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Publié par ancetres-metiers-conditions.over-blog.com

Profession difficile et en lisant cet article, du changement ?? après 75 ans ....
Je ne suis pas infirmière, mais si vous voulez commenter , je serais contente de vous lire, car cela m'a vraiment interpellée !

Salaire 1946 : 39000 francs par mois : soit après conversion en euros actuel : 3365 euros

 

Le voile blanc ! Les jeunes filles qui le coiffent pour la première fois ont-elles bien mesuré toutes les responsabilités qui les attendent ? Une tache magnifique est devant elles : auxiliaires du médecin elles auront dans l’œuvre de guérison une part différente, mais au moins aussi grande que la sienne. A elles d’observer le cycle des symptômes entre deux visites ; à elles d’alerter le praticien si l’évolution prend un tour imprévu ; à elles de savoir faire accepter tel soin douloureux, telle opération nécessaire ; à elles de faire régner le calme et l’harmonie dans une salle de souffrants prêts à s’énerver.

Ainsi, l’infirmière circule, de lit en lit, veillant à tout et ayant pour chacun un mot de réconfort, une gronderie affectueuse ou un soupire Hélas ! derrière son optimisme généreux se cache trop souvent une immense lassitude : c’est ce métier, dans les conditions où il s’exerce depuis des années, est devenu épuisan.t! A tel point qu’un grand nombre d’agents des services hospitaliers meurt prématurément, avant ou dans les cinq ans qui suivent la retraite.


Il y a à cela maintes raisons.
Les décrets-lois Daladier et, plus tard, le régime Pétain ont fait table rase du statut de la profession. Dans les hôpitaux qui emploient pourtant un nombreux personnel féminin, pas de crèche, pas de garderie le plus souvent. Alors que les assurances sociales accordent
douze semaines de congé-maternité, l’infirmière n’a droit qu’à huit semaines.
Sauf dans les services de radio, elle n'a pu obtenir la ration de travailleur de force ; elle est sous-alimentée pour deux raisons : pas assez de tickets et pas assez d’argent 
Avec la sous-alimentation, le surmenage. La raréfaction de produits essentiels : alcool, éther, Dakin, autrefois largement employés à des désinfections rapides, complique les manipulations. De même, le manque de linge et le manque de produits d’entretien.
Il y a donc de plus en plus de travail... et de moins en moins de personnel, car la maladie taille des coupes sombres dans les rangs rendus plus vulnérables par les restrictions et la fatigue. A Trousseau, où je suis allée ce matin, sur 400 agents, plus du quart est immobilisé pour raison de santé. Et il n’y a pas de remplaçants / Mais le service se fait quand même. Quand on a
choisi pour mission de soigner les malades, le service est fait toujours à tout prix. 
Ne nous étonnons donc pas que le recrutement se fasse difficilement. Il faut pour devenir infir
mière, un bon niveau d’instruction générale, des qualités morales nombreuses, une résistance physique à toute épreuve, plus deux ans d’internat à l’école des ou deux ans d’exercice pratique auquel se joignent des cours théoriques. 
Il y a là une sérieuse formation professionnelle.
il y a quelques mois encore, la jeune diplômée recevait un traitement de 39.000 francs par an
M. François Billoux, alors ministre de la Santé publique, justement inquiet de l’avenir de la fonction hospitalière, entreprit de la revaloriser. Grâce à son intervention, des augmentations furent obtenues, augmentations insuffisantes encore, mais M. Billoux dut composer avec l’opposition de M. Pleven, ministre des Finances.
Un fait demeure : l’Assistance publique ne reconstituera les cadres qu’à condition de disposer de crédits suffisants.
Les conditions du travail féminin doivent être améliorées, afin de permettre aux femmes de remplir à la fois leur rôle de citoyenne travailleuse et leur vocation de mère ;
il faut créer en grand nombre : chambres d’allaitement, crèches, garderies d’enfants après la classe.


 

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