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16 mars 2012 5 16 /03 /mars /2012 17:47

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L'exposition d'hygiène infantile, avec sa curieuse collection d'appareils en usage dans le passé et dans le présent pour l'éducation des enfants en bas âge, a vivement intéressé le public.
En effet, aussi loin que l'on remonte par la tradition, on voit le nouveau-né, non point seulement garanti contre les intempéries du monde extérieur, mais presque garrotté, comme un petit malfaiteur dans des vêtements qui l'immobilisent. Nos pères pensaient que faute de maintenir solidement les jambes dans l'extension par des liens serrés et les bras allongés le long du corps, l'enfant deviendrait contrefait. C'est ce qui a donné naissance à l'emmaillotage avec bandes, que l'on rencontre encore dans beaucoup de pays.

Cette nécessité a donné naissance dans quelques-unes de nos provinces à des pratiques regrettables. Les gravures qui accompagnent ces lignes sont destinées à montrer la composition quelquefois élémentaire des appareils qui les permettaient. C'est ainsi que, dans le pays basque, l'enfant était souvent placé dans un sac de toile
qu'on accrochait au mur comme un paquet. Dans la Vienne même, on se contentait d'une ceinture passée sous les bras du nourrisson. Dans la Gironde, le procède était plus barbare encore. Apres avoir creusé le tronc d'un arbre et en avoir garni le fond de paille ou de chinons, on y laissait l'enfant. Le poids du corps pesait alors sur les jambes et sur les bras, faisant ainsi remonter les épaules et amenant la déformation de la poitrine.' En Normandie, le tronc d'arbre était remplacé par une gaine d'osier tressé; en avançant davantage dans l'ouest on eût pu découvrir des sortes de clayonnages en boudins de paille ourlés avec des écorces de ronces. Dans la Touraine régnait un autre instrument de torture, un chevalet sur lequel l'enfant étendu et rangé de manière à ne pouvoir remuer le tronc, était astreint à une immobilité qui portait le plus grand préjudice à sa croissance.

Ainsi les nourrices de la campagne, obligées quelquefois de veiller sur d'antres enfants, de faire leur ménage, de laver ou de raccommoder les hardes de la famille, L'enfant criait d'abord, puis, sans force, épuisé 'par les efforts qu'il avait faits pour se délivrer et par ses cris, il s'endormait. Bien que peu a peu ces coutumes coupables s'éteignent, elles subsistent encore sur certaines parties de la France. Beaucoup de ceux qui les pratiquent font ainsi le mal sans y songer, par ignorance. D'autres s'y abandonnent par pauvreté.

Les premiers mois sont maintenant passés. L'enfant se développe. et devient assez vigoureux pour marcher. Si l'on ne peut s'attacher a ses pas, que fera-t-on pour le guider dans ses efforts?
Parmi les engins imaginés pour suppléer à de tels soins, les glissières et les tourniquets sont assez généralement en usage.

On emploie encore beaucoup les glissières dans le Languedoc, l'Yonne, le nord de la France. C'est sans doute dans ces appareils que le petit chariot à roulettes, aujourd'hui connu de tout le monde, a trouvé son origine. Le tourniquet est plus simple et tout différent. l'enfant joue le rôle d'un cheval de manège. Il lui suffit du moindre effort pour faire pivoter l'engin qui d'ailleurs est très mobile.


Article de Jean Guérin en 1890

 

 

 



 

 

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