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21 novembre 2010 7 21 /11 /novembre /2010 11:57

 

 

J’étais loin d’imaginer que le mouchoir en papier était né au début de 1900

Remarques lors des inspections de Madame Jeanne Girard dans les écoles parisiennes de 1905 à 1908


Au cours de mes inspections, j'ai été attristée par lo spectacle, trop fréquent, d'enfants qui ne se mouchent pas.
Il y avait là, pour le personnel, un motif de répugnance qui pouvait lui faire détester l'école maternelle, ou tout au moins lui inspirer une véritable antipathie pour les enfants.

Ceci était un côté de la question; il y en avait un autre qui me préoccupait aussi.
L'enfant qui n'a pas do mouchoir et qui sait qu'il sera réprimandé, fait, comme il lo peut, disparaître le corps du délit;... bref, il l'absorbe, et l'estomac devient ainsi le réceptacle de véritables poisons, de matières qui sont des véhicules de la tuberculose.

Il m'a paru urgent d'obvier à des inconvénients aussi graves, quoique de nature différente, pour le personnel et pour les enfants.

Essai des mouchoirs en papier.

J'écrivis donc au docteur Calmette, directeur de l'Institut Pasteur de Lille, qui a imaginé des mouchoirs en papier. Il me mil en rapport avec son fabricant
et je tentai l'expérience dans deux écoles, avec l'autorisation de mon administration.

Voici comment je conseillai l'emploi du dit mouchoir Un enfant n'a pas de mouchoir, il a besoin de se moucher; on lui remet un mouchoir en papier; il s'en sert et le jette bien roulé dans un seau qui contient une solution antiseptique.


La question de dépense n'est pas négligeable dans les écoles où la population est nombreuse, dans les villes qui ont beaucoup d'écoles. Les mouchoirs reviennent à un sou la douzaine; mais on pourrait les avoir à meilleur marché en en prenant beaucoup. Calcul fait, quelques douzaines suffiraient dans une école de 300 enfants.


Si on obtenait des ressources suffisantes des municipalités ou des œuvres scolaires, pourquoi ne supprimerait-on pas le mouchoir de linge?

Les débuts du mouchoir en papier dit « hygiénique » était né.

 

 

 

 

 

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21 novembre 2010 7 21 /11 /novembre /2010 08:02

Avant de crier dans les rues « du mouron pour les p’tits oiseaux! »

Les mouronniers partent de bonne heure, car ils ont généralement de longues courses à faire ;

Suivons Monsieur B..., dit « le Marquis »

Il est 5 heures du matin, rue des Bateliers, à Clichy
Il habite dans une grande maison en briques à quatre étages contenant seulement de petits logements ouvriers et donnant sur une grande cour.

B...,prépare sa petite charrette à bras ; il garnit la lanterne, se munit de quelques toiles utiles à la cueillette, puis il va détacher un gros bouledogue, son compagnon de travail, qui doit l'aider à traîner la carriole
Passant par Asnières, il rencontre beaucoup de charrettes de chiffonniers qui
se dirigent au grand trot vers leurs places de chiffonnage ; ce sont les chiffonniers d'Asnières et de Gennevilliers, « les gros C... », comme les appellent leurs confrères moins fortunés.
Il déambule maintenant en pleine campagne et traverse le plateau de Sartrouville, d'où la vue domine au loin la plaine. Arrivé à Achères, il approche du terrain de récolte; il est midi passé. Avant de travailler ,il s’ installe alors sur l'herbe, à l'ombre d'un petit bois ; les provisions sont déposées sur une nappe improvisée avec un vieux sac, il mange un peu avant de se remettre en route pour gagner, à 2 ou 3 kilomètres de là, les champs où pousse le beau mouron.

Ces champs mirifiques où le mouron est à faucher, sont situés dans la zone d'épandage des eaux d'égout; grâce à la fertilité qu'elles provoquent et aussi à leur température qui en hiver réchauffe la terre, le mouron pousse à foison, et lorsque le mouronnier peut arriver avant que les sarcleurs dits les massacreurs (soit les gardes-champêtres) l'aient enlevé, c'est pour lui la bonne fortune, la grosse récolte sur place en une heure ou deux. L'opération, fort simple, consiste à arracher la petite herbe par un coup de doigt spécial qui vise à obtenir la touffe entière. Il faut ensuite faire la botte ; quand la quantité de mouron réunie dans la main forme une grosse poignée, on la lie avec un petit lien formé d'une paille arrachée à un vieux tapis, et c'est tout.


Au bout d'une heure et demie , une centaine de bottes sont dans la charrette , il reprend le chemin du retour, avec son fidèle bouledogue qui tire sa vieille carriole.

Le mouron est entreposé ensuite sur un vieux sommier couvert d'une toile métallique pour le conserver du soir au matin et l'arroser afin de le maintenir frais.

Il faudra, du reste, toute la journée du lendemain à B…., notre mouronnier pour écouler sa marchandise. La concurrence est rude, on doit céder un certain nombre de bottes à 5 centimes, et le bénéfice total s'en trouve abaissé.
Il a un certain nombre de clients auquel il vend la botte deux sous à titre de bonnes pratiques; puis, lorsqu'il a servi toute sa clientèle, il écoule ce qui lui reste au rabais, à des marchandes de journaux revendeuses ou même aux halles.

Texte remanié, tiré d’un livre de sciences sociales 1909

 

 

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20 novembre 2010 6 20 /11 /novembre /2010 18:13
L'hygiène de la rue! Voilà bien le dernier endroit que
l'on assainisse, et c'est là pourtant que se passe la plus
grande partie de l'existence pour les enfants du peuple.
Sans compter les petits enfants pourvus de nourrices ou
dé «bonnes », qui fréquentent les trottoirs durant des après-
midi entières, et se fouettent la poussière à la figure en
jouant au sabot, lorsqu'ils ne s'en barbouillent pas, en
faisant des pâtés.

Or, cette poussière-là, voici comment elle est préparée.
Le matin, de très grand matin, après que les balayeurs
sont venus racler les trottoirs à grand bruit, Messieurs les
chiffonniers arrivent. Les ordures de toutes sortes, nocives
ou non, se trouvent accumulées dans des boîtes en fer
blanc, dans les poubelles, qui auraient été un progrès sur
le «tas» classique, si les chiffonniers l'avaient permis.
Mais les chiffonniers ne le permettent pas. Avec l'autori-
sation, .chèrement achetée, de la Ville de Paris, ils se sai-
sissent des boîtes à ordures, les vident sur le trottoir, en
souillent les pierres, jettent au ruisseau des débris sans
nombre, déposent même au coin de certaines rues un
entrepôt de chiffons sales ; puis ils rejettent tant bien que
mal, — plutôt mal que bien —, ce qui leur a déplu, dans
les boîtes dont le tombereau municipal fera ensuite la.
récolte.

Et tout-à-1'heure, sur ce même trottoir, les gens passe-
ront, s'engluant dans les ordures éparpillées, les enfants
joueront, absorbant ce qu'une industrie aussi pernicieusa
qu'autorisée vient de semer sur toutes les voies de toutela
ville. Heureux, si Messieurs les chiffonniers n'ont pas,
comme je l'ai vu dans maint quartier populaire, abandonné
quelque haillon dont les marmots s'emparent pour faire
un drapeau, ou quelque sale boite en tôle dont ils font un
tambour ou un verre à boire.

Ce n'est pas tout; sur ce trottoir sali, les laitiers, les
porteuses de pain déposent, pendant leurs causeries mati-
nales, le lait que les enfants boivent, le petit pain du
premier déjeuner ou le grand pain des repas principaux.
Sur la table de famille, les aliments essentiels arriveront
après contact avec les dalles où les ramasseurs de chiffons
prenaient leurs ébats.

Enfin, la communication faite à 1! Académie de Médecine,
en octobre dernier, par le professeur Ghantemesse et
M. Borel, a péremptoirement démontré comment, les
mouches sont le véhicule des germes pathogéniques, et

nous charrient à domicile lès vibrions du choléra et les
bacilles de la fièvre typhoïde. Qu'une épidémie éclate : et
les.mouches, sorties de ce ruisseau, posées sur ces trottoirs
que vous avez laissé contaminer, tout-à-l'heure dissémi-
neront partout les microbes nocifs.

Est-ce pour voir durer un tel état de choses, que nous
payons à la ville de Paris une taxe énorme, sous prétexte
d'enlèvement des ordures ménagères 1 Payée par nous, et
grassement, la ville se fait payer par des industriels qui
achètent le droit de nuire à nos enfants comme, à nous, et
plus qu'à nous? Cette situation est-elle tôlérable ? et que
font messieurs les conseillers municipaux, dont nous som-
mes les électeurs, et messieurs les fonctionnaires, que nos
impôts rétribuent ? Pourquoi, sans vouloir anéantir une
industrie lucrative, ne donne-t-on pas aux chiffonniers
le droit d'aller faire leur triage dans les usines où l'on broie
les ordures ? Il est telle de ces usines,, dirigée par un ingé-
nieur, qui gagne 40 francs par wagon de niatière traitée.
Ces gains énormes justifieraient amplement qu'on impo-
sât aux usiniers qui en profitent, l'introduction, chez eux,
des chiffonniers, qui procéderaient ainsi à l'aise, au triage,
sans nuire à la santé publique. Il importe que cesse un état
de choses, vraiment honteux pour Paris. L'enlèvement im-
médiat des ordures, en peu de temps, sans aucune inter-
vention que celle des employés municipaux, à heure fixe,
et dans des tombereaux clos et couverts, voilà l'unique so-
lution. C'est celle que j'ai vu appliquer à l'étranger.

Et pour que l'on ne me taxe pas d'exagération, je finis en
citant la lettre que m'adressait, comme suite à sa commu-
nication, le professeur Chantemesse lui-même, inspec-
teur, comme on sait, des services de l'hygiène publique
au Ministère de l'Intérieur :

. « Monsieur,

« Vous m'avez fait l'honneur de m'écrire au sujet de deux
« questions qui intéressent l'hygiène urbaine de Paris. Sur
« chacune d'elles, je suis tout-à-fait de votre avis.

« Il y a quelques mois, un Congrès d'hygiène et de salubrité
« de l'habitation s'est tenu à Paris. Il s'est terminé, comme la
« plupart des Congrès, par un banquet. Je me trouvais assis
« auprès du délégué de la ville de Berlin. Je lui ai demandé, au
« dessert, non pas ce qu'il avait trouvé de mieux, mais ce qu'il
« avait trouvé de plus mal dans l'hygiène urbaine de Paris.

« Il m'a dit. franchement que ce qui l'avait choqué le plus était
« notre mode d'enlèvement des ordures ménagères. A Berlin ce
« service est beaucoup mieux organisé et il se fait à l'aide de
« tombereaux clos hermétiquement.

« Si vous me demandez, monsieur, à quel moment une sanction
« favorable interviendra, je vous dirai que sa rapide venue
« dépend à mon sens d'un mouvement de l'opinion publique
« bien renseignée par la Presse... »

22 Octobre 1905,

Article tirée de la France illustrée / Gallica
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20 novembre 2010 6 20 /11 /novembre /2010 18:11

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