Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Le blog du passé

Métiers, salaires, conditions de vie , vêtements, alimentation etc. au cours de ce passé riche de découvertes ! Top 1 des mes articles lus : le certificat d'études, l'école, les bébés Top 2 les logements et salaires Top 3 les métiers N'hésitez pas à me laisser des commentaires, je répondrais avec joie

Le pain en France dans les années 1930

LA BOULANGERIE EN 1932 en Seine et Oise (devenue depuis 1968 les Yvelines)

Année de crise et de tracas,

Les boulangers auraient pris les gilets jaunes ! avec tout cela 


Le premier gros ennui qui assaillit la Boulangerie en 1932 fut la question du pain frontalier. 
A la frontière belge, espagnole, les frontaliers français et frontaliers venus parfois d’assez loin allaient en Belgique et en Espagne acheter leur pain quotidien. Ils réalisaient ainsi un bénéfice
d’environ un franc par kilo. 
Avant la  guerre 14-18 , le prix du pain dans les nations frontières et celui en France étaient approximativement égaux.

Les boulangers français de la zone directement frontière se plaignaient de ne plus faire d’affaires, d’où la ruine d’un bon nombre d’entre eux, obligés de fermer leurs boulangeries.
Les Syndicats des boulangers français multiplièrent les démarches et obtinrent finalement
qu’un projet de loi  fût déposé.
Ce projet proposait de décider que les boulangers français livrant du pain aux riverains pourraient recevoir des bons de droit dont le montant serait calculé en fonction des quantités
de pain vendues auxdits riverains, ces bons devant être remis comme numéraire, en payement des droits d’entrée.
Le projet fut immédiatement adopté.
Soit :
« Article premier : A titre exceptionnel et pour une durée de deux ans maximum, lorsque le prix du pain en France sera supérieur de plus de 25 % à celui pratiqué dans les pays limitrophes, les boulangers qui livrent du pain aux riverains pourront recevoir des bons de droit dont le
montant sera calculé en fonction des quantités de pain vendues auxdits riverains.
etc….

Une autre question retint aussi l’attention des syndicats de la Boulangerie, ce fut celle du travail de nuit dans les usines de panification.

M. Justin Godart, sénateur, avait proposé au Sénat d’adopter la disposition suivante :

« Cette interdiction ne s’applique pas lorsque la fabrication du pain et de la pâtisserie est faite, par équipes, en raison d’un outillage complètement mécanique fonctionnant dans des conditions techniques assimilables à celles des usines à feu continu.
« Des arrêtés préfectoraux pourront fixer pour une ville ou une région déterminée, une heure uniforme de mise en vente du pain »
Dans son court exposé des motifs, M. Godart indiquait qu’au moment où il avait pris l’initiative de faire interdire le travail des ouvriers boulangers pendant la nuit, c’est-à-dire entre 22 heures et 4 heures du matin, cette industrie employait encore des procédés archaïques et qu’elle s’exerçait
dans des conditions mauvaises, tant au point de vue de ses installations sommaires et malsaines, que de la façon de procéder. M. Godart, reconnaissant l’améloration survenue
dans les conditions de travail des boulangers s’en attribuait le mérite.
Le sénateur Godart demandait le travail de nuit. Ces usines à pain obligées de se conformer aux règlements qui frappent tous ceux qui s’occupent de la fabrication s’avéraient comme des placements médiocres pour les capitaux engagés, et M. Godart volait à leur secours. « L’usine à pains, qui réunit le maximum de conditions hygiéniques pour l’aliment essentiel du Français, s’édifie un peu partout. Elle est un nouveau progrès. Mais l’interdiction du travail de nuit qui l’a fait concevoir risque maintenant d’être un obstacle à son développement... Nous proposons de lever, pour ces fabriques, l’interdiction du travail de nuit... »
Ainsi, une fois de plus, certains allaient échapper à la loi et on tentait de créer une législation d’exception.
Les Syndicats de Boulangerie et certaines Chambres de commerce protestèrent énergiquement contre la proposition de loi (n° 287) déposée, le 17 mars 1932, par le sénateur Justin Godart.

La fermeture hebdomadaire des boulangeries fut aussi encore à l’ordre du jour en 1932. Syndicats ouvriers et patronaux estimèrent que la fermeture hebdomadaire des boulangeries était une entrave à l’écoulement du blé et ils militèrent pour la suppression de cette mesure sociale.
Cette question n’est pas encore réglée puisque, en ce début de 1933, la Fédération confédérée de l’alimentation vient d’adresser aux Syndicats d’ouvriers boulangers un appel pour
les mettre en garde contre une campagne de groupements de cultivateurs de blé.

Cette campagne a pour objet d’obtenir la suppression de la fermeture des boulangeries une fois par semaine. La Fédération de l’alimentation, estimant que cette fermeture est la seule façon d’assurer réellement le repos hebdomadaire, demande aux Syndicats ouvriers de réagir, etc…: A la fin de campagne, il restera un bon nombre de millions de quintaux de blé à reporter !

Cette question du blé a  fait jaillir  trop de côtés à la fois des experts en boulangerie, experts comme on l’est au Café du Commerce avec, en main, une boîte d’allumettes pour tout instrument de travail.
Le problème du blé débordant sur les questions relatives à la farine et au pain , on put voir à l’époque une foule de personnes se pencher sur les fournils et se répandre en conseils qui
devaient tout sauver.
Les Pouvoirs publics prirent les mesures — les demi-mesures — que l’on sait; pansement bénin qui ne fait que retarder l’opération.
Toujours est-il qu’une fois encore — on se serait cru revenu à l’époque du « pain chimique » — les boulangers avaient été « tenus à l’œil » et tenus pour responsables des difficultés présentes.

En 1932 a eu lieu, en Italie, à Rome et à Bologne, une Exposition internationale de boulangerie ; elle obtint un franc succès. La France y fut représentée.

L’année 1932 a vu la création d’une caisse de risques civils de la Boulangerie, sorte d’assurance mutuelle de première utilité.  

Sur Gallica si vous voulez en savoir plus : ark:/12148/bpt6k4226142c

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article