Jeudi 2 juin 2011 4 02 /06 /Juin /2011 18:52

Les normands du dix-huitième siècle  ne risquaient pas de mourir de faim,  jusqu'à six repas, trois à la viande.

Aux repas pris dans les champs, l'aliment le  plus ordinaire est la bouillie de sarrasin; quelquefois, dans ces immenses plaines de froment, dans ces mers ondoyantes d'épis dorés, la curiosité vous arrête devant une famille ou maisonnée de vingt, trente personnes,
assises sur des escabeaux autour d'un grand bassin plein de cette bouillie, où chacun trempe la cuiller qu'il a auparavant graissée légèrement dans le pot au beurre, placé au milieu. 

Et le pain! De quelle couleur est-il?
Je vous assure que tous les jours il blanchit, et que de plus en plus il s'approche du pain chanoine ; c'est ainsi qu'on y nomme le pain blanc.
Dans toutes ces campagnes, vous verriez sur de larges tablettes de grands pots
de graisse de rognon de bœuf salé, poivré, avec laquelle on assaisonne l'antique soupe aux choux.
Leurs vêtements
Les hommes sont vêtus d'excellent gros drap de laine à côtes de fil, larges chausses de
Louis XII. Les femmes portent le Hénin de Jeanne d'Arc, ce haut clocher de toile et de dentelle; la capette ou antique parure des princesses capétiennes ,serre leur taille et flotte au-dessus de leur, large jupe écarlate.
Leurs  maisons;

Elles sont en général aujourd'hui bien bâties, et toujours de plus en plus grand nombre couvertes de belles tuiles ; elles restent de plus en plus chaumières, à mesure qu'elles s'approchent de la mer; près du littoral, elles ne consistent plus qu'en un rez - de - chaussée dépavé, grenier au-dessus.

Leurs  mobiliers
le grand lit à quatre quenouilles pour le père, la mère ; la grande table, les deux grands
bancs, les bancs-selles, les selles, les escabeaux, le dressoir, les ustensiles de cuivre ou d'étain, le grand pot à trois pieds, le grand plat, la grande gamelle des champs.

 

Les ouvriers

 Je vais vous faire connaître la domesticité de ce pays en ce qu'elle a de particulier
et d'exemplaire. J'aime bien que là, outre le salaire, le maître donne à ses domestiques des vêtements, des souliers,  j'aime surtout qu'on les intéresse aux profits éventuels de la maison, en les gratifiant de vingt, trente sous, à la vente d'un cheval, d'un bœuf, d'un tonneau de cidre. Les valets et les gens de travail y sont d'ailleurs, comme dans tout le Nord, couverts d'une blouse bleue ; il y a de particulier que les bergers le sont d'une blouse blanche.

                 * 

Dans la riche et industrieuse Normandie, la bêche ne se montre guère hors des jardins. Les champs sont labourés avec des chevaux, des bœufs.

Les bœufs sont les doubles des chevaux, c'est-à-dire que, lorsque les chevaux sont fatigués, on laboure avec les bœufs ; quelquefois on attelle ensemble les uns et les autres.
la richesse agricole de la Normandie et du bien-être des populations au dix-huitième
siècle

Dans les cinq départements normands sur 800,000 hectares de prés et pacages sont nourris 600,000 vaches, 200,000 bœufs, un million de moutons, 300,000 chevaux.

Les vaches cotentines donnent 100 kilos de beurre par an, et dans certaines fermes, on vend
pour 28, tonnes de beurre.


Dans toutes ces campagnes, vous verriez sur de larges tablettes de grands pots de graisse de rognon de boeuf salé, poivré, avec laquelle on assaisonne l'antique soupe aux choux.

Les villages de la Normandie ont conservé l'ancien usage porté par leurs pères en Angleterre, celui du couvre-feu que la cloche de la paroisse sonne encore à neuf heures du soir sous le nom de retraite.

On parle des fréries, des nombreuses maisonnées ,tous fils, petits-fils ou descendants du même père. Il y a mieux dans cette province : il y a des hameaux habités par d'antiques parentés, dont toutes les familles portent le même nom : je citerai celui de la Grousserie, où tous les habitants sont Le Mounier; celui de la Hénardière, où tous les habitants sont Hénards; celui de la Gomondière, où tous les habitants sont Gomonds. Quand quelqu'un part, il va prendre congé dans toutes les maisons ; quand il arrive, il est embrassé à toutes les portes. Chez ces bons villageois normands, vous passez dans certains cantons où, comme chez les anciens, tous les âges, tous les sexes se tutoient.
la vente des énormes bœufs dont tel parc, je cite celui de Saint-Léonard, en renferme jusqu'à trois cents têtes, qu'on ne vous donnerait peut-être pas pour deux cent mille francs.

Mais sans doute vous voulez savoir ce qui produit le miraculeux engraissement de cette innombrable multitude de boeufs gras, arrivés si maigres du Limousin ou du Poitou. Le voici : au printemps, plantureux pâturages et forte ration de farine de grains mélangés ; en automne, plantureux pâturages de regains, même farine, même ration.



Par ancetres-metiers-conditions.over-blog.com - Publié dans : régions de France
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