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Publié par ancetres-metiers-conditions.over-blog.com

Beaucoup de nos jeunes actuellement sont encore en questionnement sur leur avenir !

si cet article vous donne envie d'en savoir plus, comme l'histoire de Wills en fin, j'ai mis le lien Gallica

500 000 enfants français, de 14 a 18 ans, soit 20 % de la population de cet âge, ont des relations difficiles avec leur milieu. Ce sont des «  caractériels ». 100 000 parmi eux présentent des « troubles du comportement » qui freinent leur croissance psychologique. Abandonnés à eux-mêmes, beaucoup iraient grossir l'armée des chômeurs et des délinquants. Ils doivent être soignés. Ils peuvent être guéris. : Le Hameau-Ecole de l'Ile-de-France dirigé par le docteur Préault où 160 jeunes pensionnaires réapprennent la confiance et la joie de vivre.


Le sociogramme : une feuille de température
Les médecins et les éducateurs peuvent voir, chaque semaine, où en est chaque groupe d'enfants, grâce aux schémas socio-psychologiques que sont les sociogrammes.

Un travail de patience
Qui pénètre pour la première fois au Hameau-Ecole de l'Ile-de-France est loin de découvrir son âme profonde. Au visiteur pressé, le Hameau ne pose aucun problème. De l'atelier de présélection où les enfants sont volontairement abandonnés à leur inspiration, jusqu'aux grands ateliers qui conduisent aux C.A.P. de mécanicien, de forgeron, de menuisier, d’ajusteur, de cordonnier, et aux « services » qui forment des plombiers, des cuisiniers et des
maîtres d’hôtel, le Hameau, y compris la ferme école où s'entraînent futurs vachers, futurs porchers, ressemble à n’importe quel centre d'apprentissage. Des grilles largement ouvertes, des perspectives libres par les champs et les bonneteaux, interdisent de soupçonner que là se rééduquent fugueurs et enfants terribles ! Même les enfants attendent autre chose.


la patience ! C’est, avec le cœur, la clé de la psychothérapie qui se pratique au Hameau-Ecole de l'Ile-de-France.


L’aventure de Wills
... Jamais désespérer. Comme je me remémore ces mots, je ne puis me défendre de me reporter quelques années auparavant, à l’arrivée de Wills. Quinze ans, solide sur ses pieds, il venait tout droit d’un hôpital psychiatrique du Vaucluse. Toute une semaine accroupie sur les marches du perron du château, il demeure prostré, ne sortant de sa prostration que pour hurler :

— Je suis fou. Je sors d’asile. Je ne peux rester ici. Je suis fou, les psychiatres l’ont dit...

On ne lui avait jusqu'alors rien ménagé. Après deux tentatives de suicide, il avait été soumis à plusieurs électrochocs. La psychanalyse avait échoué. Quand il se taisait, maintenant, c’était pour rentrer dans des crises de violence que sa force rendait dangereuses.

Pauvre Wills, c'était, avant la Libération, un gamin bien normal qui vivait en paix avec ses trois sieurs, entre son père belge et sa mère française, aux environs de Royan. Pourquoi fallut-il, pour son malheur et celui des siens, que son père eut un accent... flamand probablement 
 Les hommes du maquis n'y prêtèrent guère l'oreille et les prirent pour des espions. Ils firent même bonne mesure et tuèrent père et mère sous les yeux des enfants. Wills avait cinq ans ! Séparé de ses sœurs, il fut promené d'œuvres d'assistance en familles charitables, disputé des unes aux autres, mais de toute façon totalement frustré de l'affection dont il avait besoin. Mieux, chaque fois qu’il parvenait à s’en construire une, elle se trouvait rompue. 
Au Hameau-Ecole de l'Ile-de-France. Wills fut tout de suite redouté pour sa force. N'ayant pu être maintenu en classe et dirigé sur la ferme, il se battit avec son moniteur. Au bout d'une année, le docteur Préaut craignait de devoir le rendre aux électrochocs et à la camisole de force.

lîn jour, pourtant, j’appris que Wills s'était trouvé une voie. Il avait entendu le Trio Raisner à la radio et s'était mis à jouer de l'harmonica. En même temps, il entrait en atelier et se préparait à faire un excellent forgeron. Il était
définitivement sauvé.

Demain, il y aura encore beaucoup de Wills, pauvres gosses irresponsables de leur inadaptation qui, lentement mais sûrement, s’engageront, conduits par l'équipe du Hameau-Ecole de l'Ile-de-France, sur la voie droite des lendemains qui chantent parce qu'ils auront appris que la responsabilité de soi est le premier signe de l’indépendance de l'homme.

Article de Noel Bayon.

Dans l'article Science et vie de janvier 1958

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