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26 février 2012 7 26 /02 /février /2012 11:57

Main d’œuvre dans les fermes de L'Ile-de-France. 1909

Les grandes fermes à culture intensive occupent un personnel nombreux. Dans une ferme de 223 hectares, par exemple, ayant 60 hectares en betteraves, 80 hectares en blé, 40 en avoine, 25 en luzerne, et travaillant ses betteraves dans la petite distillerie annexée à la ferme, l'on compte comme personnel :

1 commis, 1 chauffeur-mécanicien, 1 charron-forgeron, 1 berger, 2 charretiers, 6 à 8 bouviers, 2 garçons de ferme, 6 hommes employés au battage. Enfin de mai à novembre, une équipe de 20 à 25 Belges pour le binage des betteraves, la moisson, l'arrachage des betteraves. La main-d’œuvre dans une telle exploitation représente de 50 à 60.000 francs de dépenses par an.

Bouviers et charretiers sont payés 100 francs par mois ; ils ont, en outre, un certain nombre de gratifications qui augmentent leurs salaires d'environ 100 francs par an. Ils reçoivent la soupe à midi, c'est-à-dire qu'ils trouvent à la ferme un bouillon préparé avec de la graisse et des légumes frais.
Le berger reçoit 120 francs par mois, il est logé dans une maison particulière, reçoit des gratifications de diverses sortes par agneau amené au sevrage, par mouton vendu, etc.
Mais le plus grand nombre des ouvriers de ces fermes font les travaux à la tâche, et sont payés en conséquence. Ils travaillent du reste, en général, beaucoup dans ces conditions. Voici des salaires de travaux à la tâche que je prends dans la comptabilité d'un des fermiers le plus justement connu et apprécié de la Brie, M. A. Brandin, de Galande.

Des Belges occupés aux travaux des binages de la betterave ont pu se faire des journées de 7 francs pour ce genre de travail; Des journées de 13 fr. 75 pendant la moisson; Des journées de 5 fr. 30 pendant l'arrachage des betteraves; Des journées de 3 fr. 50 à 4 fr. 50 pendant les battages (hiver, été).

Le salaire journalier des plus faibles, par contre, ne serait que de 3 francs par jour.

Rares sont les ouvriers agricoles du pays même ; en Brie, par exemple, les villages sont occupés par de petits commerçants par des jardiniers, des fleuristes, des ouvriers d'art ; mais des hommes-du pays s'en allant travailler dans les fermes sont l'exception : les charretiers et les bouviers, on les recrutait et on les recrute encore parmi les habitants du Morvan. De là le nom de Morvandiaux donné souvent aux bouviers.

Quant aux ouvriers qui font les travaux des betteraves, ou moissons, ce sont des Bretons ou des Belges. .

Voici ce que dit de l'ouvrier flamand, émigrant en France pour les travaux de la culture, M. Blanchard : « Le Frenchman, comme l'appellent ses compatriotes, part au printemps. Son bagage est simple : un bissac bleu en toile à matelas, contenant les vêtements de travail, le linge; à la main, il tient la faucille piquée dans un bouchon de liège ; sur la tête une casquette plate. Il y en a de tous les âges entre quinze et soixante ans. Les premiers s'en vont au milieu de mars : ils montaient à 27.200 dans la première quinzaine de mai. Pour les betteraves ,Il atteignait le maximum de 40.176 à l'époque de la moisson, dans les -quinze derniers jours de juillet. C'est vers le 15 novembre que la plupart reparaissent chez eux après six mois d'absence. Ils apportent de 300 à 500 francs, férocement économisés sur leur gain.

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Published by ancetres-metiers-conditions.over-blog.com - dans métiers
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