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26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 17:49

Le premier arrondissement est un quartier de luxe.

 

Il contient plus d'hôtels particuliers que de maisons de commerce. Cependant les carrossiers distingués, les marchands de chevaux occupent presque les alentours des Champs-Elysées.
C'est sur la place de la Concorde que se célèbrent les fêtes publiques; là sont toujours tirés de splendides feux d'artifice qui attirent une foule innombrable. Du reste, ce quartier, le plus beau de Paris et le plus riche en monuments remarquables, avec ses voies larges et nombreuses, se prête, admirablement à cette destination. Dans les Champs-Elysées s'élève le palais de l'Industrie, où va s'ouvrir l'Exposition universelle.

 

le deuxieme arrondissement

 

Dans la partie sud de cet arrondissement se trouve le Palais-Royal, autour duquel sont groupés les tailleurs qui vendent des effets tout confectionnés; puis la rue de Richelieu, où se trouvent les magasins de plumes et de fleurs de luxe; puis, en appuyant vers l'est, remontant la rue Louis-le-Grand, traversant le boulevard, on trouve tout le quartier de la Chaussée-d'Antin, séjour des grandes maisons de banque. Plus haut est un quartier encore neuf, bâti à la moderne, où résident les riches employés, et surtout cette population féminine à laquelle la rue Notre-Dame-de-Lorette a laissé un nom qui restera dans la langue française, toujours avide, dans son extrême délicatesse, d'expressions détournées ou allégoriques.


Sur le boulevard des Italiens, depuis le célèbre café Tortoni jusqu'au passage de l'Opéra, on rencontre avant midi et après trois heures et demie une foule de personnes qui se livrent à des transactions de Bourse, ou plutôt à des jeux sur la hausse et la baisse de la rente et des valeurs industrielles.. C'est ce qu'on appelle la Petite Bourse ou la Coulisse. Ces spéculateurs, jouant la plupart du temps sur des opérations fictives, se passent du ministère des agents de change. Ils ne sont plus, du reste, tolérés que dans la mesure du possible, il leur faut se cacher pour inscrire leurs marchés.

 


Le troisième arrondissement,

 

Dans la partie de cet arrondissement située sur le côté droit du boulevard Bonne-Nouvelle se trouvent les rues les plus commerçantes de Paris, surtout par rapport aux marchands en gros. La placé des Victoires et ses environs est habitée surtout par les marchands de châles ; dans les rues des Fossés-Montmartre et Neuve-Saint-Eustache sont les marchands de Soierie, de foulards et de broderies; dans la rue du Caire, les
fabricants de chapeaux de paille. C'est sur la place du Caire que l'on va chercher les cardeuses de matelas que l'on occupe à la journée. Quelques industries de tissus ou de petits châles, destinés surtout à l'exportation, se sont reléguées dans les rues étroites qui bordent ce quartier du côté du midi. Les marchands de cuirs occupent la rue Mauconseil et ses environs. Dans la rue du Sentier, dans la rue des Jeuneurs sont les grandes maisons de blanc de coton, calicots, percales, etc., les fabricants de tissus imprimés. Il faut citer la rue Montorgueil, centre du commerce d'huîtres, qui a pris à Paris un développement considérable depuis plusieurs années. Dans cette même rue, les dimanches et jours de fêtes, se tiennent les musiciens que l'on vient y engager pour aller les soirs jouer des contre-danses dans les bals publics. De l'autre côté du boulevard, on trouve, dans les rues du faubourg Poissonnière, du faubourg Saint-Denis, des Petites-Écuries, Martel, etc..., les faïenciers en gros et en détail.

 

Le quatrième arrondissement,

 

Il renferme toutes les halles
Nous avons peu de choses à dire des Halles, dont le nom seul parle et décrit mieux que nous ne saurions le faire. Elles ont été dernièrement reconstruites, et cet immense et magnifique travail n'est point encore achevé. Autour de la Halle aux blés sont les marchands grainetiers qui vendent en gros les légumes secs; la rue de la Poterie est presque tout entière consacrée à l'herboristerie. Ce quartier vient d'être transformé par le passage du prolongement de la rue de Rivoli. La partie nommée quartier des Bourdonnais, comprise entre la Seine et la rue Saint-honoré, est le centre du commerce en gros des toiles, coutils, étoffes pour habillements d'hommes, draperies, etc., etc. Sur la place Saint-Germain-L’auxerrois, sont les librairies d'occasion. Ces marchands sont vulgairement nommés bouquinistes ; du reste, leur commerce s'étend tout le long du cours de la Seine où l'on peut voir leurs livres étalés sur les parapets.


Le cinquième arrondissement, 


Sont réunis depuis un temps immémorial, les merciers en gros, les passementiers, les fabricants de plumes et de fleurs artificielles. Dans toute la partie, beaucoup plus considérable comme espace, située au-delà du boulevard, nous n'avons pas à signaler d'industrie particulière qui s'y soit fixée. Cependant, un assez grand nombre de forgerons, mécaniciens, constructeurs de machines, etc., ont leurs ateliers dans le haut du faubourg Saint-Martin. On pourrait signaler aussi les bords du canal comme habités par les mouleurs en plâtre, industrie devenue fort importante, et qui a choisi ce quartier pour être à proximité des fabricants de bronze dont ils reproduisent les modèles.


Le sixième arrondissement,

 

Dans cet arrondissement, depuis la Seine jusqu'aux boulevards, on trouve les fabricants de chapellerie, les doreurs, les ciseleurs et les cartonniers ; la tabletterie et le maroquinage se font sur un côté de la rue Saint-Martin et dans la rue aux Ours. Du reste, plus nous avançons de ce côté de Paris, plus la population s'entasse. Aux grandes fabriques succèdent des milliers d'ateliers particuliers pour mille articles divers. L'ouvrier travaille chez lui, et ses premiers apprentis sont ses enfants. La rue Saint-Martin est principalement le siège du commerce de rouennerie, c'est-à-dire les indiennes de Rouen , les cotonnades, etc., etc. Le boulevard du Temple est spécialement consacré aux théâtres, qui y sont au nombre de huit. Le faubourg du Temple, quoique très-populeux et habité en grande partie par des ouvriers, n'a point d'industrie qui lui soit particulière. C'est le chemin par lequel on monte à cette fameuse barrière de la Courtille. Nous avons réservé à dessein le marché du Temple (on dit vulgairement le Temple) pour le dernier, car, outre son importance comme mouvement commercial, il donne naissance à une foule d'établissements particuliers aux environs de son enceinte. Le marché du Temple était autrefois exclusivement consacré au trafic du vieux linge et des vieux habits. C'est là surtout que se rendait le consommateur peu aisé pour y trouver des marchandises d'occasion. Peu à peu les marchands du Temple se sont étudiés à réparer les articles qu'ils revendent pour leur donner de l'apparence, puis ils ont eu des marchandises neuves achetées par eux dans les ventes forcées, puis enfin des marchandises qu'ils se procurent en fabrique comme tous les autres marchands. Il faut bien dire que le marché du Temple n'est plus du tout ce qu'il était autrefois, à de très-rares exceptions près; il attire les consommateurs par sa vieille réputation, et ceux-ci sont le plus souvent étonnés de payer aussi cher et même plus cher dans ce bazar que chez les marchands ordinaires ; le Temple ne vit plus que de sa vieille réputation. Les plus modestes revendeurs négligent leur spécialité d'occasion et ne veulent plus vendre que du neuf ; ils y trouvent cet avantage que si l'acheteur est peu expérimenté, tout en croyant faire une économie il paye aussi cher qu'autre part des marchandises de qualité inférieure. Les modistes font aujourd'hui le principal commerce du Temple, et chez aucune d'elles on ne trouverait un chapeau qui ne. fût pas neuf. Cependant l'endroit dit la Rotonde, qui n'est qu'une
faible partie de ce marché , a conservé ses vieilles coutumes. Là se sont réfugiés les vêtements usés et hors de mode; les galons flétris, les uniformes anciens et surtout les morceaux d'étoffes diverses, telles que draps, mérinos, etc. ; c'est là ce qu'on appelle la spécialité du rassortiment. Ce commerce de hasard se faisait autrefois sous les piliers des halles, mais depuis les dernières démolitions, il s'est tout à fait réfugié dans le Temple.

Le septième arrondissement,

Entre les rues Saint-Martin et du Temple, sont les rues Chapon, Beaubourg et quelques autres dont toutes les maisons, de la cave au grenier, sont pleines de meubles et de boiseries d'occasion. C'est le Temple du mobilier et de la menuiserie. Il est vrai que là, comme au Temple, les revendeurs ont la prétention de s'élever jusqu'à la qualité d'ébénistes; ils commencent à vendre du neuf. Ce serait une singulière revue que celle de tous ces meubles vermoulus, de ces châssis vitrés, de ces cloisons entières entassés dans ce quartier. Un terrible incendie, qui a pris le nom d'incendie de la rue Beaubourg, a éclaté dans ce quartier, il y a environ un an, et dévoré quatre maisons en moins d'une nuit; sans l'énergie et le dévouement des pompiers et des citoyens, tout ce quartier pouvait disparaître dans cette catastrophe. Les batteurs d'or sont dans la rue Aumaire. Les fabricants de jouets d'enfants à 5 et 10 centimes, article que l'on désigne sous le nom de camelot, et qui est vendu au détail dans les rues par des marchands ambulants, logent dans ce quartier. Les cartonniers de luxe sont rue Molay et rue du Grand-Chantier. Enfin, des ateliers des produits désignés sous les noms d'article de Paris, de pacotille ou article d'exportation, sont répandus en quantité innombrable dans cet arrondissement ; la coutellerie, les nécessaires, les bijoux faux,etc., etc. Les fabricants de bronze occupent la rue Vieille-du-Temple

 

Le huitième arrondissement est un des plus vastes.

 

Sur le boulevard des Filles-du-Calvaire et le boulevard Beaumarchais sont établis les fabricants de chaises, de fauteuils et de meubles sculptés qui sont fort en usage aujourd'hui. La spécialité des marbres d'appartement se trouve aussi dans cette même voie. Il serait trop long de désigner les usines de tout genre que l'on trouve dans cet arrondissement. Cependant, les fabricants de meubles occupent tout le bas du faubourg Saint-Antoine; la chaudronnerie, la rue Louis-Philippe (ancienne rue de Lappe) ; les brasseries, le haut du faubourg; et, dans la rue de Reuilly et la rue de Charenton, sont les fabricants de papiers peints. La rue de la Roquette, qui conduit au cimetière du Père-Lachaise, est presqu'exclusivement occupée par des marbriers qui ont la spécialité des tombes et monuments funéraires. Sur le boulevard Bourdon se tient la foire aux jambons, et la foire aux pains d'épice, une fois par an se tient au rond-point de la barrière du Trône.

Le neuvième arrondissement,

 

Cet arrondissement ne renferme aucune industrie particulière. L'île Saint-Louis seule contient quelques vastes ateliers d'impression sur étoffes.

Le dixième arrondissement,


Dans cet arrondissement, il y a peu de commerce et d'industrie ; ce sont de vastes et riches hôtels habités par la haute noblesse ; le quai seul est le centre du commerce de la librairie classique.


Le onzième arrondissement,


Les fabricants d'instruments de chirurgie se sont naturellement groupés aux environs de l'École de Médecine. Les librairies spéciales et scientifiques, les cabinets de lecture et d'étude abondent dans ce quartier qui commence le pays latin.


Le douzième arrondissement,


C'est le pays latin par excellence ; les principaux lycées, les écoles préparatoires, l'École polytechnique, les institutions particulières y ont depuis longtemps leur place. Les étudiants abondent dans ce quartier; puis, par une bizarre anomalie, l'extrémité de ce quartier renferme la population la plus misérable de Paris ; dans la rue Mouffetard et aux environs de la rivière de Bièvre, sont des raffineries de sucres, des fabriques de
noir-animal, des ateliers de teinture, des tanneries et surtout des marchands de chiffons. Dans de vastes et horribles magasins viennent chaque soir et matin s'engouffrer les produits des laborieuses recherches des chiffonniers. Ces malheureux
occupent, dans ce pauvre quartier, des mansardes, des greniers, des caves, des soupentes, et vivent avec insouciance au milieu d'une épouvantable misère.

La banlieue de Paris. On désigne ainsi de véritables faubourgs qui, se fondant aux portes de la ville en dehors du premier mur d'enceinte, Sont devenus peu à peu de véritables villes dont quelques-unes renferment jusqu'à quarante mille âmes, et finissent par atteindre presque l'enceinte continue des fortifications de Paris : tels sont Batignolles, Montmartre, La Chapelle-Saint-Denis, La Villette, Belleville, etc..

 

Tiré de  : Véritable guide parisien pour les étrangers / par M. T. Faucon

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Published by ancetres-metiers-conditions.over-blog.com - dans 1800-1900
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MChristine Carta 29/11/2011 14:09

magnifique cette description du Paris de cette époque !

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