Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Le blog du passé

Métiers, salaires, conditions de vie , vêtements, alimentation etc. au cours de ce passé riche de découvertes ! Top 1 des mes articles lus : le certificat d'études, l'école, les bébés Top 2 les logements et salaires Top 3 les métiers N'hésitez pas à me laisser des commentaires, je répondrais avec joie

Papier fabriqué grâce à la plante alfa en Algérie fin 19 ème siècle

Histoire du papier 
Nombres de livres fabriqués avec les récoltes d’Algérie, je ne savais pas.
Il y a encore des sociétés qui en fabrique à ce jour en Afrique du Nord

.
L'histoire de l’alfa.


 Les paysans des provinces espagnoles de Murcie et d’Alicante utilisaient, depuis des siècles,
une graminée sauvage qui abondait sur les plateaux de ces régions et qu’ils appelaient esparto.
Ils savaient fabriquer, avec ses feuilles, de multiples objets : des nattes,des paniers, des chapeaux, des espadrilles. , elle était connue à Marseille pour cette modeste utilisation : les oranges d’Espagne lui parvenaient dans de grossières nattes d’esparto.
Et nous trouvons là l’étymologie de ce terme français : la sparterie, qui n’englobait, à l’origine, que les objets tressés d'esparto, puis leur ajoute ceux qui sont fabriqués avec des fibres de palmier et d’autres essences.


Un brevet en 1848 pour un beau papier

Un papetier écossais, Thomas Routledge, s'avisa que la plante pouvait fournir en abondance
des fibres de nature à remplacer le chiffon, employé presque exclusivement, jusqu’alors, dans la fabrique du beau papier, matière première dont les prix augmentaient rapidement.
Après cinq années de brevet tombé dans le domaine public, il put révéler son secret : il avait mis au point un procédé pratique pour traiter les fibres de la plante et les transformer en pâte à papier.
Succès aussi rapide : les commandes d'esparto paper affluèrent aussitôt à l’usine de Routledge, et les grandes papeteries du Royaume-Uni lui achetèrent des licences.
Durant les cinq années qui suivirent la naissance de la nouvelle industrie, les demandes d'esparto augmentèrent par bonds prodigieux. Et l’angoissante question se posa : les plateaux espagnols pourraient-ils satisfaire les besoins longtemps encore ?...

L’Algérie vers 1860

Seconde découverte : connue de l’Afrique du Nord sous le nom d’alfa, « l’herbe à papier » couvrait des étendues quasi illimitées Ce fut une aubaine pour la colonie 
En 1870, l’exportation montait déjà à 42.000 tonnes. Dix ans plus tard, elle avait presque doublé, avec 80.000 tonnes. 
La guerre 14 18 a freiné, mais en 1923 : 213.181 tonnes, représentant une valeur de 85.273.000 francs.
Pour l’année 1933,  la Grande-Bretagne a importé 263.000 tonnes d’alfa brut, provenant surtout de l’Afrique du Nord française, et qui correspondent à une production d’environ 180.000 tonnes de papiers d’alfa de diverses catégories.
M. Louis Colas, que l'on peut considérer comme l’un des pères de l’industrie française du papier d’alfa, retourne presque chaque année inspecter  la vaste concession et les centres d’exploitation qui, dans l’extrême Sud de l’Algérie, ont été accordées à la société l'Alfa, 
A la  fin de l’hiver jusqu’aux approches de l’été, le sol se couvre d’herbes persistantes qui assurent, pendant la période de la récolte de l’alfa (soit de septembre à mars), l’alimentation des troupeaux de moutons des nomades, que la transhumance entraînera plus tard vers d’autres régions, à la recherche de nouveaux pâturages. 

 

la récolte

La mise en balles

Le domaine de cette plante est très étendue : rien que pour l’Algérie, on a évalué à quatre millions d’hectares, auxquels s’ajoutent le Maroc et  la Tunisie, d’ailleurs beaucoup moins importants.

Confiée aux indigènes de la région, la cueillette nécessite quelque apprentissage. A dos d'âne ou, plus souvent, à dos de chameau, la récolte est convoyée au chantier de concentration
où le moissonneur est rétribué d’après le poids de sa charge. Soumis à l’action d’une presse à De vastes étendues alfatières sont encore inexploitées, en raison de la difficulté des transports.,
.
Et la  France 

L’Angleterre monopolisa l’exportation de l’alfa algérien : L’alfa est une marchandise encombrante, et d’un prix trop bas pour supporter des frets coûteux. Or, les navires anglais qui venaient débar
quer leurs cargaisons de houille dans les ports algériens seraient retournés à vide vers leurs ports d’attache, s’ils n’avaient pas eu les balles d’alfa pour remplir leurs cales.

En outre, la fabrication du papier d’alfa exige l’emploi de fortes quantités de produits chimiques et, sur ce terrain, l’Angleterre fut longtemps la maîtresse du marché mondial. Ses fabriques pouvaient donc produire de l'esparto paper aux prix de revient les plus avantageux.

Une première tentative fut faite, en 1906, pour battre en brèche ce monopole : elle prit place en Algérie même, dans la région de Mostaganem. Mais sans succes

Déjà, en 1888, les célèbres papeteries Outhenin-Chalandre avaient fabriqué du papier d’alfa, en traitant la plante brute dans leurs usines. En 1893, l’éditeur Dentu mettait en vente une série de petits livres (Collection Guillaume), imprimés sur ce même papier. (Plus de quarante ans après
leur apparition, les pages de ces ouvrages conservent toute leur fraîcheur).

Des ateliers furent montés dans une ancienne poudrerie de la basse vallée du Rhône, à Sorgues, soit à quelques kilomètres d’Avignon, et l’activité de la société se développa rapidement.

Usine de pâte à papier de Sorgues


Dès 1924, la Société L'Alfa était en mesure de fournir de l’excellente pâte d’alfa à toute l’industrie 
 

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article