les yeux et dressent leurs pattes à côté de gros chats qui se pelotonnent et ronflent aux angles du foyer. Tout ce monde qui se rencontre là par hasard, et qui se séparera le lendemain, cause, rit, fume dans la bonne camaraderie du coin du feu. De gros jambons, d'épaisses tranches de lard pendent au plafond, jalonné de touffes de bruyère les murs, simplement recrépis
à la chaux, sont ornés de gravures coloriées Napoléon sur son cheval blanc

Le fusil de l'aubergiste, accroché au râtelier voisin, brille entre des carnassières, des fouets et des casseroles. La servante d'auberge, grande et forte fille aux bras rouges, aux joues rebondies, va et vient par la maison, agaçant celui-ci, souriant à celui-là, boudant cet autre, et pourchassée par le conducteur des messageries locales, lequel, en sa qualité d'habitué, jouit de toutes sortes de privilèges. Les palefreniers chantent dans l'écurie, les garçons courent et ravaudent, et dérangent tout sous prétexte, de mettre le logis en ordre. Le diner, les chambres, le service; se font au hasard personne ne s'en occupe et tout le monde s'en mêle; cependant, quand vient la nuit, il se trouve
que tout est fait sans que le garçon ait perdu un pourboire et la servante un baiser.
Au milieu de tout ce bruit, l'aubergiste se multiplie; il touche dans la main du voisin qui passe, apporte la provende au cheval du postillon, allume sa pipe au cigare du commis voyageur, verse un petit verre au garde-chasse, salue le gendarme qui entre, stimule sa femme qui gouverne la cuisine, gourmande la fille qui batifole dans la cour, jette une bûche au feu, découpe un jambon, monte de la cave au grenier, crie, appelle, répond, gronde, et se trouve encore le premier à la porte de
l'auberge lorsque le bruit du fouet retentit sur la route.

On ne saurait s'imaginer, à moins de l'avoir vu, quel homme c'est qu'un aubergiste dans les bourgs, les villages, les hameaux c'est le premier de l'endroit, la tête, le chef de la localité, la clef de voûte du pays s'il n'est pas maire, il passe avant le maire; il éclipse l'adjoint, marche de pair avec le brigadier de la gendarmerie et rivalise d'importance avec le juge de paix du canton. Les petits enfants le connaissent, les jeunes filles le considèrent, voire même le courtisent s'il est encore célibataire;
il est l'ami de tous les hommes, le camarade de tous les passants, la providence de tous les voyageurs. C’est bien plus a l'auberge qu'à l'hôtel de ville que se traitent les affaires de la commune; le greffier de la mairie enregistre les décisions prises par le conseil municipal, réuni en séance autour de quelques pots de vin, chez l'aubergiste. L'aubergiste n'est rien, mais il délibère et vote mieux que personne, il sait ce qui se passe au chef-lieu monsieur le préfet a mangé de sa cuisine les conducteurs de diligences, les gendarmes en mission, les routiers de passage lui racontent ce qui se fait hors des frontières du village.
L'aubergiste est le parrain-né des enfants du pays, le témoin de tous les époux, comme il a été le
prétendant de toutes les filles. Demandez plutôt à la mariée qui rougit sous son
voile blanc. Si les corporations veulent s'égayer et prendre du bon temps, la grande salle de l'auberge apprête ses chaises et ses bancs, et la basse-cour se dépeuple en même temps que la cave se vide. Quand vient le dimanche, les ménétriers avec leurs violons, leurs hautbois, leurs tambourins, grimpent sur l'échafaudage de tonneaux qui leur sert d'orchestre, et appellent à grand bruit la population villageoise au bal champêtre de l'auberge.


Tout le village passe devant sa porte le matin le berger qui vend le lait de son troupeau, la fermière qui accourt comme Perrette avec son panier d'œufs frais sous le bras, le braconnier qui, pendant la nuit, a maraudé le gibier du parc voisin, le jardinier qui cueille tout exprès ses plus beaux fruits pour lui, le maraîcher avec son âne chargé de légumes verts. Et puis, que deviendrait la population ouvrière des charrons, des taillandiers, des forgerons, s'il ne lui donnait la pratique des rouliers
et des voituriers qui fréquentent le pays? N'est-ce pas chez lui qu'arrive le seul journal qu'on lise dans l'endroit?
L'auberge est, avec l'église, le seul bâtiment qui donne de la physionomie au village.
L'auberge est le club du village; On questionne le voyageur qui s'arrête pour dîner, et il dit volontiers où il va et d'où il vient. On est indiscret comme on est confiant. Tandis qu'on parle, on fume et on boit, en attendant l'heure du dîner; à mesure que les voyageurs arrivent, on ajoute quelques couverts à la table, un gigot à la broche, on élargit le cercle qui s'arrondit autour de l'âtre lumineux, et il se forme là d'étranges relations entre les gens qui passent et les gens qui restent.

L’aubergiste mène bonne et joyeuse vie, et amasse une fortune assez ronde. Fortune, dans ce cas, ne veut pas dire million, elle n'est pas dans les campagnes ce qu'elle est à Paris. Mais, petit à petit, il arrondit le champ paternel il achète un troupeau dans la montagne, une métairie dans la plaine, il
établit ses garçons, dote ses filles et prend du bon temps sur ses vieux jours.

L'aubergiste est un personnage historique dont l'origine se perd dans la nuit des temps. Remontez aussi haut que vous le voudrez dans les annales du monde, et vous trouverez des aubergistes. Lorsque Esaü vendait à son frère Jacob son droit d'aînesse pour un plat de lentilles, Jacob faisait le métier d'aubergiste; il donnait à manger à celui qui avait faim et en exigeait un salaire. Cependant, voici que l'industrie vient de déclarer la guerre aux aubergistes les chemins de fer sont les ennemis-nés des auberges, et, partant, des aubergistes; avec les chemins de fer, ainsi que l'a dit un
spirituel écrivain on ne voyage plus, on marche, et les aubergistes ne vivent pas de ceux qui marchent, mais bien de ceux qui s'arrêtent. Il y aura toujours des hôtels, mais des auberges?
Amédée ACHARD

Texte 1840

 

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30 septembre 2011 5 30 /09 /septembre /2011 18:35

Une petite visite à bord

 

Le clipper, la Normandie, situé dans le port du Havre qui était en partance pour Rio-de-Janeiro, et sur lequel nos places étaient retenues, se balançait sur ses ancres comme un cheval qui piaffe avant de partir. C'était un fin navire, à l'immense voilure, qui devait fendre l'eau Mieux que pas un. Mon mari me demanda si je désirais le visiter avant notre départ, qui était fixé au lendemain matin. J'y consentis et montai avec lui l'escalier-échelle que tous les navires posent à leurs flancs, quand ils sont en rade. Sur la dunette, se tenaient les officiers du bord, qui vinrent nous saluer, et l'un d'eux s'offrit à nous faire visiter la Normandie dans tous ses détails.
En effet, il ne nous fit grâce de rien ;depuis la dunette, avec ses immenses cages à poules, pleines de volailles de toute espèce, jusqu'à l'avant du navire, où l'équipage dort au milieu de singes, de perroquets et d'oiseaux de toute espèce ; depuis l'office, avec ses longues files de tasses, de verres et d'assiettes, si bien aménagé, que le plus petit espace est utilisé; jusqu'au roufle, jusqu'à rentre-pont même, nous vîmes tout, et ce que je considérai le plus attentivement, ce fut la chambre, c'est-à-dire ce qui devait être désormais pour moi le salon,la salle à manger, le cabinet de travail.
Quant à notre cabine, lorsque je vis ces deux cadres superposés, dont un petit matelas-de 60 centimètres de largeur, posé sur une planche entre deux autres planches, formait tout le coucher, je pensai qu'il devait être impossible d'y reposer jamais, et je ne me trompais guère. Une vache était installée dans un compartiment de l'avant, des moutons étaient déjà parqués dans la grande chaloupe de sauvetage placée sur le roufle; des gigots et des jambons pendaient aux cordages ; l'office et les armoires étaient bourrés de conserves de toute sorte. Les canots, amarrés aux deux côtés du navire, s'emplissaient de légumes et de fruits, que les paysans apportaient nous rassurât sur la question alimentaire

 

si intéressé pour lire la suite

Titre : Une parisienne au Brésil / Mme Toussaint-Samson

Auteur : Toussaint, Adèle (1826-1911)

Éditeur : P. Ollendorff (Paris)

Date d'édition : 1883

 

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18 septembre 2011 7 18 /09 /septembre /2011 15:47


La Bellevilloise fut fondée en 1877 par 20 ouvriers dont 18 mécaniciens employés dans les maisons Cornély et Barriquand.
Voici les noms de ces précurseurs auxquels la Coopération bellevilloise doit son superbe mouvement.
Christophe (Benoît), Dutard (Jules), Gallet (Aristide), Lecomte (Jean-Baptiste),
Martel, cordonnier, Vandenaker (Amédée), Thierry (Adolphe), Petit (Christophe),
Masson (Alexandre), ' Vauthier (Gustave), cordonnier, Macé,Schaaf, Poupet, Gougeon, Edaine,Millard (Auguste),  
Ils s'installèrent au n° 16 de la rue Henri-Chevreau. Ceci fut fait à peu de frais et le travail fut effectué gracieusement par les nouveaux associés. Il devait en être ainsi, car l'apport se composait d'une centaine de francs péniblement amassés
Le local de répartition n'ouvrait que le soir, et seulement deux fois par semaine, une fois la journée de travail terminée à l'atelier; car il ne fallait pas songer à rétribuer un employé
avec les maigres ressources dont disposaient les nouveaux associés. leurs actes; elle a été Aucun travail important, aucune transformation n'ont été décidés sans que les ressources nécessaires n'existent.


L'ouverture de la répartition eut lieu le 21 janvier 1877 moyennant un loyer de 225 francs par an.
La première commande, comprenant les marchandises que l'on allait vendre, était composée de la sorte :
2 pièces de vin rouge; .
15 kil. d'huile;
25 litres de lentilles;
25 litres de haricots;
25 litres haricots boulots;
1/2 caisse de macaroni;
1/2 caisse de vermicelle.
C'est avec ces quelques produits qu'allait s'ouvrir la société La Bellevilloise qui devait, par la suite, faire 5 millions d'affaires par an, posséder plusieurs immeubles et près de 800.000 francs de capital collectif, près de 200 employés occupés d'une façon permanente.  

Le matériel fut fourni gracieusement par les coopérateurs : un pupitre, des balances et des poids; la vente fut, pour la première journée, de 111 fr. 90; le 23 janvier de 35 fr. 60,
Les cotisations comprenaient les versements faits hebdomadairement par les coopérateurs pour composer un capital formant le fonds de roulement. Les premiers paiements
furent : Sacs en papier Liqueurs Boîte à café  

Devant ce premier résultat le Conseil d'administration qui se réunissait seulement le mercredi, décidait d'augmenter le nombre des articles en magasin; il achète : 3 briques de savon;
6 douzaines de saucisses; 3 kil. de saucisson de Lorraine; 4 kil. de riz; 2 vessies de saindoux;
2 jambons; 6 paquets de bougies. Enfin, les ménagères allaient pouvoir trouver à la Coopé-
rative un peu plus de denrées nécessaires à leurs besoins journaliers.

Succès inespéré, 100 francs de plus de recette que la semaine précédente. Les articles d'alimentation furent augmentés comme nombre et d'une façon continue; les semaines sui-
vantes devaient voir progresser le chiffre d'affaires.

Les camarades du « Sou de la candidature ouvrière », qui s'étaient intéressés à la Société naissante, étaient d'avis de réserver tous les bénéfices résultant des opérations, à la pro-
pagande  politique, afin de conquérir des sièges électoraux. Les administrateurs, par contre, étaient d'avis de ristourner aux sociétaires le trop-perçu, sentant instinctivement que
c'était là une condition nécessaire de succès.

Le 24 octobre 1878, les statuts de la Société furent légalisés et elle eut enfin une constitution légale. L'action était fixée à 50 francs, sans intérêt.



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