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6 septembre 2012 4 06 /09 /septembre /2012 19:28

petit texte de G.T. de 1895 ... et rien ne change pour l'offre et la demande et les biais pour vendre moins cher ou faire croire que !!

 

Tous les ans, vers le début de l'année, l’école professionnelle de Coiffure organise un vaste concours de professeurs et d'élèves suivi d'une distribution de prix, et terminé par un bal où figureront les « patientes » dont les artistes auront, une heure durant, orné la fête à grand renfort de coups de peigne.

Ces petites fêtes sont fréquentes et ne se ;limitent pas à l’École professionnelle de Coiffure. A l'heure actuelle, il n'y a pas à Paris moins de quatre associations capillaires qui luttent, pour la prééminence. Ce qui fait croître et. multiplier ces corporations, ce ne sont pas les barbes à 30 centimes et les coupes de cheveux à 50, c'est l'industrie du postiche. Qui saura jamais combien de crânes en France implorent, une végétation artificielle Qui saura surtout par quels procédés mystérieux les chasseurs de chevelures se, procurent, leurs dépouilles?

Voici à cet égard quelques renseignements j’ai puisé à bonne source. On sait que les cheveux se vendent au gramme et varient, de valeur suivant leur finesse, leur longueur et leur nuance: Dans l'ordre de rareté, se placent d'abord les châtains et les blonds, puis les bruns, les rouges, les gris et les blancs. Ces derniers sont .presque introuvables et atteignent, des prix fantastiques ; Toutes les femmes n'atteignent pas l'âge où les cheveux se revêtent d'une auréole argentée ; Rares sont les doyennes qui consentent à flirter avec les ciseaux du tondeur. El pourtant, il faut beaucoup de cheveux blancs aux posticheurs, les calvities de la dernière heure étant des plus fréquentes. Alors on a. recours à la chimie, on décolore au moyen de l'eau oxygénée des cheveux quelconques, on les blanchit quand
même; mais on ne les argente pas, hélas! ils conservent une nuance bleuâtre à laquelle les vrais connaisseurs ne se tromperont jamais. Récemment on a introduit dans l'industrie et des crins de chèvre du Tibet, qui sont d'une le finesse excessive et prêtent à l'illusion parfaites mais ils sont courts cl cassent facilement. La France, d'après l'avis des principaux négociants spécialistes, est un pays épuisé : «
"Nous n'y trouvons plus, disent-ils, de grandes longueurs. Il n'y a guère plus que la Corrèze et la Savoie où nous rencontrions encore des chevelures noires et longues; Nous sommes donc obligés de nous adresser à la Suisse, à la Belgique et à l'Allemagne. l'industrie française en emploie 100 environ. Chacun d'eux a sous ses ordres six coupeurs qui gravitent autour de lui et vont battre les villages et les formes, faisant leurs offres aux campagnardes. Ces dernières consentaient jadis au marché pour un colifichet, un objet, de toilette quelconque. Depuis les chemins de fer, elles sont devenues plus exigeantes et il faut les payer en beaux deniers comptants. Un coupeur abat en moyenne deux à trois chevelures par jour, el les paye de 2 à 10 francs. If faut cinq petites chevelures pour obtenir 1 kilogramme de marchandise.
Tout, cela forme ce qu'on appelle les cheveux de taille, avec lesquels se fabriquent des postiches très chers. Les neuf dixièmes des fausses nattes et des perruques se recrutent dans le cheveu du chute. Où se trouve-l.-il, celui-là? Dans la boite du chiffonnier or. Sans le chiffonnier, il serait impossible de faire face à la consommation des faux cheveux en France. C'est lui qui ramasse soigneusement ces petites mèches que toute femme retire de son démêloir après s'être coiffée. Les femmes s'en débarrassent volontiers en les jetant, et elles oublient ou elles ignorent, que ces cheveux reviendront sur leur tête après avoir passé par la boîte à ordures de la maison ou la hotte du « biffin ».
dans la ville de Paris, le peigne retire tous les jours plus de 50 kilogrammes de cheveux sur les têtes féminines. Tout cela s'amasse chez les maîtres chiffonniers, qui en donnent de 4 francs ;la livre.

Pour nettoyer la marchandise, on la roule dans de la sciure de bois, on en relire ainsi la
boue, la poussière, la graisse et toutes les autres immondices. On procède ensuite au démêlage, qui s'opère à l'aide de cardes assez semblables à celles dont, on se sert pour carder la laine.
Encore un instant., et on livrera aux coquettes ces jolies nattes, ces frisons séducteurs, que leur coiffeur leur vendra avec un sourire « comme un article hors ligne, comme une. occasion à prendre….

 

tiré du "Le Petit Français illustré. Journal des écoliers et des écolières" de 1895

 

 

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