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Le blog du passé

Métiers, salaires, conditions de vie , vêtements, alimentation etc. au cours de ce passé riche de découvertes ! Top 1 des mes articles lus : le certificat d'études, l'école, les bébés Top 2 les logements et salaires Top 3 les métiers N'hésitez pas à me laisser des commentaires, je répondrais avec joie

Canicule 1911 article de presse

Tiré du journal excelsior du 30 juillet 1911

Disponible sur Gallica

29 juillet 1911

La canicule est sans pitié Hélas ! oui, par 36° de chaleur à l'ombre



Paris métamorphosé


Il boit, il se baigne au plein air, il dort à la belle étoile et dédaigne le théâtre.

La température que nous subissons a au moins l'avantage de nous fournir à chaque heure du jour un sujet d'entretien qui ne soit ni rare, ni surtout métaphysique. Si les effets de la canicule n'étaient point autres, vraiment, la canicule serait bonne compagne. Mais, la canicule transforme les maisons en bains de vapeur, les places publiques ou les avenues en séchoirs, les berges de la Seine en plages à la mode — ne songe-t-on point à aménager les postes de secours en casinos prolétariens ? — et les bancs des promenades en hamacs sans mollesse. -


 Dans les souterrains de Paris ? C'est du moins l'avis de cette jeune Parisienne qui a préféré l'ombre du Métropolitain pour un travail paisible à celle des plus beaux arbres.



Elle est la providence des agents électoraux les plus efficaces qui soient: j'ai nommé les débitants de boissons, de ces boissons dont on ne saurait dire si elles sont moins rafraîchissantes qu'hygiéniques. L'on boit au centre de Paris, l'on boit à ses extrémités, l'on boit dans la périphérie. Telle brasserie des boulevards a vu sa consommation de bière s'augmenter de plus d'un tiers ; tel café aristocratique inonde ses clients d'orangeade rubescente ou citronnade opaline. De 1,000 à 5,000 kilogrammes de glace, telle est la consommation journalière des maisons qui se respectent.


Ne pouvant plus dormir sous leurs toits, les hommes des quartiers sans préjugés sont allés dormir à la belle étoile. Bois de Vincennes, Bois de Boulogne, fortifications, rives de la Seine ou de la Marne sont emplis de gens payant impôts ou patentes, mais qui préfèrent respirer 

Quant aux théâtres, ah ! les pauvres ! Ils se dépeuplent. Si l'on en excepte les théâtres de verdure — bien entendu — et l'Opéra et encore les Français et aussi les music-halls des Champs-Elysées — qui sont nul ne l'ignore les derniers refuges du grand art, du seul qui résiste aux intempéries des saisons — les théâtres sont en discrédit. Le Vaudeville, le Gymnase, en discrédit. Le Vaudeville, le Gymnase, où se sont conservé les pures traditions classiques, accusent des recettes réduites au minimum. Si le pompier de service et les ouvreuses
ne payaient point leur place, on ne sait vraiment quel sort serait échu aux directeurs, auteurs et
tutti quanti.

Hélas ! trois fois hélas ! Quand on désire une baignoire, c'est maintenant aux bains qui
bordent le fleuve qu'on va la demander. La vogue est à présent à ces établissements où l'on n'entend d'autre musique que celle de l'onde Bains démocratiques, piscines mondaines : c'est en ces endroits que l'on fait queue.

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