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Le blog du passé

Métiers, salaires, conditions de vie , vêtements, alimentation etc. au cours de ce passé riche de découvertes ! Top 1 des mes articles lus : le certificat d'études, l'école, les bébés Top 2 les logements et salaires Top 3 les métiers N'hésitez pas à me laisser des commentaires, je répondrais avec joie

Petits artisans parisiens dans les années 1930

Je me souviens d'une visite chez un couturière avec ma grand mère dans les années 60.

2 pièces, du tissu partout , la table embouteillée de sa machine à coudre, le coin cuisine qui sentait le café réchauffé. Elle était âgée (avec mes yeux et mon souvenir).

Bref voilà 

Texte d’ Etienne CONSTANT en 1934

J’ai enlevé des passages, mais si intéressés, vous retrouverez le texte original sur Gallica

 

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Beaucoup d’ateliers étaient composés d’une pièce qui tenait lieu de chambre à coucher et de
cuisine



Chaque métier, chaque catégorie sociale a son centre.

A chaque rue, on croise des hommes et des femmes à l'allure pressée, portant sous les bras de gros paquets enveloppés à livrer.
Les étudiants, on les voit peuplant le Boul' Mich' d'abord, puis les innombrables petites rues qui montent vers Sainte-Geneviève.

 Quand on pense aux ouvriers, on voit en premier lieu, les rues de Belleville et de Ménilmontant, les quartiers de Plaisance, de Grenelle, d’Italie.

On place autour des Invalides, aux Champs-Elysées, la bourgeoisie riche.


Il y a aussi une catégorie de Parisiens qui se sont groupés selon les nécessités de leur métier. Ce sont les artisans.

Dans le 4" et 3*, les casquettiers, les tapissiers.

Dans le I5", les confectionneurs.

Dans le 20e, les cordonniers, les maroquiniers.

Faubourg Poissonnière, les fourreurs.

Dans le 13', les confectionneuses.

Ils se sont groupés autour des établissements pour lesquels ils travaillent, ou bien là où les loyers sont à portée de leurs bourses. Ils doivent habiter dans les maisons où  l'on tolère le travail à domicile.

Le quartier où se trouvent les confectionneurs est le plus mouvementé.

Le 18e est le quartier de la fête et du travail. La nuit, il resplendit de lumière. Les fêtards circulent d'un établissement à l'autre, ,en quête de plaisirs. On entend des chansons, des klaxons,
des portières d'autos bruyamment fermées.


Tandis que les luxueuses voitures quittent la Butte, chassées par l'aube, montent en file dans un bruit de ferraille les camions chargés de vivres. Montagnes de choux, de poireaux, de patates, bœufs éventrés, sanguinolents : l'autre vie commence. Dans les petites rues montantes, tortueuses, les boutiques étroites se serrent les unes contre les
autres. Elles envahissent les trottoirs, les cours et les arrière-cours des maisons.

La marchandise s'étale. Les maisons grises, délabrées, divisées en petits compartiments, abritent une foule de travailleurs. Dans ces maisons sans lumière et sans air, les artisans s'entassent.


Au rez-de-chaussée d'une grande bâtisse, derrière la cage de l'escalier, une petite porte.

Uns inscription à moitié effacée : « Modes. »

Dans l'unique pièce qui tient lieu de chambre à coucher, de cuisine et d'atelier, une femme travaille. Le parquet s'en va en morceaux. Au fond de la chambre, on aperçoit un lit. Tout est imprégné d'une odeur de graisse et de cuisine.

Dehors, le soleil brille, mais ici la lampe est allumée et la femme courbée sur son travail ne pense qu'à l'heure et à la livraison prochaine. On paye la confection d'une douzaine de chapeaux 10 francs, au lieu de
15 francs, et 15 francs c'était déjà mal payé



Rue Clignancourt, dans les maisons aux multiples cours, ronflent les machines à coudre des confectionneuses.

Le 18" est le quartier des façonniers. C'est là qu'habitent les apiéceurs, les culottiers, les jupiers. Ils travaillent pour les grands magasins.

Bon la Samaritaine n'est pas dans le 18 eme, mais j'aime ce magasin depuis petite en y allant avec ma GM

Samaritaine en 1934

Discussion avec un artisan apiéceur (personne qui monte les vetements)

La saison commence en octobre et finit au début de décembre. Elle recommence au début de mars pour se terminer en juin. Cinq mois de travail, sept mois de morte saison, et si on gagnait comme avant, on pourrait encore s'en sortir !

Mais les prix ont tellement baissé ! Un veston qui était payé avant 90 francs est payé
maintenant 60 francs.

Tant que le travail dure, on est pendant vingt heures à tirer l'aiguille ; on cesse le travail
lorsqu'on tombe de sommeil dans fa pièce.

Pendant la morte saison, les journées qui ne sont employées qu'à bricoler n'apportent pas le repos. On est là le ventre creux, on se débat comme on peut. On fait des dettes chez l'épicier, chez le boucher,
Allocation de chômage, pendant la morte saison ?
— Non, si le magasin pour lequel nous travaillons nous donne même une ou deux pièces par semaine. - Et si on ne vous donne pas de travail du tout ?

— Alors, nous avons le droit de toucher 70 francs par semaine.


Petit atelier orthopédiste,

 Par les fenêtres ouvertes, on voit surtout des mannequins en bois, des fers à charbon chauffent.



 

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