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Publié par ancetres-metiers-conditions.over-blog.com

Roses, muguet, lilas violette, réséda, orchidées, jacinthes, fleur d'oranger etc… Cultures Paris et banlieue


Au dix-neuvième siècle : Paris, de la fin de mai à novembre, peut vivre et s'orner de lui-même de novembre à mai, quand souffle la bise, il a recours à la Provence, qui, par des transports rapides et des facilités récentes, met la fleur d'hiver à la portée du plus grand nombre.


De là, dans l'alimentation florale de Paris, des catégories, des spécialités et deux grandes sources « la culture de pleine terre dans Paris et ses environs, pour Paris « même», et la culture sous verre dans le même rayon. 
Les deux cultures correspondent à deux classes d'horticulteurs.
Les uns s'adressent à tout le monde, et opèrent avec des moyens restreints, alimentant
les Halles, les marchés et la rue; les autres ont de véritables exploitations et ne s'adressent qu'au haut commerce de la fleur.


Le plus grand nombre sont en permanence de père en fils dans la Seine et Seine-et-Oise, dans un périmètre qui a pour limites Pierrefitte au Nord, Versailles et Chevreuse à l'Ouest, Neuilly-sur-Marne et Brie-Comte-Robert à l'est, et au sud Sceaux et Bourg-la-Reine.
Dans l'enceinte même de la fortification, à Montrouge, à Vanves, à la Glacière, à l'avenue de Châtillon et à Grenelle, on force les rosiers, dont on va demander les plantes aux grands
horticulteurs de pleine terre de Brie-Comte-Robert, de Bourg-la-Reine et d'Ivry. Paris encore, au quartier Picpus, a la spécialité de la giroflée parisienne la quarteronne. Versailles a les azalées, comme Vincennes et Montreuil-sous-Bois Le lilas forcé vient de Vitry-sur-Seine, de
Montrouge et de Montreuil, centre très diligent, d'une activité extrême, qui cumule ferme, approvisionnant aussi Paris de camélias, de gardénias, de narcisses des poètes, de jacinthes, d'hortensias et de cyclamens, pendant que la Montreuil, la pêche unique au monde, fleurit lentement, se noue et se colore. Dès que ce fruit donne en plein, toute la population abandonne la fleur et savoure à la Montreuil, qui l'enrichit et la distingue.


Il faut distinguer entre le chauffé et le forcé; le chauffé ne fait qu'activer et avancer la floraison de la plante, le forcé dit tout par son nom même il violente la plante, il l'exaspère elle donne sa fleur, mais elle meurt presque toujours de son effort; et c'est ainsi que le produit ne peut guère aller qu'aux riches, en raison du prix de la production.

L'opération du forçage, qui joue un rôle si considérable aujourd'hui et qui est si répandue, est entrée dans la production courante. La découverte est française, elle date du commencement
du dix-huitième siècle, elle est due à un nommé Mathieu, horticulteur à Belleville, autrefois le pays des lilas. Si l'industrie est parisienne, elle n'est pas pour notre ville un monopole, encore que son lilas soit le plus recherché et qu'on l'exporte très loin ; mais il est entendu que cette
étude volontairement légère se limite à la fleur à Paris et laisse en dehors les grands centres horticoles de la France.
Le centre de la production du lilas est Vitry-sur-Seine dans cette seule commune, un espace de deux cent soixante hectares est consacré à la culture des plantes nécessaires au forçage. Ces plantes ne fleurissent qu'entre la cinquième et la huitième année 
C'est le lilas vulgaire, le lilas de Marly, à fleur vineuse, qui est le plus propice au forçage. 


Le Forçage des Roses

De tout temps on a forcé la rose et l'effort est moins grand que pour le lilas,
Le client parisien qui-peut aspirer à la fleur forcée n'apprécie guère que la grosse rose il la lui faut à tout prix, elle coûte cher à produire, mais on la vend plus cher encore. On place facilement une rose à cinq francs la pièce. (20 euros en 2020 avec la conversion 1901)
 
Le Muguet

Le muguet a pris un développement énorme et constitue à lui seul une industrie féconde.

Sa culture est très facile, on en abuse pour arriver le premier sur le marché de Paris, on livre
à la consommation des brindilles blanches trop précoces et qui n'aboutissent point.

Le muguet forcé n'est pas le muguet naturel de nos bois ; c'est une espèce cultivée qui nous vient de Berlin et d'Erfurt, grand centre floral de l'Allemagne.


Le Cyclamen vient de Versailles et de Sarcelles

La violette de Parme, qui éveille une idée d'élégance, nous est fournie l'hiver par Bourg-la-Reine, où on la cultive sous châssis vitré. 

Les Bulbeuses  Jacinthes, tulipes, crocus ou narcisses,
Les grands centres de production sont Ivry et Montrouge, auxquels la Bretagne, qui les cultive dans de grandes proportions, vient disputer la clientèle sur le marché parisiens.

Le Réséda

On n'ignore pas que la parisienne est folle du réséda; elle se montre même sensuelle pour son parfum subtil. 

A Paris, la conquête de l'orchidée est faite, et le problème de la possession et de la jouissance pour tous, ou du moins pour un grand nombre, est désormais résolu.

Les orchidées

Les serres d'orchidées à Versailles, à Paris et au Vésinet 
Il y aura toujours des prix excessifs pour certaines variétés d'orchidées cinq cents francs le pied n'est pas une exception rare la fantaisie s'en mêle avec la concurrence, et il y a aussi de
hautes curiosités et des espèces qui restent très exigeantes au point de vue de la culture.

Fleur des Fiancées

Paris a une spécialité rare : à toute époque de l'année, une vierge parisienne qui marche à l'autel peut se couronner  de fleurs d'oranger fraîches cueillies quelques heures avant, à l'arbre même, en plein faubourg de Charonne. Quarante années auparavant, un horticulteur avait eu par héritage un lot superbe de jeunes orangers bien vivants, bien soignés et florifères on estimait chaque pied, au prix d'alors, à un millier de francs. (4000 euros) Les orangers ont vieilli et prospéré. Chacun des arbres donne une rente trois fois supérieure au capital de son estimation. Personne n'avait cru à la possibilité d'avoir en tout temps à Paris la fleur d'oranger cueillie à l'arbre même l'horticulteur parisien a résolu le problème de forcer la fleur selon la saison et de la retarder suivant l'occurrence.
La fleur d'oranger du Midi arrive à Paris facilement et coûte très bon marché, mais elle a reçu le baiser de la bise, elle est terne et devient vite grisâtre.

Malgré toutes les sources qui alimentent Paris par le Paris même, la grande ville, de la fin de novembre au mois de mai, ne pourrait point se suffire sans Le Midi.

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